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Mon chum et moi, on ne baise plus

Ils ont 20 ou 30 ans, ils sont en couple et ils n’ont plus souvent de relations sexuelles malgré leur jeune âge. Pourquoi?

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Mon ami et moi sommes ensemble depuis un an  et ne faisons plus l’amour depuis au moins trois mois. Pourtant, nous sommes dans la vingtaine!» écrit une internaute inquiète sur le forum

aufeminin.com. En consultant les nombreux sites consacrés aux relations amoureuses dans internet, on se rend vite compte que plusieurs jeunes couples n’ont pas une vie sexuelle aussi exaltée qu’on pourrait le croire. Être heureux sans rapports sexuels, est-ce possible?

 

On aime le sexe au Québec

En 2008, une enquête sur la vie sexuelle des Québécois réalisée par Le Journal de Montréal a révélé que 79 % des personnes interrogées considéraient que les rapports sexuels étaient indispensables à leur vie de couple. Dans le même sondage, 86 % des répondants disaient désirer avoir au moins une relation sexuelle par semaine. Le seul hic: seulement 45 % de ces couples y parvenaient. Et si vous pensez que ce sont les femmes qui sont responsables de la situation, détrompez-vous: l’étude révèle qu’elles sont une sur deux à vouloir faire l’amour plus souvent.

Baisse du désir, hausse de la culpabilité

C’est le cas de Marie-Claude, une traductrice de 29 ans en couple depuis huit ans. «Mon chum et moi, nous faisons l’amour environ une fois toutes les deux semaines, parfois moins. Pourtant, au début de notre relation, nous le faisions tout le temps. Ç’a commencé à diminuer énormément quand nous avons emménagé ensemble. Au début, je trouvais ça hyper-difficile. On entend partout que les gars pensent toujours au sexe. On finit par se demander si c’est nous, le problème. C’est dur, parce qu’on associe tellement “vie de couple réussie” et “sexualité épanouie” que, parfois, je finis par me demander si c’est un signe que je n’aime plus mon chum et que nous devrions nous séparer.»

Marie-Claude et son copain ne sont pas les seuls à se poser ce genre de question: la fréquence des rapports sexuels est au cœur de plusieurs conflits conjugaux. Une étude menée auprès de couples français par le sociologue Michel Bozon montre que, si les couples sont de chauds lapins au cours des deux premières années de leur relation, leur activité sexuelle baisse de manière importante après cinq ans de fréquentations. Ce délai peut être accéléré en fonction des épreuves que les partenaires traversent en cours de route comme le mariage, la naissance d’un enfant, le deuil, la dépression ou encore le stress vécu au travail.

Oser en parler

Claudia Bernard, une sexologue clinicienne œuvrant à la clinique pour femmes La santé au féminin, située à Montréal, explique que des facteurs extérieurs influencent beaucoup la fréquence des rapports sexuels d’un couple. Dans ces cas-là, il est nécessaire de faire baisser la pression en abordant directement le malaise. «L’humour est souvent la clé. Il faut dédramatiser la situation, crever l’abcès. Et, si on n’y arrive pas seul, il est sain de consulter un sexologue. Car ignorer les problèmes sexuels en faisant comme si de rien n’était ne ferait qu’empirer les choses.» En abordant le problème de front, Marie-Claude a découvert que son copain se sentait coupable, car il croyait être responsable de la situation. «Il savait que je me sentais frustrée. Et il m’a avoué que moins nous avions de relations sexuelles, plus il ressentait une sorte de pression.» Comme dans plusieurs cas, leur manque de relations intimes est devenu un cercle vicieux. Normal:  moins on fait l’amour, plus on se sent contraint de le faire.  Et plus on ressent de la pression, moins on assure quand  vient le temps de créer des rapprochements.

Le manque de rapports sexuels ne devrait pas être pris à la légère. Si l’un ou l’autre des partenaires s’estime lésé, le bonheur et la longévité du couple sera en jeu. Catherine Solano, une médecin-sexologue, enjoint les couples à se poser les bonnes questions. Ils devraient se demander:  «Est-ce que j’ai envie de coucher avec mon partenaire?  Quel plaisir vais-je en retirer? Est-ce que je connais  ses besoins et ses envies?» En répondant à ces questions fondamentales, le couple aura une meilleure entente sexuelle ou pourra faire un constat éclairé sur l’état de sa santé. Il sera ensuite capable de déterminer si la rareté de ses rapports est le signe que sa relation tire à sa fin ou si cet état est le chemin vers un nouvel équilibre dans sa vie à deux.

Une question d’atomes crochus

Parfois, malgré plusieurs efforts, l’attrait sexuel n’est simplement plus au rendez-vous. C’est ce qui a directement conduit Emmanuelle, une avocate de 32 ans, et Philippe, un ingénieur de 35 ans, à la rupture. «Notre seul contact physique, c’était les massages que Philippe me faisait, dit Emmanuelle. Il me massait tous les jours, mais ce n’était jamais érotique. Nous baisions rarement et, quand ça arrivait, c’était parce que j’avais l’impression qu’il le fallait. Dans ce temps-là, je faisais “l’étoile” et feignais l’orgasme en faisant tout mon possible pour écourter le processus. Nous avons tout essayé pour réveiller notre attirance sexuelle: les jeux érotiques, les accessoires, les films pornos, la lingerie sexy... J’ai même acheté un disque de Barry White! Je me sentais pathétique. À la fin, je m’endormais “par hasard” tous les soirs sur le divan en écoutant The Food Network. Et, quand nous dormions ensemble et que sa cuisse frôlait la mienne, j’avais juste le goût de le pousser en bas du lit. J’étais devenue dégoûtée par toute forme de contact physique avec lui.»

Louis, un programmeur de jeux vidéo de 31 ans, a aussi expérimenté le dégoût et le rejet de sa partenaire. «J’ai été en relation avec Mélanie pendant sept ans. Quand nous avons déménagé ensemble, la fréquence de nos rapports sexuels a dramatiquement chuté. Nous baisions moins d’une fois par mois. Peu à peu, Mélanie a instauré toutes sortes de règles.  Je la massais quotidiennement mais, pour elle, un massage  ne devait en aucun cas mener au sexe. Il était également hors de question d’avoir des rapports sexuels après avoir bu quelques verres. Il était aussi interdit d’avoir des rapports sexuels au son de la musique. Bref, c’était compliqué.  Après quatre ans de vie commune, nous ne couchions pratiquement plus ensemble. Nous étions tous les deux frustrés, mais nous n’en parlions pas.»  «S’il y a un manque de communication concernant la sexualité, il y a fort à parier qu’il y a aussi un manque de communication dans plusieurs autres sphères de la relation, explique la sexologue Claudia Bernard. Les problèmes de désir sont souvent liés à l’aspect relationnel. Le partenaire qui veut moins de rapports sexuels a souvent tendance à se dire  que c’est la faute de l’autre, que sa douce moitié ne le  comble pas. Il rejette le problème sur l’autre et nie les conflits à la source du malaise.» En clair, si vous vous dites qu’il  n’y a pas de problème, c’est peut-être parce que la situation vous arrange. «Certaines personnes trouvent des avantages à ne pas avoir de vie sexuelle parce que cela leur permet de ne pas affronter les problèmes qui les ont menées à cette situation», poursuit Claudia Bernard.

Oui, le sexe rend heureux

Certains diront que ce n’est pas parce qu’on ne fait plus l’amour qu’on est malheureux. «C’est vrai mais, si on ne fait jamais l’amour et si ça fait notre affaire, on doit se poser des questions!» confie Claudia Bernard. Il est important d’avoir une vie sexuelle satisfaisante. Et, pour y arriver, il faut bien connaître son corps et savoir ce qui nous mène à l’orgasme. Il est important d’avoir des moments d’intimité avec son partenaire. C’est cette intimité qui mène à la promiscuité sexuelle. Avoir du plaisir avec l’autre est primordial. Il n’est pas question ici de plaisir sexuel. Il faut partager des choses avec son partenaire, il faut qu’il y ait une «connexion». Si vous y parvenez, parions que vous aurez envie de faire l’amour plus souvent et que votre couple s’en portera mieux. Et vous aussi, par la même occasion.

 

Aux grands maux les grands moyens

Quand plus rien ne va, il faut parfois sortir l’artillerie lourde pour rallumer la flamme.

 Si vous avez dévoré  votre exemplaire du populaire  Cinquante nuances de Grey, ce bouquin est pour vous. Attention, cette histoire renferme des scènes sulfureuses qui feront grimper  votre libido au plafond, et ce,  surtout si votre amoureux tombe «tout-à-fait- par-hasard»  sur ce livre...  

Histoire d’O, Pauline Réage

 

 Non, la discographie de Barry White ne produit pas toujours l’effet escompté. Alors si I’m Gonna Love You  Just a Little More, Baby ne suscite chez vous que fou rire et perplexité, tournez-vous vers Patrick Watson. Cependant, on oublie The Great Escape, qui nous fait désormais penser à un verre de jus d’orange et à des Inuits contents.

Close to Paradise, Patrick Watson.

 

 On regarde ce film de 1973 pour voir une des scènes érotiques les plus réalistes du cinéma. Les ébats du couple semblent si réels que plusieurs pensent encore que Donald Sutherland et Julie Christie ont réellement fait l’amour sur le plateau (rumeur malheureusement démentie par Donald).

Ne vous retournez pas (Don’t Look Now), Julie Christie et Donald Sutherland.

 

Geneviève Pettersen

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