3 questions à... Lili Boisvert sur son nouveau roman Match. | Clin d'œil
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3 questions à... Lili Boisvert sur son nouveau roman Match.

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Ben Pelosse / JdeM

Dans Match., un roman librement inspiré de sa vie, la journaliste et autrice Lili Boisvert braque les projecteurs sur l’histoire d’un couple qui passe graduellement de la passion aux méandres parfois sournois d’une relation toxique.

Le titre du roman, Match., fait allusion à la rencontre d’Émilie et Ludwig sur une application de rencontre en ligne. Pourquoi avoir mis cet aspect de leur relation en lumière?

Je pense que ces applications de rencontre créent de nouveaux phénomènes sociaux. Évidemment, les relations toxiques existaient déjà bien avant, mais ces applis encouragent une prise de risque supplémentaire, puisqu’on ne connaît pas toujours bien le réseau de la personne qu’on rencontre. Par ailleurs, ce titre voulait aussi exprimer le match, la partie, le jeu que se livrent Émilie et Ludwig. Sans banaliser les relations toxiques, je voulais montrer qu’on a affaire à deux personnes qui veulent gagner: l’abuseur cherche un plus grand pouvoir sur l’autre, tandis que la personne abusée veut l’égalité et le respect. Ils ne se battent pas pour le même objectif, mais se renvoient constamment la balle.

Il y a ce match aussi qui se joue à l’intérieur d’Émilie, qui arrive mal à réconcilier sa posture de «femme forte» avec la situation abusive qu’elle subit. Comme si être féministe et forte devait la prémunir contre la violence, la protéger...

Non seulement la protéger, mais carrément légitimer qu’on puisse vouloir la blesser! Parce qu’elle est perçue comme forte, ce n’est pas grave qu’on lui donne des coups: elle est «capable d’en prendre». C’est ce qui fait qu’elle accepte l’abus: l’idée qu’elle puisse le supporter, voire l’intellectualiser. Mais plus le livre évolue, plus on voit qu’elle se ment à elle-même en croyant à son invincibilité.

Qu’aimerais-tu apporter à la conversation actuelle sur les relations abusives?

Certaines femmes m’ont confié que ce livre les avait aidées à mieux reconnaître les signes de l’abus, et c’est tant mieux. Mais j’aimerais surtout qu’on cible les abuseurs, qu’on s’attaque à leurs comportements, plutôt que de dire aux femmes que c’est à elles de «reconnaître les signes» et de se protéger contre la violence. Non! Il faut dire aux gens qui veulent agresser les autres que c’est inacceptable et que leurs gestes ont des conséquences.

Match., VLB éditeur, 22,95$, qublivre.ca

Photo courtoisie

À VOIR: Clin D'oeil - Julianne Côté - En Grande Première   

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