Entrevue avec Roméo & Juliette 2.0 : Marianne Fortier et Philippe Thibault-Denis | Clin d'œil
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Entrevue avec Roméo & Juliette 2.0 : Marianne Fortier et Philippe Thibault-Denis

Découvrez notre entrevue avec Marianne Fortier et Philippe Thibault-Denis, les deux acteurs qui interpréteront Roméo & Juliette au Théâtre du Nouveau Monde, du 21 juillet au 18 août 2016. Une production signée Juste pour Rire!

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Habituée des caméras, Marianne Fortier s’est fait connaître, enfant, dans la peau d’Aurore, puis a joué dans le film Maman est chez le coiffeur, de Léa Pool, et a incarné le rôle-titre de la série Pour Sarah, à TVA .

 

Habitué de la scène, Philippe Thibault-Denis a fait partie de la distribution d’une foule de mises en scène de Serge Denoncourt et de quelques spectacles de danse de Dave St-Pierre. 

 

Vous incarnez le duo amoureux le plus connu du monde, Roméo et Juliette, c’est grisant ou effrayant?

 

Philippe: Les deux! C’est un immense vertige, mais la langue de Shakespeare galvanise: elle nous porte, il y a toujours quelque chose à trouver dans ce texte-là, quelque chose de nouveau à comprendre, il y a tellement de possibilités. Au-delà du mythe, on est dans la découverte constante.

 

Marianne: Il faut se donner totalement, à chaque instant! J’apprends tellement, tout le temps. J’ai eu une chance incroyable d’être choisie par Serge Denoncourt, le metteur en scène, même si je n’avais aucune expérience au théâtre. Il a eu l’ouverture d’esprit de ne pas avoir d’idée préconçue, de voir au-delà de mon manque de technique sur scène, et de me laisser ma chance. Il a eu l’audace de voir au-delà de l’évidence, de chercher l’imparfait, l’intangible. 

 

Il y a quelque chose de sacré au théâtre. Monter sur scène, voir la salle devant soi, sentir le poids de ce que ces murs portent... Comment vivez-vous ça?

 

Philippe: Chacun le vit différemment. On est quoi, 20 comédiens dans Roméo et Juliette? Et personne ne vit ça de la même façon. C’est un esprit de troupe, on travaille ensemble. Il n’y a pas d’ego, au théâtre: c’est la force du nombre qui prend toute la place.

 

Marianne: Juliette ne sera pas meilleure que Roméo; personne n’est là pour voler la vedette. Personne ne me juge parce que c’est mon premier rôle au théâtre: tout le monde m’aide, me soutient. On est plus forts, parce qu’on n’est pas seuls.

 

Philippe: Au théâtre, on peut se tromper, on a ce luxe-là. À la télé, on a moins de temps, il faut être bon tout de suite, en une prise. Ce sont deux jobs complètement différentes. Au théâtre, on a le droit d’essayer, de se péter la gueule, et de réessayer. On a une grande liberté.

 

La langue de Shakespeare est très loin de la nôtre. Ça n’a pas dû être facile de vous l’approprier...

 

Marianne: Ç’a l’air difficile d’apprendre du Shakespeare, mais en fait, c’est facile! Il y a une musicalité dans le texte, un rythme, une clarté, une structure qui fait que ça s’imprime dans le cerveau.

 

Philippe: Les textes très québécois sont plus difficiles à apprendre, plus ambigus. Il y a des nuances qui sont plus complexes à assimiler.

 

Marianne: Ma grande réalisation a été que jouer au théâtre, ce n’est pas un sprint, mais un marathon. Je suis habituée à jouer dans l’instant présent, en une prise. Alors, refaire la même pièce soir après soir, même quand tu ne te sens pas bien, que tu as une mauvaise journée, c’est nouveau pour moi.

 

Philippe: Moi, j’ai fait plus de télé récemment, et c’était totalement étrange pour moi de tourner les scènes dans le désordre, de jouer un texte une seule fois!

 

Marianne: Alors que moi, j’adore ça! Cette notion que les deux secondes que tu viens de vivre resteront pour toujours, c’est plutôt beau, non? (rires)

 

La grande question demeure: avez-vous regardé le fameux film Roméo et Juliette, avec Leonardo DiCaprio et Claire Danes, le classique de 1996?

 

Philippe: Hey boy, Leonardo DiCaprio est si bon, là-dedans! Il est vraiment tannant tellement il est fort! (rires) C’est dur à battre, il ne faut pas que j’y pense trop.

 

Marianne: J’attends encore un peu. Je ne l’ai pas vu, mais je vais le voir. Je me suis plus basée sur le film de Zeffirelli, de 1968.

 

C’était un fantasme de jouer Roméo et Juliette, les amoureux absolus?

 

Marianne: Pantoute!

 

Philippe: Faut dire que t’as le romantisme d’un marteau-piqueur. (rires)

 

Marianne: Je ne suis tellement pas à l’eau de rose! Tu es beaucoup plus romantique que moi, Philippe, en fait.

 

Philippe: Oui, jouer l’amoureux ultime, j’avoue que ça me séduit pas mal.

 

Comment composez-vous avec les scènes d’intimité, de nudité? Dans Roméo et Juliette, il y en a forcément...

 

Marianne: Ça me fait peur! J’ai averti tout le monde que je ne suis pas à l’aise avec ça. Toi, Philippe, tu as plus l’habitude d’être tout nu.

 

Philippe: Ça ne me dérange pas du tout, c’est vrai. Mais on a une dynamique de grand frère et petite soeur, toi et moi. C’est encore moins gênant!

 

Marianne: Tu as la pudeur slack!

 

En conclusion, Marianne, tu as le romantisme d’un marteau-piqueur, et Philippe, tu as la pudeur slack?

 

Marianne: (rires) Ça ferait un excellent titre pour notre entrevue!

 

*  *  *

 

 

Vous pouvez acheter vos billets pour assister à la pièce de théâtre Roméo & Juliette: ICI

 

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