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Le futur de la mode: sans frontières de genres

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Des créateurs, des stars et des influenceurs n’hésitent pas à piger leurs vêtements et accessoires dans notre garde-robe, un choix stylistique qui va bien au-delà de la mode unisexe pour effacer véritablement les frontières entre les genres.

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Depuis les années 1920, on pige nos pièces phares dans la garde-robe masculine, comme une façon de s’émanciper et de se mettre sur un pied d’égalité avec le «sexe fort». Du côté des hommes, en revanche, le changement se fait attendre. Cependant, le statu quo est en train de pâlir. Et la pandémie a peut-être contribué à amplifier le phénomène, comme si l’impossibilité d’aller où bon nous semble avait fait souffler un vent de liberté intérieure, une envie de lâcher prise pour mieux balayer les codes. À mesure que les femmes ont abandonné les signes ostentatoires de «féminité» – maquillage, talons hauts, vêtements moulants –, les hommes se sont plus facilement prêtés au jeu de l’expérimentation. Pour preuve, le mot-clic #malepolish (vernis pour hommes) est devenu viral en 2020. Ce n’est pas notre Jay Du Temple national qui dira le contraire. Mais nul besoin de faire partie du showbiz pour assumer un look plus fluide: «Lors du deuxième confinement, ma blonde – par ennui – a eu envie de me maquiller et de me faire une manucure. J’ai aimé ça! Maintenant, je porte régulièrement du vernis à ongles et je ne reçois que des compliments. En plus, mes enfants trouvent ça cool», confie Martin, un graphiste de 37 ans.

Des tapis rouges aux défilés  

Icônes drags, hétérosexuelles ou membres de la communauté LGBTQIA+ vont plus loin. Certains s’identifient au genre masculin, mais enfilent des pièces qu’on qualifie encore de typiquement féminines: robes, jupes, blouses transparentes ou foulards en soie. Parmi les adeptes célèbres d’une mode fluide, il y a eu David Bowie période Ziggy Stardust, et le basketteur Dennis Rodman dans les années 1990, mais les vedettes d’aujourd’hui ne sont pas en reste. La star du remake de Gossip Girl, Evan Mock, l’acteur Billy Porter et le rappeur Lil Nas X en sont de bons exemples. 

On pense également au créateur Marc Jacobs, qui ne quitte pas ses bottes à talons hauts et pour qui «vêtements et bijoux ne sont pas genrés au départ. Ils le sont devenus au fil du temps parce que certains pensaient différemment.» Et puis il y a Harry Styles, qui a posé en robe sur la couverture du numéro de décembre 2020 du magazine Vogue américain.

Vogue

Le chanteur et muse du créateur de Gucci, Alessandro Michele, est fan de colliers de perles nacrées et de looks griffés androgynes, tout comme l’artiste Pharrell Williams, proche collaborateur de Chanel, qui n’hésite pas à enfiler les vestes en tweed de la maison parisienne issues des collections Femme. Quant au rappeur Kid Cudi, il a choisi de porter une robe lors de l’émission Saturday Night Live, en avril dernier, pour souligner l’anniversaire de la mort de Kurt Cobain. Spécialement conçu par le designer Virgil Abloh, le vêtement rappelait les tenues florales dont le chanteur de Nirvana était fan. À l’époque, son allure fluide et éclatée avait d’ailleurs donné naissance au style grunge, très vite adopté par la jeunesse contestataire. 

Rappelons que la liberté vestimentaire d’aujourd’hui existe avant tout grâce à des membres de la communauté LGBTQIA+ qui ont pavé la voie pour que des stars cisgenres (c’est-à-dire dont l’identité de genre correspond au genre assigné à la naissance) et des hommes hétérosexuels puissent s’amuser avec la mode sans craindre les jugements... même si ces derniers persistent, alors que, comme le souligne le designer Demna Gvasalia, «ce ne sont que des vêtements». Pour l’automne-hiver 2021-2022 et le printemps prochain, Jacquemus, Courrèges, Prada, Etro et JW Anderson ont d’ailleurs fait la part belle aux crop tops, maillots de bain une-pièce, minishorts, épaules dénudées et imprimés joyeux, qui jettent de l’ombre sur les costumes-cravates.

La fluidité à l’ère d’Internet  

Au-delà des passerelles et des tapis rouges, c’est surtout sur les réseaux sociaux, TikTok et Instagram en tête, que le changement se fait sentir. En effet, des anonymes et des influenceurs changent la donne en encensant une mode fluide, sans tabou. L’influenceur @bryanboy, qui compte 1,4 million d’abonnés sur la première plateforme, accumule les sacs Hermès et pique sa garde-robe éclectique et griffée tant dans les collections masculines que féminines.

En jupe crayon et talons aiguilles, l’Américain Mark Bryan fait lui aussi sensation. Le sexagénaire, qui habite avec sa femme dans une petite ville d’Allemagne, immortalise ses looks peu communs sur son compte Instagram, suivi par plus de 589 000 abonnés. «Les vêtements et les chaussures ne devraient pas dicter le genre ou l’orientation sexuelle d’une personne», affirme cet ingénieur en robotique, qui se décrit lui-même comme étant un «homme cis et hétérosexuel, qui aime les Porsche, mais aussi les talons et les jupes, à porter quotidiennement». 

Après tout, l’important, c’est de se sentir bien dans nos vêtements, peu importe le rayon dans lequel on les a trouvés. La mode abandonnera-t-elle un jour les étiquettes genrées pour dévoiler sur les passerelles des collections universelles, qui font l’apologie d’un style «plurisexe» – la mode unisexe étant encore largement un copier-coller de la garde-robe masculine? Car plus qu’une tendance, cette fluidité est là pour rester!

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