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Pomme: enveloppante

Image principale de l'article Pomme: enveloppante
Oumayma B. Tanfous

L'artiste ne s'est imposé aucune contrainte en créant, à son rythme, ce nouvel album qui sortira à la fin de l'été. Discussion avec Pomme sur cette douce offrande, tissée autour de l'enfance et de femmes qui l'ont inspirée.

Avais-tu une direction en tête pour cet album?

Non, pas aussi claire que pour Les failles. J’ai même mis du temps à me dire que je faisais un album. Je me disais plutôt que j’allais partir en tournée... mais les dates étaient sans cesse reportées à cause de la pandémie. Je me suis mise à écrire un peu partout et au gré des inspirations. Il m’a fallu deux ans pour créer cet album, alors que j’ai écrit Les failles en deux semaines! 

As-tu l’impression que ç’a eu un impact sur la cohérence de l’album?

Oui et non. Des chansons me sont venues de manière fulgurante, comme ça a toujours été le cas jusque-là, et d’autres se sont bâties dans la durée. Le contexte était vraiment spécial. Il s’est passé tant de choses différentes dans le monde et dans ma vie au cours des dernières années... J’avais envie d’écrire sur l’enfance, sur l’amitié, sur des femmes qui ont eu une influence sur moi. Il n’y a pas de thème récurrent. J’avais envie d’aborder plein de sujets. 

On trouve un bel exemple de ça dans la chanson Nelly, sorte de lettre à une figure marquante pour toi...

C’est l’une des pièces que j’ai écrites très rapidement, à l’île d’Orléans, après avoir lu le roman Folle, de Nelly Arcan. Je me suis reconnue dans cette espèce de double menace qu’elle décrit dans ses livres et dans ses entrevues, soit cette envie de plaire et d’être désirable, tout en subissant les conséquences de n’être perçue et reconnue que pour ça par la société. C’est ce que j’essaie de déconstruire depuis des années. Je suis souvent ramenée à l’ordre, je ne me sens pas protégée à 100 % de cette réalité. C’est donc l’une des chansons qui a pris le plus d’importance pour moi. Elle aborde des trucs hyper précis au sujet d’une certaine personne, tout en restant assez universelle. J’ai étrangement l’impression de parler de moi à travers un filtre. 

Ta chanson Tombeau a, elle aussi, un caractère assez universel.

C’est l’enterrement d’une amitié, l’histoire d’un lien qui se termine sans fin claire. Tombeau, c’est ma manière de mettre un point final à une relation que je n’ai pas pu clore dans la vie. Le fait de ne pas avoir de contrôle sur la fin est assez courant dans les relations humaines d’ailleurs... 

Comme écrin à ton album, on découvre un son plus synthétique, englobant même.

J’ai eu envie de créer des chansons rassurantes. J’ai tellement parlé de choses difficiles et d’émotions contradictoires auparavant qu’à la suite des épreuves qu’on vient de vivre collectivement, j’ai choisi de me tourner vers le réconfort. Il y a toujours autant d’instruments «organiques» − comme la guitare et le piano, bien plus présent sur cet album −, mais j’ai tenu à ajouter du synthétique. C’est riche et enveloppant. Ça demeure de la chanson française et, surtout, une musique proche de ce que je vis au quotidien.

L’album de Pomme nous arrivera à la fin de l’été. Cette entrevue a été réalisée en collaboration avec le magazine Clin d'oeil

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