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Cette tendance pourrait abîmer votre peau de façon permanente

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Sur les réseaux sociaux, de plus en plus de jeunes filles et d’adolescentes affichent fièrement leurs marques de bronzage devant la caméra. Certaines utilisent même du ruban adhésif pour créer des lignes parfaitement définies, tandis que d’autres dessinent des motifs avec de la crème solaire afin de laisser la peau autour brûler. Cette pratique porte le nom de sun tattoos (« tatouages solaires »).

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Pour obtenir ces résultats, plusieurs s’exposent sans aucune protection et consultent les applications météo afin de repérer les heures où l’indice UV est à son maximum. Certaines vont jusqu’à appliquer de l’huile d’olive ou du monoï pour accentuer encore davantage le contraste des marques.

Attention : danger réel

Cette tendance inquiète vivement les dermatologues et les experts de la santé. Et pour cause : les risques sont bien réels. Lorsqu’on s’expose au soleil, les rayons ultraviolets (UV) endommagent l’ADN des cellules de la peau. Ces expositions répétées augmentent non seulement les risques de vieillissement prématuré de la peau, mais aussi ceux de développer un cancer cutané, comme le carcinome ou le mélanome.

« Le plus troublant lorsqu’on regarde ces vidéos, c’est que les jeunes filles ne présentent pas seulement des coups de soleil, mais de véritables brûlures. On voit apparaître des cloques d’eau : ce sont des brûlures au second degré », affirme Julie Mireault, dermatologue.

La spécialiste rappelle également qu’il n’existe pas de bronzage sécuritaire. Contrairement à une croyance populaire, le bronzage n’est pas un signe de santé, mais plutôt une réaction de défense de la peau face à l’agression des rayons UV. Lorsque ceux-ci pénètrent dans l’épiderme, la peau produit de la mélanine, un pigment qui agit comme un bouclier afin de limiter les dommages causés à l’ADN des cellules.

Les coups de soleil répétés augmentent considérablement le risque de cancer de la peau. « Lorsqu’une personne subit des coups de soleil importants dès l’enfance, à l’adolescence ou au début de l’âge adulte — surtout des brûlures avec cloques — le risque de développer un mélanome augmente de façon importante », explique la Dre Mireault.

Vieillir à vitesse grand V

Au-delà des risques de cancer, la surexposition au soleil accélère aussi le vieillissement cutané : rides, taches pigmentaires, perte de fermeté et d’élasticité. Selon l’Association canadienne de dermatologie, le soleil serait responsable de 90 % des signes visibles du vieillissement de la peau.

Les rayons UV détruisent progressivement le collagène et l’élastine, deux éléments essentiels au maintien de la fermeté cutanée. « La peau devient plus fine, on observe une perte de volume et de tonus, détaille la dermatologue. Des rides et des taches pigmentaires apparaissent également plus rapidement. »

Certains traitements dermatologiques peuvent atténuer les dommages causés par le soleil, mais la prévention demeure la meilleure stratégie.

Nos meilleurs alliés

La crème solaire reste indispensable pour protéger la peau. Les spécialistes recommandent un écran solaire à large spectre offrant une protection UVA et UVB d’au moins FPS 50.

Pour le visage, il faut appliquer environ une cuillère à thé de produit — soit l’équivalent de deux lignes de crème sur deux doigts. Pour le corps, on prévoit environ deux cuillères à thé pour le torse et le dos, puis une cuillère à thé pour chaque bras et chaque jambe. Au total, cela représente près d’une demi-bouteille de crème solaire par personne lors d’une journée à la plage. Et surtout, il faut réappliquer le produit toutes les deux heures, puisque la transpiration, l’eau et les frottements diminuent son efficacité.

Pourquoi privilégier un FPS 50 plutôt qu’un FPS 30? « Très peu de gens appliquent réellement la quantité recommandée de crème solaire, constate Julie Mireault. Si l’on applique seulement la moitié de la quantité nécessaire d’un FPS 30, la protection réelle équivaut davantage à un FPS 15. Avec un FPS 50, on obtient donc une meilleure marge de protection. »

La méthode la plus efficace demeure toutefois d’éviter l’exposition directe au soleil, particulièrement entre 11 heures et 15 heures, et de porter des vêtements protecteurs, un chapeau à large bord ou une casquette.

Comment traiter un coup de soleil

On a oublié certaines zones et on se retrouve avec un coup de soleil ? Pour soulager la douleur, on refroidit la peau à l’aide de compresses d’eau froide, puis on applique une crème hydratante en couche généreuse.

En présence de cloques, il est important de consulter un médecin. Une crème à base de cortisone peut parfois être nécessaire afin de réduire l’inflammation. Et surtout, il faut éviter toute nouvelle exposition au soleil jusqu’à la guérison complète de la peau.

Quelques statistiques à retenir

· Plus de 80 000 cas de cancer de la peau sont diagnostiqués chaque année au Canada.

· Le mélanome figure parmi les cancers les plus fréquents chez les jeunes adultes âgés de 15 à 29 ans ainsi que chez les 30 à 49 ans.

· En 2022, environ 9700 Canadiens ont reçu un diagnostic de mélanome, soit une hausse de 11,5 % par rapport à 2021.

· Une exposition précoce aux lits de bronzage augmente jusqu’à 75 % le risque de développer un mélanome.

· Les appareils de bronzage artificiel peuvent émettre jusqu’à 15 fois plus de rayons UV que le soleil.

Source : Mélanome Canada

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