L’avenir est plus rose | Clin d'œil
/society

L’avenir est plus rose

Profil génétique amélioré, chirurgies innovantes, progression des métastases mieux comprise... Les recherches sur le cancer du sein portent leurs fruits. Bilan de santé pour s’y retrouver.

Image principale de l'article L’avenir est plus rose

 

Calculez votre risque d’avoir le cancer du sein grâce aux gènes!

Connaître vos risques de développer ou pas un cancer du sein dès 35 ou 40 ans? La science y est presque!

 

➻ Comment est-ce possible?

Dans le cadre d’un consortium international de recherche auquel a collaboré Jacques Simard, de la Faculté de médecine de l’Université Laval, 49 nouveaux marqueurs génétiques liés au cancer du sein ont été découverts cette année. Ces avancées de la génétique s’ajoutent aux autres facteurs de risque connus, comme la densité mammaire, la prise de contraceptifs oraux ou les antécédents familiaux.

 

➻ Résultat?

«Au cours des prochaines années, on va pouvoir élaborer un profil génétique qui nous permettra de classer les femmes en fonction de leur risque. On déterminera si une patiente court un danger deux à trois fois plus grand de développer un cancer du sein que la population en général», explique le titulaire de la Chaire de recherche du Canada en oncogénétique de l’Université Laval. Et il y a de quoi se réjouir davantage: véritable mine d’or d’informations, notre ADN ouvre la porte à d’éventuels traitements!

 

Une protéine qui dit STOP aux métastases

 

C’est quoi? DOCK1, c’est le nom de la protéine que des scientifiques montréalais ont identifiée comme étant une cible potentielle à viser pour freiner la progression des métastases, soit la propagation du cancer d’un organe vers un autre, chez les personnes atteintes du cancer du sein.

 

Pour qui? Cette découverte importante de l’équipe du Dr Jean-François Côté, professeur agrégé de recherche de l’Institut de recherches cliniques de Montréal, cible surtout le cancer métastatique de type HER2+, qui tend à se développer et à se propager plus rapidement que les autres types de tumeurs.

 

Comment? «On connaît encore mal les mécanismes qui expliquent la progression des métastases. Nous cherchons donc à identifier les protéines qui régulent ce processus pour que de nouveaux agents soient mis au point et combinés aux traitements actuels, explique le Dr Côté. Nous espérons ainsi élaborer des médicaments qui limiteront la propagation des cancers du sein métastatiques et amélioreront le pronostic des personnes atteintes.»

 

le cancer du sein pour les nulles

➻ Cancer du sein non invasif  C’est une forme très précoce de cancer qui se développe à l’intérieur des canaux de lactation du sein. Bonne nouvelle: il n’a pas le potentiel de faire des métastases et est guérissable dans 98 % des cas!

 

➻ Cancer du sein invasif Aussi appelé cancer infiltrant, il est caractérisé par le fait que les cellules cancéreuses ont traversé la paroi du canal de lactation. Ce cancer est souvent palpable et peut se propager aux ganglions de l’aisselle. Dans la plupart des cas, le cancer invasif est encore bien guérissable. Cependant, si l’on néglige de le traiter, il pourrait se propager dans diverses parties du corps sous forme de métastases.

 

➻ Les stades de cancer du sein Ils aident à déterminer les risques de réapparition du cancer et influencent le choix du traitement. Ce système classe le cancer du sein selon cinq catégories, le stade 0 étant une maladie localisée et le stade IV étant une maladie propagée dans le corps.

 

➻ La classification TNM Cet autre système détermine le stade selon une combinaison de lettres et de chiffres. Le chiffre suivant la lettre T indique la taille de la tumeur, celui suivant la lettre N désigne le degré de propagation du cancer dans les ganglions lymphatiques et le chiffre suivant la lettre M signale la présence ou l’absence de métastases à distance.

 

5 MYTHES SUR LES CAUSES DU CANCER DU SEIN

 

1. L’utilisation d’antisudorifiques Les chercheurs n’ont établi aucun lien entre l’application de ces produits et l’apparition d’un cancer du sein. De plus, la transpiration sert d’abord et avant tout à rafraîchir le corps et non pas à éliminer des toxines. Ouf, on a eu chaud!

 

2. Le port du soutien-gorge Le mythe prétend que les soutiens-gorge, surtout ceux avec une armature, nuisent à la circulation de la lymphe, ce qui permettrait aux toxines de s’accumuler dans les seins. Il n’en est rien: la lymphe n’est pas éliminée par le sein comme de la sueur.

 

3. Avoir une grosse poitrine diminue les chances d’être atteinte du cancer La forme et le volume des seins n’ont rien à voir avec le risque de développer un cancer. Le volume du buste est déterminé en majeure partie par sa quantité de tissu graisseux, alors que le cancer se développe souvent dans les glandes.

 

4. L’avortement Le fait que l’avortement interrompe le cycle normal de production d’hormones durant la grossesse a fait naître des inquiétudes quant à un lien avec le cancer du sein. Mais, selon la Société canadienne du cancer, la science rejette cette corrélation.

 

5. Les tampons hygiéniques Les fabricants y ajouteraient de l’amiante pour augmenter les pertes sanguines ainsi que des produits chimiques, comme des dioxines. Santé Canada nous rassure: il est illégal de contaminer un tampon avec de l’amiante ou autres toxines. Sous grande surveillance, les procédés de fabrication des tampons vendus au Canada sont exempts de dioxine.

 

Reconstruction mammaire immédiate?

Un remède à l’angoisse!

 

Pourquoi? Selon plusieurs études, une reconstruction du sein par l’insertion d’un implant ou d’une prothèse tout de suite après une mastectomie entraîne une nette amélioration de l’état d’esprit des patientes. Les meilleurs résultats sont obtenus lorsque la reconstruction est immédiate, soit dans le même temps que l’opération. Oui, elle exige une intervention plus longue, mais le Dr  André Robidoux rappelle qu’une telle reconstruction entraîne moins de stress émotif, dispense la patiente d’une seconde chirurgie et permet d’éviter que le tissu mammaire soit altéré par la radiothérapie ou cicatrisé en raison d’une chirurgie antérieure.

La bonne nouvelle? «En Angleterre, les reconstructions mammaires immédiates se font dans environ 28 % des cas. Ici, actuellement, on en est à 4 %», compare le Dr Robidoux. Il se réjouit tout de même, car il croit que de plus en plus de Québécoises auront recours à cette intervention aux nombreux avantages.

 

LES GROUPES D’ENTRAIDE

 

➻ Leurs vertus Stress lié aux traitements, effets négatifs de la chimio et sentiment d’isolement ne sont que quelques-uns des dommages collatéraux du cancer du sein. Parfois, la meilleure solution est de parler à cœur ouvert avec d’autres femmes partageant les mêmes inquiétudes. «Le groupe d’entraide peut faire beaucoup de bien aux patientes, surtout celles qui ont un réseau social limité», soutient la psychologue en oncologie, Marika Audet-Lapointe.

➻ À chacune son groupe Chaque femme est différente, et la manière dont elle affronte son cancer n’est peut-être pas la bonne méthode pour une autre. «Certains groupes vont préconiser l’approche de la guerrière: “Si ma pensée reste positive, je vais vaincre mon cancer.” C’est une façon de voir la maladie qui peut être constructive pour certaines, mais destructrice pour d’autres, poursuit la présidente du Regroupement des oncopsychologues du Québec. Heureusement, les bénévoles et les gens qui animent ces groupes sont de mieux en mieux formés.»

 

Où les trouver?


➻ La Société canadienne du cancer propose des groupes d’entraide et des jumelages.

 1 888 939-3333, cancer.ca

➻ La Fondation québécoise du cancer a mis sur pied la ligne Info-cancer. 1 800 363-0063, infocancer@fqc.qc.ca

➻ Les hôpitaux offrent aussi des services de soutien en groupe. On se renseigne auprès des infirmières pivots.

 

Mathilde Roy

À lire aussi

Et encore plus