Le charme pas discret du tout de la monarchie | Clin d'œil
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Le charme pas discret du tout de la monarchie

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Du mariage arrangé entre Charles et Diana à l’entrevue d’Oprah avec Meghan et Harry, en passant par les fréquentations douteuses du Prince Andrew et les émissions spéciales consacrées au récent décès du prince Philip, les bonheurs et les déboires de la famille royale britannique ne cessent de nourrir la fascination d’un public accro à ce feuilleton qu’illustre parfaitement l’expression «la réalité dépasse la fiction». 

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Je l’avoue sans honte aucune, j’ai passé de nombreux étés, en vacances chez ma grand-mère, à dévorer ses magazines Point de vue, l’hebdomadaire consacré à «l’actualité des familles royales, du gotha et des people d’exception». Évidemment, pour la jeune fille que j’étais alors, découvrir les sombres secrets et les tourments d’êtres appartenant à un univers si étranger au mien était follement captivant. Je me rappelle encore la délectation avec laquelle je suivais les détails du divorce entre le prince Andrew et Sarah «Fergie» Ferguson, la rousse incendiaire tombée en disgrâce après avoir été photographiée par un paparazzi alors qu’elle se faisait croquer les orteils, seins nus sur le bord d’une piscine, par un multi millionnaire texan. Même Top modèles, Santa Barbara et Les feux de l’amour réunis ne pouvaient rivaliser avec une telle tension dramatique!

Avec le temps, je me suis cependant désintéressée des potins, et j’avoue être passablement étonnée de constater que la ferveur pour la monarchie, et plus particulièrement pour la famille britannique, semble prendre du galon depuis quelques années. Qu’est-ce qui peut bien expliquer cette passion qu’entretiennent des millions (voire des milliards, si l’on se fie au nombre de téléspectateurs les yeux rivés sur leur écran lors des noces du prince William et de Kate Middleton, en 2011) de «simples gens» pour une institution somme toute désuète et ses porteurs de titres?

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Il était une fois dans un lointain royaume 

Bien sûr, la plupart d’entre nous avons été bercés, dans notre enfance, par des contes mettant en vedette des monarques aux destins exceptionnels. D’Aurore, en proie au terrible sort de Maléfique qui la condamne au sommeil éternel, à Cendrillon, jeune héroïne maltraitée devenue princesse grâce à une pantoufle de vair, et Blanche-Neige, victime du complot de sa terrible belle-mère, la reine, qui désire l’assassiner, notre jeunesse s’est construite au fil des malheurs et rédemptions de princes et de princesses qui finissaient,dans la grande majorité des cas, par se marier et avoir de nombreux enfants, acclamés par une foule en délire qui semblait y voir l’espoir d’un avenir meilleur. Or, l’Histoire, la vraie, nous a plutôt habitués aux caprices de ces personnes «bien nées» qui, pour un bout de terre supplémentaire, étaient prêtes à tout, notamment à envoyer leurs populations s’entretuer. Pour le conte de fées, on repassera!

Certes, nos sociétés modernes se sont bâties sur des révolutions et sur la destruction de nombreux privilèges transmis à la naissance, sans égard au mérite, mais une part de nous, pauvres roturiers, demeure émerveillée par les destinées extraordinaires des souverains contemporains. Je me souviens de la stupéfaction de ma fille, alors âgée de six ans, lorsqu’elle a appris qu’une vraie reine régnait encore sur l’Angleterre et qu’elle habitait un véritable palais.

Il y a sans doute quelque chose de cela dans notre envoûtement collectif: le fantasme d’une vie extravagante, faite de luxe, d’unions et de trahisons, et qui transcende nos propres existences plutôt ternes en comparaison. «J’ai une fascination un peu enfantine pour les symboles de la monarchie. Les révérences, la manière de nommer les aristocrates, les tiares et les bijoux, toute la patente... Je trouve ça tout simplement beau», m’écrit Ianik, un ami économiste dont je n’aurais jamais pu deviner l’engouement pour la royauté s’il ne s’était pas manifesté au détour d’une discussion au sujet de la populaire série The Crown, qui couvre la vie d’Elizabeth II (à son plus grand déplaisir, si l’on en croit la rumeur).

Photo courtoisie, Netflix

Qu’ils mangent de la brioche

Ce système politique archaïque, fondé sur l’héritage, sur ces rois et reines nés pour gouverner, renforce également l’idée que le pouvoir, loin d’être accessible à tous, n’appartient qu’à quelques happy few. Cela nourrit chez certains un profond sentiment d’injustice et d’inégalité. Si les détracteurs ne peuvent s’attaquer à une tradition plusieurs fois millénaire, ils peuvent cependant se régaler des malheurs et des drames vécus par les représentants d’une autorité qu’ils méprisent. En 2021, on ne coupe pas la tête des monarques comme en 1789, mais on se la paie bien souvent avec délice! Les tabloïds en font leur spécialité et parviennent à tirer leur épingle du jeu financier, à une époque où le journalisme papier traverse pourtant une crise. «Je l’avoue, il m’arrive d’acheter des revues à potins quand la couverture annonce un scandale princier, me confie mon amie Véronique. Je sais que c’est ridicule, ça ne correspond pas à mes valeurs, mais je ne peux m’empêcher d’y voir un certain revers de la médaille, et cela me rassure.» Ce réconfort offert par le retour du balancier vaut pour elle, et pour des milliers d’autres lecteurs, une légère honte au moment de passer à la caisse. 

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Ianik, lui, ne mange pas de ce pain-là: «Bien sûr, je me tiens au courant de ce qui se passe dans le merveilleux monde de MA famille royale, mais jamais dans le but de la ridiculiser. Je me dis souvent qu’Elizabeth a dû se faire consoler de ses terreurs nocturnes, comme nous tous, enfants.» Je ne peux quand même pas lui reprocher sa grandeur d’âme, même si je ne la partage pas...

La relation que nous entretenons avec la monarchie en dit bien plus sur nous que sur ses représentants. Qu’on l’adule (parfois en secret) ou qu’on se moque de ses échecs et de ses embarras, elle laisse peu d’indifférents chez les humbles vassaux que nous sommes, nombreux à désirer entrevoir, derrière la fumée d’apparat qui l’entoure, un instant d’authenticité, un aperçu de son humanité. Pour le reste, il y a toujours les contes de notre enfance et les films de Disney...

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