Pour le meilleur, pour le pire et pour Instagram | Clin d'œil
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Pour le meilleur, pour le pire et pour Instagram

J’ouvre Facebook et je tombe sur une déclaration d’amour. Un ami raconte le bonheur «authentique» et «lumineux» qu’il vit avec son amoureux, un homme si parfait et si pur que jamais un oiseau chie sur son auto (je présume). Ces deux-là ne sont clairement pas du genre à s’engueuler à propos du côté duquel il faut poser le rouleau de papier-cul.

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Georgia de Lotz via Unsplash

J’ouvre Instagram et je vois une photo romantique d’un couple en noir et blanc. «J’ai hâte de vieillir auprès de toi, mon amour! #love #couplegoals #myperson», écrit la femme sous la photo. Elle ment effrontément: personne n’a hâte de vieillir, même si c’est pour passer le reste de sa vie fusionné à l’être aimé. «T’es ma musique, t’es mon univers, t’es ma maison», répond l’homme, sachant que dans le marché immobilier actuel, ce dernier compliment en dit long.

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Étant de nature mesquine, j’accueille ces manifestations sirupeuses avec cynisme. Devant une déclaration particulièrement enflammée, je me demande toujours qui a trompé qui. Est-ce inimaginable que ces couples soient réellement plus heureux que la moyenne? Pour moi, oui. Car, comme dit un vieux proverbe serbo-croate: «Si ta viande pue, mets plus d’épices.»

Je sais, je sais, je suis de mauvaise foi. Ce n’est pas que je doute de la sincérité de leur amour. Je doute surtout du besoin de le déclarer à la face de Facebook tout entier. L’acte de le faire a quelque chose de performatif, comme si ces couples disaient: «N’est-ce pas qu’on est plus en amour que vous tous, bande de losers?» Oui, je suis jalouse, OK? Ma tendre moitié à moi pratique plutôt l’abstinence... photographique. Au début de notre relation, il a bien publié une ou deux photos de moi sur son compte Instagram. Mais depuis, j’ai été éclipsée par notre bébé et une collection grandissante de vins nature (son deuxième bébé).

Je ne suis pas la seule à vivre avec un homme qui a un cellier à la place du cœur. L’autre soir, mon amie Monia s’est offert une sortie romantique au resto avec son mari, Jean-Pierre. Pour immortaliser la soirée, il a pris des photos... du menu. Malheureusement, il trouvait sa femme moins photogénique que la carte des vins.

Le problème, ce n’est pas que mon chum et Jean-Pierre préfèrent déclarer leur passion à un pinot noir plutôt qu’à leur douce moitié. (OK, peut-être un peu...) Le problème, c’est que, dans les relations de couple comme dans la déco de la maison et les chaussures de la saison, on se compare. JE me compare. Sur Instagram, un tel a pris une photo sensuelle de sa blonde en culotte et gros chandail de laine qui couvre à peine ses seins; telle autre a mis une photo où on la voit de dos, le bras tendu, entraînant son chum à sa suite dans un champ de tournesols/lavande/citrouilles.

En réalité, le premier pourrait bien être en train de se séparer et la deuxième est probablement juste quétaine... Mais de l’extérieur, ils ont l’air d’avoir une meilleure vie que la mienne.

Une fois pour toutes, je vais parler pour l’ensemble de vos abonnés: secrètement, on vous déteste un peu.

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