Flore Laurentienne: point d'ancrage | Clin d'œil
/homepage

Flore Laurentienne: point d'ancrage

Image principale de l'article Flore Laurentienne: point d'ancrage
Marc-Étienne Mongrain

La nature fait son chemin, avec ou sans nous. Qu'arrive-t-il lorsqu'on la regarde aller sans intervenir? Avec Volume II, Mathieu David Gagnon s'inspire de l'eau pour dresser plusieurs tableaux musicaux via son projet Flore Laurentienne. Discussion.

Le Volume I donne envie de perdre son regard dans les grands espaces, tandis que le Volume II explore le thème de l’eau...

J’ai eu envie de l’eau comme ligne directrice, parce qu’il faut faire des choix dans la vie (Rires...). Il y a tellement de choses belles et intéressantes que si on se met à vouloir tout intégrer sur un même album, ça devient trop. Ça m’a aidé à obtenir un ensemble concis. Oui, je crois encore aux albums! À la force de pièces taillées dans la même veine, le même esprit.

Quel est ton rapport à l’eau?

J’ai grandi à Sainte-Anne-des-Monts, en face du fleuve, et je le vois toujours de ma maison aujourd’hui. C’est un spectacle différent tous les jours. C’est une présence qui m’habite, comme si j’avais besoin de ce plan d’eau pour m’orienter. Si je ne sais pas où est le fleuve, je ne sais pas où je suis. Dans mes cours de géographie, on nous demandait où est le nord. Notre prof disait tout simplement que le nord, c’était le fleuve. C’était réglé pour moi: je sais où est le fleuve, je sais où est le nord, je sais où je m’en vais (Rires...)

Dirais-tu que le rythme des vagues a été le métronome de cet album?

C’est vraiment ça, Volume II. Une pulsation régulière, naturelle, très organique. Une réflexion sur l’eau, sur ce que nous offre la nature sans qu’on la touche. Ça m’inspire beaucoup, ce mouvement. Chaque pièce est un tableau, avec son cadre. Souvent, ça part d’une ou deux idées très simples... Et c’est tout ce dont j’ai besoin pour m’orienter.

Tu as travaillé avec un ensemble de cordes et de clarinettes. As-tu adopté la même approche en studio qu’avec Volume I?

C’est simple: c’est pas mal juste moi qui rêve (Rires...). J’ai eu envie de créer un ensemble de huit clarinettes, puisqu’il n’y en a souvent que deux par orchestre. On pourrait appeler ça une forêt de clarinettes! Ç’a bien sûr été compliqué d’enregistrer en pleine pandémie – j’ai dû diriger l’orchestre avec un masque –, mais ç’a été une super belle expérience. C’est d’ailleurs l’un des meilleurs preneurs de son, Rob Heaney [Cirque du Soleil, Les Colocs], qui a travaillé avec nous quelques mois avant son décès. Ç’a été un honneur de collaborer avec lui! 

Tu te fraies un chemin sur la fine ligne de la musique néoclassique – faute d’un meilleur terme – tout en étant remarqué par un public de plus en plus large...

Je tombe toujours dans les «craques» du plancher. J’ai une formation d’orchestration, d’écriture et de contrepoint, mais ma vie professionnelle ne se déroule pas dans le milieu classique de la musique. C’est une proposition à mi-chemin entre de la musique de chambre – avec des synthétiseurs, des claviers, peut-être un peu de prog – et un peu d’influence de Pink Floyd, parce qu’il le faut (Rires...). Où suis-je? Je ne sais pas. Je sais que je suis là. Et j’aime exister en marge de tout ça.

Volume II de Flore Laurentienne est disponible le 21 octobre par Costume Records et sous l’étiquette américaine RVNG Intl. Cette entrevue a été réalisée en collaboration avec le magazine Clin d'oeil.

Qu'est-ce qui joue dans les écouteurs de Mathieu David Gagnon? C'est ici:

À LIRE AUSSI: 

• À lire aussi: Leïla Lanova: jeu de patience

• À lire aussi: Coup de coeur francophone 2022: la programmation complète enfin dévoilée

• À lire aussi: POP Montréal 2022: 5 incontournables

À lire aussi

Et encore plus