Oups, j'ai gaffé sur Facebook ! | Clin d'œil
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Oups, j'ai gaffé sur Facebook !

On l’a toutes déjà fait. Publier quelque chose sur son mur facebook et le regretter aussitôt. Mais pour certaines, les conséquences sont plus graves que pour d’autres.

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Gâcher sa vie en un seul clic, c’est possible. Justine Sacco en sait quelque chose. La jeune femme de 24 ans était, jusqu’à tout récemment, directrice des communications pour un conglomérat new-yorkais. En décembre dernier, avant de monter à bord d’un avion qui l’emmenait en Afrique du Sud, elle a tweeté: «Je pars en Afrique. J’espère ne pas attraper le sida. Je plaisante. Je suis blanche!»

 

En rallumant son cellulaire après l’atterrissage, elle a réalisé que son tweet à connotation raciste avait fait le tour du monde et enflammé la twittosphère. Son employeur l’a congédiée sur-le-champ. En moins de 140 caractères, Justine Sacco a détruit sa carrière.

 

Selon Martin Lessard, spécialiste en stratégie web et médias sociaux, il faut avoir conscience de la puissance et de la portée de ces outils. «Si on a peu d’abonnés, ce qu’on y dit en général a peu d’importance. Mais dès qu’on a beaucoup d’abonnés, que ce soit 1000 ou 10 000, on devient soi-même un média. Et on peut s’attirer les foudres des internautes.»

 

ERREURS 2.0

Les experts ont beau nous rappeler de faire attention à ce qu’on dit ou à ce qu’on publie sur les réseaux sociaux depuis leur boom vers 2007, on dirait que toutes n’ont pas encore compris le message. «Il faut faire l’éducation des utilisateurs, estime Martin Lessard. C’est une culture qui n’est pas acquise et qu’on mettra du temps à assimiler.» Heureusement, les conséquences de nos bourdes sont loin d’être toujours aussi dramatiques. Elles peuvent même donner lieu à des anecdotes comiques. En voici quelques exemples.

 

Des anecdotes virtuelles aux effets bien reels...

Si certaines anecdotes sont plutôt rigolotes, il faut toujours rester prudente en utilisant les médias sociaux. Certains l’ont appris à leurs dépens.

 

❶ À Tracadie-Sheila, Rénaldo Okeefe, un père de famille dans la tren- taine, connaît son heure de gloire en publiant sur le web des vidéos humo- ristiques le mettant en vedette. On y aperçoit entre autres son personnage, le Mangeux de poubelle de Tracadie-Sheila, dans un établissement de restauration rapide de la région où il avait eu l’autorisation de filmer. L’automne dernier, plus d’un an après la diffusion de cette vidéo, Rénaldo Okeefe décroche un emploi dans ce restaurant. Lorsque la haute direction de l’établissement apprend l’existence de cette vidéo accessible sur youtube, elle remercie l’homme de ses services.

 

❷ En congé de maladie pour une dépression sévère depuis plus d’un an et demi, Nathalie Blanchard perd, en 2009, le bénéfice de ses indemnités mensuelles de la part de sa compagnie d’assurance. Les versements cessent subitement lorsque l’assureur découvre sur le compte Facebook de la Granbyenne des photos d’elle sur une plage de Floride en train de faire la fête avec des danseurs nus. Jugeant que l’utilisation de ces images représentait une intrusion dans sa vie privée, la femme de 31 ans a poursuivi son employeur et son assureur. Deux ans plus tard, les parties ont conclu une entente à l’amiable, évitant ainsi un procès.

 

❸ En 2010, l’Américaine Keri mcmullen publie sur son compte Facebook que son fiancé et elle iront assister à un spectacle dans un bar le soir même. Pendant la soirée, son domicile est cambriolé. En regardant les images des voleurs captées par la caméra de surveillance, la femme croit reconnaître un de ses amis Facebook...

 

QUELQUES CONSEILS D’UTILISATION

Le spécialiste en stratégie web et médias sociaux martin lessard donne quelques conseils pour utiliser intelligemment les réseaux sociaux.

TRACER UNE LIMITE ENTRE LA SPHÈRE PUBLIQUE ET LA VIE PRIVÉE.

Il faut toujours se demander si on serait à l’aise de voir notre publication se retrouver en première page d’un journal.

RÉFLÉCHIR AVANT D’APPUYER SUR «PUBLIER».

Vous n’êtes pas CNN ni une chaîne d’information continue: accordez-vous donc quelques minutes supplémentaires avant de «publier».

SE PRÉMUNIR CONTRE UNE MAUVAISE INTERPRÉTATION.

Si votre publi- cation peut être mal interprétée, il faut la reformuler, ou tout simplement ne pas la mettre en ligne. Dans le doute, on s’abstient.

RECONNAÎTRE LES SUJETS SENSIBLES COMME LE SEXE, L’ARGENT, LA POLITIQUE OU LA RELIGION...

Dès qu’on entre dans ces territoires, il faut redoubler de prudence.

UTILISER LES MÉDIAS SOCIAUX POUR CE QU’ILS SONT RÉELLEMENT

Un outil pour rencontrer des gens qui ont les mêmes intérêts que nous et qu’il n’aurait pas été possible de rencontrer autrement.

Marjolaine Arcand

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