Milk & Bone, nouveaux repères | Clin d'œil
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Milk & Bone, nouveaux repères

Image principale de l'article Milk & Bone, nouveaux repères
Lian Benoit

Regarder passer la tempête à l'abri, bien au chaud... Ce plaisir décrit bien ce qui habite le troisième album du duo électro-pop Milk & Bone, Chrysalism, qui ouvre de toutes nouvelles portes dans l'univers musical de Laurence Lafond-Beaulne et Camille Poliquin. Discussion.

Après votre dernière tournée, qui s’est terminée à l’été 2019, vous avez pris une pause plus longue que prévu à cause de la pandémie... Comment l’avez vous vécue?

Camille: Laurence et moi, on est des work wives. La situation nous a permis de prendre un break, de vivre notre vie chacune de notre côté. On n’avait pas besoin d’une pause de nous, mais plutôt du travail après huit ans sans interruption. 

Laurence: C’est dur de se connecter à soi quand on est étourdi par son quotidien. C’est l’une des premières fois de ma vie que je me suis retrouvée face à moi, seule, en pleine rupture. Ça m’a énormément «challengée», mais ça m’a également permis de me connaître mieux que jamais. De me poser des questions aussi. Est-ce que j’ai quelque chose à dire? Où est-ce que je suis rendue? 

Comment avez-vous renoué, par la suite?

L.: On a organisé des rencontres pour parler, explorer ce qui nous habitait, les thèmes qui nous allumaient. Nos moments de solitude nous ont permis d’évoluer: nos conversations sont différentes, plus profondes. 

C.: C’est comme dans n’importe quel duo créatif... ou même dans la vie. On peut prendre de mauvais plis. En musique, il n’est pas encouragé de considérer un band comme une business. Pourtant, c’est ça à 100 %. Ce pas de recul nous a permis de faire en sorte que tout se passe extrêmement bien. 

Vous semblez avoir cheminé... Est-ce qu’on peut aller jusqu’à dire que Chrysalism est un album de type coming of age?

C.: Oh my God, oui! C’est notre transition de l’adolescence à l’âge adulte. Avant, on parlait beaucoup de tristesse et de passion. En écoutant cet album, on peut avoir l’impression de lire quelques pages de notre journal intime. On parle beaucoup de nous-mêmes... 

L.: Avec un regard plus lucide qu’avant. On est moins dans une position de victimisation. Il faut apprendre à se départir des trucs qui ne servent plus, même si ce n’est pas facile. Le titre Chrysalism décrit tellement bien cet album, le fait de trouver du réconfort dans son safe space quand les choses se compliquent. Si l’on se montre plus vulnérable, on se permet aussi de s’amuser davantage avec de la bubble gum pop. 

Qu’est-ce qui vous a donné envie de plonger davantage dans la pop?

C.: Ça ressemble à ce qu’on écoute. On a décidé d’arrêter d’avoir peur de la pop et, surtout, on a voulu se faire confiance en tant que jeunes femmes en musique qui savent exactement ce qu’elles veulent. En ce qui a trait à la production, on s’est rapprochées de nos inspirations premières, ainsi que des personnes qui travaillent avec ces gens-là, comme le producteur Micah Jasper, de Los Angeles. On l’a fait à trois, cet album. Quel partenaire incroyable! Il a su aller chercher nos forces! 

L.: Il a surtout su capter nos essences très différentes tout en étant ultracomplémentaires. Ça nous donne une identité commune sans qu’on perde nos individualités. C’est beau d’être différentes et d’en être fières.

L’album Chrysalism est disponible chez Bonsound. Cette entrevue a été réalisée en collaboration avec le magazine Clin d'oeil.

Pour découvrir les chansons préférées de Milk & Bone, c'est ici: 

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