Cette année... Je change de style! | Clin d'œil
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Cette année... Je change de style!

Les excès des fêtes derrière nous, il est normal de vouloir nous reprendre en main. Sport, régime, nouveau look: tout est bon pour commencer l’année du bon pied! Comment nous assurer que nos résolutions mode perdurent jusqu’à la prochaine année? Notre journaliste a enquêté.

1er janvier 2014 — 16 h 25.

 

L’estomac encore alourdi de tous les excès des dernières semaines, je dresse ambitieusement la liste de tout ce qui va changer pendant la nouvelle année: des talons hauts tous les jours! des vêtements repassés! des bas assortis! Le temps de quelques semaines, je me rapprocherai de mon moi idéal. Que celle qui n’a jamais pris (et abandonné) de bonnes résolutions me jette la première pierre. Je vis ce moment chaque année. C’est grave, docteur? J’en ai parlé à Marc Doucet, psychologue, qui m’a rassurée: «C’est parfaitement normal de vouloir devenir la personne rêvée chaque année. Tout va bien!» Ouf! Parce qu’à regarder les filles de mon entourage, bien plus prêtes à partager leurs résolutions qu’à les suivre, le phénomène semble largement répandu.

 

Résolution no1

Cette année, je vais être  plus femme!

Sophie, 25 ans, étudiante  en design de présentation

 

«Je ne veux plus ressembler  à une adolescente, toujours habillée  de la même façon. Cette année,  je vais m’efforcer, même au quotidien,  de varier mes looks et d’être plus féminine.»

 

Faire un effort pour être plus femme: une résolution visée par plusieurs. Il faut avouer que c’est pratique d’enfiler le jean en haut de la pile et le premier t-shirt qu’on trouve — sans parler des précieuses minutes de sommeil gagnées chaque matin —, mais qu’en est-il du regard des autres et de celui que nous portons sur nous-mêmes? Si l’allure d’éternelle ado a le mérite de nous faire sentir jeune dans notre tête, elle risque par ricochet de renvoyer l’image d’une gamine insouciante, en décalage avec notre âge, nos tâches professionnelles ou l’étendue de nos responsabilités quotidiennes. Faut-il pour autant nous déguiser pour nous conformer à l’image que les autres attendent de nous? Comme le souligne le psychologue Marc Doucet, «l’essentiel est de prendre des résolutions qui ne nous restreignent pas. Il n’est pas question de modifier sa garde-robe ni son apparence pour ressembler aux autres ou devenir quelqu’un d’autre, mais pour se sentir mieux dans sa peau.»

 

Être plus femme est ainsi possible, sans pour autant nous métamorphoser du jour au lendemain en créature plastique étouffée dans une robe moulante, juchée précairement sur des talons hauts et dégoulinante de gloss. Yso, styliste, a quelques pistes de solution autrement plus faciles d’accès: «Ça peut être aussi simple que de porter un chemisier plutôt qu’un sweatshirt, incorporer de la soie (même fausse) dans ses looks, ou encore opter pour des finitions délicates — comme des manches bouffantes ou des touches de dentelle, par exemple.»

 

Il suffit donc de petits détails pour faire un gros changement durable. Message reçu chez Sophie: «Cette fois, je vais retenter ma chance sans me mettre trop de pression, et en misant sur des détails plus adultes. Hors de question de ressembler encore à Punky Brewster dans un mois!»

 

 

Résolution no2

Cette année, je vais porter  plus de couleur!

Lison, 33 ans, designer textile

 

«Je meurs d’envie d’acheter  des tas de morceaux bleus, rouges  ou jaunes, que je pourrais marier avec  le reste de ma garde-robe. J’en ai assez de porter uniquement du noir!»

 

Lison est une habituée des bonnes résolutions de style: elle en prend chaque année, avec plus ou moins de succès.

Si certaines font désormais partie intégrante de son quotidien, comme son engagement à se maquiller tous les matins, elle se heurte depuis plusieurs années à la difficulté d’injecter plus de couleurs et d’imprimés dans sa garde-robe toute noire et unie.

 

Qui parmi nous n’a jamais eu ce problème? Après tout, le noir est la solution de facilité tout indiquée: il est adapté à toutes les occasions, s’agence en un tournemain, ne se salit presque pas, et sera toujours tendance. Mais le porter de la tête aux pieds, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 peut vite s’avérer une moins bonne idée, comme l’explique le psychologue Marc Doucet: «Les différentes teintes influent sur notre état d’esprit. De simples petites touches de couleur peuvent faire du bien au mental, tandis que le fait de ne porter que du noir peut jouer négativement sur le moral. On peut comparer ce phénomène à la dépression hivernale, causée par le manque de lumière. Ici, une petite dose de couleur viendra jouer le rôle du soleil.»

 

Avec la météo actuelle, porter de la couleur n’est donc pas qu’une simple décision de style, mais une véritable prise de position impactant à court terme votre état mental. (Notez cette phrase et utilisez-la sans complexe la prochaine fois que vos amis/famille/amour de votre vie jugeront le contenu de votre énième panier ASOS.)

 

Et il n’y a pas que vous que votre look sobre puisse influencer psychologiquement: vos proches peuvent également en ressentir les effets. Si le total look noir peut renvoyer une image élégante et edgy — il n’y a qu’à voir l’équipe du Vogue Paris, toujours vêtue de tenues monochromes —, son port récurrent peut aussi témoigner d’un manque d’audace généralisé.

 

Rassurez-vous, accros du noir: il y a un juste milieu entre votre look tristounet habituel et l’attaque rétinienne façon Don Cherry! Yso, styliste, conseille d’aborder la couleur par petites touches, et avec des nuances douces: «Les pastels sont une excellente porte d’entrée pour les novices. Le bleu bébé et le rose poudre, par exemple, sont jolis lorsqu’ils sont jumelés à du noir ou du denim.Ils ont en outre l’avantage d’être assez discrets, quasiment neutres. En hiver, ce sont également des coloris très faciles à porter.»

Vous l’aurez compris, nous ne sommes pas obligées de basculer brusquement dans le territoire d’Anna Dello Russo. Il est plus facile (et moins dangereux pour les rétines de vos amis) de commencer petit à petit, comme l’explique Yso: «Misez sur de légers éléments qui vont faire la différence. Il peut s’agir d’un revers de manche, d’un col ou encore d’un foulard.» Pas si compliqué!

 

Dire qu’il ne suffit que d’un petit accessoire coloré pour nous éviter d’être cantonnées aux looks dignes de The Crow...

 

Résolution no3

Cette année, je vais mettre  des talons hauts!

Nadèje, 30 ans, assistante  d’un directeur de création

 

«Le matin, par fainéantise, je troque  systématiquement les escarpins que  j’avais prévu de porter pour des chaussures plates. J’aimerais réussir à mettre  des talons hauts plus souvent!»

 

Enfiler des talons hauts pour aller travailler, c’est un grand classique féminin, presque un rite de passage. Merci à la pub et au cinéma de nous avoir vendu le désir d’être cette femme assumée, qui court après son taxi, perchée sur des talons vertigineux, le tout sous une pluie torrentielle! Le problème, c’est que, dans notre vie non scénarisée et non conforme aux critères hollywoodiens, la fatigue et le découragement prennent le dessus. «Là encore, il faut s’interroger sur la motivation derrière cette résolution», souligne le psychologue Marc Doucet. «Si porter des talons hauts nous aide à nous assumer, on peut faire ce petit effort de temps en temps. Mais ce qu’il faut absolument éviter, ce sont les résolutions que nous serions incapable de tenir, et qui nous feraient sentir encore moins bien après.»

Il va sans dire que nous n’allons pas passer sans transition des runnings super confo aux escarpins Louboutin de quatre pouces.

 

Soyons réaliste et ayons de l’empathie pour nos pieds, notre dos... et notre ego! Opter pour un plus petit talon est, comme l’explique Yso, une excellente première option: «Attention aux talons compensés ou trop larges, qui peuvent alourdir la démarche des novices. À la place, on choisit des talons classiques, qui ne demandent pas un effort surhumain à chaque pas et qui affinent tout de même la jambe. Des talons délicats et intemporels auront moins de chance de finir au fond du placard, dans la catégorie des importés et des importables.»

Question fréquence, procédons aussi par étapes. Enfiler nos escarpins pour faire les courses et promener les chiens, c’est mettre la barre haut. Par contre, les sortir pour un brunch, ou une fois assise à notre bureau, est une manière réaliste de les intégrer à nos habitudes. «Je vais laisser une paire de talons au travail. Ça me facilitera la tâche: je serai moins découragée le matin!» conclut Nadèje. 

 

3 conseils pour ENFIN tenir vos résolutions:

 

1 Prenez des résolutions réalistes. Soyez honnête envers vous-même. Êtes-vous réellement capable de tenir votre bout,  à long terme? Révisez vos attentes, sinon, c’est l’échec assuré!

 

2 Choisissez une résolution à la fois.  Ne commencez pas à faire une liste interminable pour déterminer celle que vous voulez être d’ici la prochaine année: c’est une job à temps plein. À moins d’être rentière, allez-y étape par étape!

 

3 Planifiez votre réussite. Divisez votre résolution en microbuts à atteindre, étalés sur l’année. Profitez de chaque bilan pour évaluer vos succès et vos difficultés, et revoyez vos motivations en fonction.

 

 

Photos: Getty Images

Déborah Farinotti

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