Tout ce que vous devez savoir sur les piercings | Clin d'œil
/fashion/reportages

Tout ce que vous devez savoir sur les piercings

Art ancestral de la perforation, la pratique du piercing — qui ponctue le corps de façon singulière ou le balise de multiples points d’ancrage — prend une signification esthétique, contestataire ou sociétale selon les époques et les cultures. On perce les secrets de ce phénomène mondial.

Labret, monroe, medusa, venom... On pourrait croire qu’il s’agit de nouveaux noms des superhéros de la franchise Marvel, mais c’est bien de piercing qu’on parle. Les appellations changent selon l’emplacement de la perforation: sur l’oreille, la langue, la narine, la lèvre, le téton ou même le clitoris.

À quand remontent les premiers perçages de l’Histoire? Difficile à dire, mais des preuves de cette pratique datant de 45 000 ans avant notre ère ont été trouvées en Australie. Au néolithique, les Mursis d’Éthiopie ornaient quant à eux leur lèvre inférieure d’un disque d’argile, appelé dhébé, une pratique qui existe toujours au sein de cette communauté. On soupçonne même les hommes de Cro-Magnon de s’être adonnés à l’art du piercing: ce qui pourrait être une boucle d’oreille vieille de 14 000 ans a été découvert en France, mais la nature de l’objet reste encore à confirmer.

Percée symbolique 

Dans les années 2000, c’est le nombril qui prime! Il faut dire que la mode est aux hauts écourtés et aux pantalons à taille très basse, et le ventre en met plein la vue. En son centre, le piercing se fait bien voir, serti de cristaux de préférence, comme une virgule sur la peau qui brille de mille feux... Mais bien avant que Britney Spears, Paris Hilton, Lindsay Lohan, Beyoncé ou Keira Knightley ne revendiquent ce style sexy, les pharaons et leurs familles perforaient eux aussi cet endroit du corps!

Photo d'archives

Le piercing n’est alors pas le point culminant d’une liberté ostentatoire, comme ce sera le cas des millénaires plus tard, à l’ère des pop stars, mais un indicateur du statut social. La royauté se perce le nombril, tandis que les Égyptiens de haut rang ont droit aux boucles d’oreilles. Les centurions romains, eux, fixent plutôt des anneaux à leurs tétons pour représenter leur force et leur courage (bien avant que Kendall Jenner et Bella Hadid ne relancent la tendance, en 2015), tandis que les prêtres mayas perforent leur langue pour pouvoir communiquer avec les dieux.

WireImage

Et puis, au fil des siècles, d’Afrique en Océanie, le piercing s’invite dans différentes cultures pour devenir un accessoire symbolique ou un rite initiatique, des traditions qu’on retrouve encore aujourd’hui, notamment chez les Papous de Nouvelle-Guinée, les Masaïs du Kenya, les Kayapos du Brésil et les Dayaks de Bornéo, une île au large de l’Indonésie.

Une femme masaï

Getty Images

Une femme masaï

Beauté rebelle 

Pendant la Renaissance, en Europe, les boucles pendent aux oreilles des aristocrates. Henri III, roi de France, ne quitte d’ailleurs pas sa boucle d’oreille unique sertie d’une perle nacrée, tandis qu’au XVIIe siècle, les marins placent tout leur argent dans un anneau en or, sorte de compte bancaire qui leur permet d’un côté de se prémunir contre le vol et, de l’autre, de payer leurs funérailles à leur mort. C’est ce qu’on appelle faire d’une pierre deux coups!

Au début du XXe siècle et jusque dans les années 1960, les clips remplacent les oreilles percées, du moins dans les milieux bourgeois, où les filles de bonne famille – et de bonne réputation – privilégient une beauté ingénue et une peau vierge d’altérations. Mais le piercing prend sa revanche au cours des années 1970. En marge de la jeunesse hippie, qui prône l’amour et la paix, un autre mouvement contestataire et rebelle se met en marche au son des Clash et des Sex Pistols. Dans les milieux underground de Londres, à New York, les punks se bardent les joues et les oreilles d’épingles à nourrice pour bousculer les mœurs. À Los Angeles, le premier salon de piercing, The Gauntlet, ouvre en 1975. Il accueille des membres de la communauté gaie et des primitifs modernes, qui font l’éloge du BDSM et du fétichisme en modifiant leur corps à l’extrême. Dans les années 1980, le nez s’orne d’anneaux, du septum à la narine, rappelant des traditions présentes en Asie du Sud, de l’Inde au Pakistan. L’art du perçage finit par sortir de son carcan marginal... et s’invite même sur la passerelle du défilé printemps-été 1994 de Jean Paul Gaultier (l’appropriation culturelle est aussi au rendez-vous, mais le terme est encore loin de faire des vagues).

Getty Images

Bref, le piercing – vrai ou faux – est devenu, en Occident, un moyen d’expression comme un autre, au même titre que nos vêtements et nos tatouages. En 2021, anneaux et clous continuent de s’incruster sur nos oreilles, de l’hélix au lobe, mais une autre tendance pourrait bien lui faire de l’ombre! On a nommé le nombril percé, qui revient en force cette année... tout comme le pantalon à taille basse! Ça vous dit quelque chose? Les années 2000 sont de retour, mais en espérant que la casquette Von Dutch y soit restée!

Getty Images

• À lire aussi: Ce fameux piercing que tout le monde avait dans les années 2000 est de retour!

À VOIR : Behind the scene de notre numéro Rose, avec Mélanie Maynard et Rosalie Bonenfant  

s

Sur le même sujet

À lire aussi

Et encore plus