Rencontre: Sarah-Jeanne Labrosse aux mille talents | Clin d'œil
/stars/covergirls

Rencontre: Sarah-Jeanne Labrosse aux mille talents

Comédienne remarquable qu’on a notamment pu admirer dans Les pays d’en haut, Le Chalet et Féminin/Féminin, Sarah-Jeanne Labrosse illumine tout ce qu’elle touche d’une grâce bien à elle. Alors qu’on croyait que l’admiration qu’on lui vouait collectivement avait atteint son paroxysme, la voilà qui nous revient pleine d’écoute et d’empathie à la barre de Révolution, compétition de danse diffusée sur les ondes de TVA. Personne ne sera donc étonné qu’elle entende représenter les produits Lise Watier avec l’aplomb, les convictions et l’authenticité qui la caractérisent. Entretien avec une jeune femme inspirante.

 

 

  

C’est la première fois que tu animes une émission comme Révolution. Comment as-tu abordé ce nouveau défi?  

  

J’y suis allée instinctivement, en m’adaptant à chaque danseur selon son énergie. Je n’ai pas la prétention d’avoir toujours su comprendre ce dont mon interlocuteur avait besoin, mais je sais que je suis arrivée là le coeur ouvert. Et comme l’animation n’est pas formatée, j’ai pu être moi-même. C’était très libre. J’avais vraiment bon espoir que ça donnerait quelque chose de beau qui met les danseurs en lumière, sinon je ne me serais pas engagée à le faire. Mais je ne pensais pas être aussi atteinte par leurs émotions. 

  

On te sent effectivement très touchée par ce que vivent les danseurs au cours de la compétition...  

  

Je ne savais pas que de se retrouver dans une compétition comme celle-là allait leur faire vivre des sensations aussi fortes. Dans la vie, je suis une éponge. C’est certain que je me doutais que leur énergie allait être contagieuse, mais pas à ce point-là... Pendant l’émission, j’ai voulu créer un cadre sécurisant pour les participants. Je voulais qu’ils sentent que j’étais à l’écoute et que je ne perdrais pas le contrôle. Il m’est souvent arrivé de pleurer hors caméra et, quand je regarde l’émission dans mon salon, je pleure encore plus! 

  

Sens-tu que de ne pas pouvoir te cacher derrière un personnage te rend jusqu’à un certain point vulnérable?  

  

Oui, mais pourquoi pas? Ça ne me dérange pas de montrer d’autres côtés de moi aux gens. Je vis bien avec le regard des autres, qu’il soit positif ou négatif, alors être moi-même et vivre tout cela sous les projecteurs ne me pose aucun problème. Je ne me dis jamais: «Oups! Aujourd’hui, j’ai fait telle chose devant la caméra, et tout le monde va le voir.» Il faut dire que j’aime ce projet au complet, tel qu’il est. 

  

Est-ce que cette expérience t’a changée?  

  

Oui. Elle a vraiment eu un impact direct sur moi. J’avais tendance à me parler beaucoup pour être raisonnable et efficace, mais ces temps-ci, je suis beaucoup plus mon instinct. Je me dis: «Au lieu de te parler, écoute-toi!» J’ai aussi un désir plus grand de légèreté, de liberté, d’exploration... Les gens de mon entourage pourraient en témoigner. À Révolution, les danseurs sont leur propre maître, ils partent d’une page blanche. Comme actrice, je ne pars jamais d’une page blanche et on dirait que tout ça me donne envie de le faire, de m’exprimer moi aussi. 

  

Que voudrais-tu écrire sur ta page blanche? Un roman, un scénario, une pièce de théâtre?  

  

Probablement un scénario. Ça pourrait même être une idée de personnage, une émotion que j’ai envie de vivre et qui me pousserait à l’écrire. J’aimerais aussi réaliser. Je ne me ferme à rien. Mais je ne suis pas prête, car je participe déjà à plusieurs projets, et en ajouter me donnerait l’impression de moins bien faire mon travail. 

  

Tu as quand même trouvé le temps de créer une nouvelle monture de lunettes pour BonLook. Selon toi, qu’évoque-t-elle de différent de celle que tu as créée l’an dernier?  

  

J’ai éliminé la rondeur. Je la trouve un petit peu plus mature, un petit peu plus chic, mais c’est vraiment l’évolution naturelle du premier modèle... que j’adore encore! Moi, dans la vie, je suis souvent habillée sport, en vêtements amples, donc j’aime que mes lunettes puissent être autant street que chic... Comme moi! 

  

Tu aimes la rénovation presque autant que tu aimes la mode. Tu as même accepté de participer à Passion poussière, websérie qui sera diffusée sur véro.tv de l’EXTRA ICI Tou.tv, dans laquelle tu revamperas ta maison. Quel est le concept de cette émission?  

  

J’allais faire des travaux chez moi, et on m’a approchée pour me suivre là-dedans. C’est simplement moi qui rénove ma maison. C’est léger! La principale raison pour laquelle j’ai accepté ce projet, c’est que j’aime le design et la transformation d’espace. J’espère que ça va donner le goût aux gens de ma génération, entre autres, de se créer des espaces qui leur plaisent. 

  

Et tu n’as pas de réticences à ouvrir les portes de ton chez-toi au public?  

  

J’ouvre les portes... sur des murs ouverts. Je n’ai pas vraiment l’impression de donner accès à mon intimité. De toute façon, je n’ai pas de sentiment d’appartenance par rapport à ma maison. Je montre déjà des images des chantiers sur les réseaux sociaux. Ma vie privée se trouve ailleurs. Et puis, il y a des parties de la maison qu’on ne montre pas. La ligne est très bien tracée. C’est comme sur mon compte Instagram: je montre plein de trucs et, en même temps, je ne montre rien. (Rires) 

  

 

 

  

Tu joues dans Féminin/Féminin, une websérie sur un groupe d’amies lesbiennes qui te tient vraiment à cœur. Pourquoi?  

  

Je suis tellement heureuse d’en faire partie! C’est beau, c’est brillant, c’est moderne, c’est sensible, et ça ne peut qu’avoir un impact social positif. C’est toujours plaisant de faire partie d’un projet qui porte un message. J’ai ce sentiment très fort par rapport à Féminin/Féminin, mais je l’ai aussi pour beaucoup de projets dont je fais partie, comme Révolution, qui montre que la danse ne concerne pas seulement les filles. Le Chalet aussi fait une différence. C’est une émission qui fait tomber des tabous et qui est vraiment bien écrite, je trouve. Et je n’en prends pas du tout le crédit: je ne fais que dire ce qui est écrit dans le scénario, mais je suis bien fière de faire partie des chanceux qui font vivre ces mots à l’écran. 

  

Tu feras aussi partie de l’équipe de Véronique et les Fantastiques dès janvier. Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire de la radio?  

  

C’est un médium que j’aime beaucoup, qui m’a toujours attirée pour son côté spontané, live. J’aime beaucoup être en auto seule (c’est rare); c’est l’un de mes lieux préférés, et j’aime y écouter la radio. Être la voix qui passe par les hautparleurs, faire partie du quotidien des gens comme ça, ça me réjouit. Et ce qui m’emballe le plus, c’est que je vais le faire avec Véronique Cloutier. Je vais la voir travailler et je vais apprendre. (Rires) 

  

Tu as également la chance de travailler sur Madame Lebrun, série humoristique diffusée sur les ondes de Canal D, avec l’un des plus grands metteurs en scène du Québec, René Richard Cyr. En plus, vous travaillez devant public... Est-ce que ça pourrait faire naître en toi l’envie de brûler les planches?  

  

De tout ce que j’ai fait jusqu’ici, Madame Lebrun est ce qui se rapproche le plus du théâtre, et c’est vraiment spécial pour moi. Je suis encore en train d’apprendre à apprivoiser le fait d’être devant public, d’avoir plus ou moins droit à l’erreur. Et encore, on peut se tremper davantage qu’au théâtre. Je pense que je ne suis pas tout à fait prête pour la scène. En même temps, j’aimerais peut-être que l’occasion soit provoquée pour que je sois obligée de me lancer... 

  

Tu joues dans Madame Lebrun parce que tu aimes faire rire les gens?  

  

Mon personnage n’est pas celui qui fait rire, c’est la «straight woman», et c’est un peu stressant parce qu’il faut que je fasse de très belles passes, un peu comme au hockey. Il faut que je passe la puck à Benoît Brière et aux autres qui punchent. Mais, moi, je ne le fais pas. Je suis toujours stressée en coulisses, j’ai peur de ne pas bien livrer ma ligne, mais après l’enregistrement, je l’avoue, je me dis que je suis fière et que j’ai vraiment du plaisir en participant à cette émission. 

  

Aimerais-tu en venir à puncher toi aussi?  

  

Je pense que je ne suis pas rendue là. C’est vraiment un art. J’adore jouer des choses drôles, dire des niaiseries (j’ai zéro peur du ridicule!), mais avoir le timing comique, c’est différent. J’ai encore des croûtes à manger. 

  

 

 

  

Égérie de Lise Watier!  

  

En plus d’être une star du petit écran ainsi qu’une figure publique impliquée socialement, notamment en tant que porte-parole de Tel-Jeunes, Sarah-Jeanne est désormais l’égérie de Lise Watier. Un partenariat qui va de soi pour la jeune femme, qui ne tarit pas d’éloges envers l’entreprise qu’elle représente. 

  

«J’ai toujours admiré Lise Watier comme femme, comme pionnière, comme entrepreneure, comme idéatrice. Et j’aime autant sa compagnie et ses produits qu’elle, car ils sont à son image. Les valeurs de son entreprise me rejoignent: on ne veut pas transformer la femme, mais plutôt l’aider à être ce qu’elle veut être.» Il était important pour l’actrice qu’on ne lui impose rien qu’elle ne puisse endosser complètement. Et qu’elle ne soit pas non plus un mannequin qu’on pomponne sans la consulter. 

  

«J’ai décidé de tout ce que je porte sur les photos des campagnes publicitaires. Et, honnêtement, ce sont des produits qui étaient déjà sur mes tablettes. (Rires) On m’a demandé comment je les portais ou comment j’avais envie de les porter. Je sens que tout cela est très authentique.» 

  

Or, la liberté qu’elle réclame, elle la revendique aussi pour les autres. Se servir de son influence pour vendre à tout prix? Ce n’est pas la façon dont elle voit les choses. «Je n’ai pas envie de dire: “Les filles, portez du noir sur vos yeux, vous aussi!” Pas du tout! Vous faites ce que vous voulez. Mais si vous avez envie d’en porter, il y a ces produits, qui sont faits ici, et ils sont efficaces.» 

  

Car le maquillage est loin d’être une obligation. L’actrice clame d’ailleurs haut et fort qu’il lui arrive très souvent de ne pas en porter. Pour elle, rouges à lèvres, ombres à paupières et autres fards colorés sont synonymes «de jeu et d’épanouissement». Parions que la belle Sarah-Jeanne n’a pas fini de s’amuser et d’explorer, justement, au sein de la maison Lise Watier, car comme elle le dit avec enthousiasme: «Au fil des mois et des années, je vais collaborer à l’élaboration de nouvelles lignes, de nouveaux produits, de palettes de couleurs. Ils vont me laisser beaucoup de place, et ce côté créatif m’emballe!» 

  

 Par: Sophie Pouliot | Photos: Neil Mota | Stylisme: Florence O. Durand 

À lire aussi

Et encore plus