L’évolution du corps «idéal» à travers les années | Clin d'œil
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L’évolution du corps «idéal» à travers les années

Gros plan sur l’évolution du corps «idéal» à travers l’histoire, des courbes de la renaissance aux silhouettes filiformes des années 1990.

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Getty Images

Au fil du temps, les diktats de la beauté évoluent et se contredisent, encensant une silhouette pour lui préférer son contraire une décennie plus tard...

Schizophrènes, vous avez dit? Ces divergences ont cependant un point commun: elles soulignent – dans une époque et une culture données – un canon de beauté absolu (et impossible à atteindre) auquel le corps féminin doit se conformer s’il souhaite être célébré. Cette construction sociale alimente l’idée qu’il existe une forme parfaite et unique qui domine toutes les autres... jusqu’à ce qu’elle soit remplacée par une autre, jugée plus désirable. Entre-temps, et dans cet environnement qui rejette, voire méprise les différences, la culture des régimes, les troubles alimentaires et la baisse d’estime de soi prospèrent sans complexe, eux!

Le corps sous toutes ses formes   

La première représentation connue d’un idéal féminin remonte à 40 000 ans avant notre ère. À cette époque, les Vénus paléolithiques – des statuettes charnues aux seins proéminents – font leur apparition. Cette rondeur suprême, signe de fertilité, s’estompe cependant sous la Grèce antique. La statue de la Vénus de Milo est alors la personnification même d’un nouveau modèle de beauté, qui glorifie une poitrine menue, un buste allongé et des hanches épanouies.

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La Vénus de Milo 

Au Moyen Âge, le corps se rhabille et la femme noble – de préférence mince et élancée, avec une peau blanche comme neige – doit incarner la pureté et l’innocence, deux qualités indispensables à celle qui, une fois mariée, n’aura plus qu’une fonction: devenir mère.

À la Renaissance, les choses changent (et pas forcément en mieux). Les artistes s’éloignent du fantasme de la mère... pour en créer un autre de toutes pièces! Sur la toile, leurs muses se transforment en objets de désir. Le peintre Raphaël use d’ailleurs de son imagination plutôt que de modèles vivants pour esquisser les traits de femmes voluptueuses, à la peau pâle et au visage poupin. Pierre Paul Rubens immortalise quant à lui des égéries plantureuses, qui ne cachent ni leur cellulite ni leurs bourrelets.

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Lot et ses filles, de Peter Paul Rubens 

Ces rondeurs généreuses, plutôt que d’être une célébration de la diversité corporelle, représentent la richesse et l’abondance alors que la Flandre connaît une nouvelle ère de prospérité et que le sucre se popularise à travers l’Europe, s’invitant non plus seulement à la table de la noblesse, mais aussi à celle de la haute bourgeoisie. Sous l’effet de ce régime luxueux, les corps s’arrondissent... pour finir par fondre au XIXe siècle! Le corset – de plus en plus serré – affine la taille à l’extrême et dessine une silhouette en forme de sablier, accentuée par une crinoline volumineuse.

La lente libération du corps  

En 1887, l’illustrateur américain Charles Dana Gibson dessine une femme élancée aux formes généreuses et à la taille svelte, arborant une coiffure surélevée et un air nonchalant. 

New York Public Library

Gibson Girl, par Charles Dana Gibson  

Cette Gibson Girl incarne rapidement un nouvel idéal, qui perdure jusqu’au début du XXe siècle et qui est rapidement copié par les Américaines. L’icône populaire, toujours élégante, promeut le sport et une certaine forme d’indépendance, avant d’être remplacée au cours des années folles par la garçonne, qui conduit, fume, boit et sort tard. La mode est alors à la minceur et aux tenues androgynes libérées du corset, ce qui entraîne une épidémie de troubles alimentaires pour se conformer à ce nouveau standard de beauté!

Bettmann Archive

Jane Russell 

Des années 1930 aux années 1950, le corps reprend du poil de la bête et les pin-up girls des fifties – dont Marilyn Monroe, Jayne Mansfield et Jane Russell – font l’éloge de courbes plantureuses... jusqu’à ce que les sixties ne promeuvent une silhouette filiforme à la Twiggy, mannequin phare de l’époque. 

Bettmann Archive

Twiggy 

Le corps mince, toujours en vogue dans les années 1970, devient athlétique la décennie suivante, avec l’avènement de l’aérobique et de mannequins comme Naomi Campbell, Cindy Crawford ou encore Elle Macpherson, surnommée «The Body».

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Naomi Campbell 

Et puis, à la fin des années 1990, une nouvelle génération de tops déferle sur les passerelles. À l’image de Kate Moss, surnommée la «Brindille», elles affichent un corps androgyne, à la limite de la maigreur, qui s’impose dans les campagnes publicitaires et sur les couvertures de magazines. 

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Kate Moss 

En 2007, on diffuse le premier épisode de la téléréalité Keeping Up with the Kardashians. D’abord ridiculisées par les médias, les courbes de Kim Kardashian – de plus en plus prononcées – sont rapidement encensées. Dans les années 2010, l’attention se porte désormais sur le derrière rebondi (quitte à faire appel à la chirurgie esthétique), un critère de beauté que les communautés noires et latinos possèdent depuis longtemps, mais qui était rejeté par la culture occidentale... jusqu’à maintenant.

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Kim Kardashian 

Et aujourd’hui? L’avènement des réseaux sociaux est à double tranchant. D’un côté, les filtres et les photos retouchées véhiculent de nouveaux standards de beauté impossibles à atteindre, qui affectent considérablement l’estime de soi. De l’autre, ils permettent au mouvement #bodypositive, qui encourage la diversité corporelle sous toutes ses formes, de prospérer. Il est de fait important de se rappeler que notre corps n’est pas une tendance qu’on doit tordre pour qu’il s’adapte aux diktats de l’heure. Répétons toutes ensemble: «Chaque silhouette est unique et digne d’être célébrée pour ce qu’elle est!»

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