Jean-Sébastien Girard est un pro des vieux téléromans (et du Temps d’une paix en particulier) | Clin d'œil
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Jean-Sébastien Girard est un pro des vieux téléromans (et du Temps d’une paix en particulier)

Image principale de l'article Jean-Sébastien Girard, un pro des vieux téléromans
Courtoisie

J’avais huit ans quand Noëlla s’est fait attaquer dans la grange de Rose-Anna. Je ne m’en suis jamais remis. Et je suis parcouru d’un frisson quand je réécoute cet épisode du Temps d’une paix. Je l‘avoue: je me retape régulièrement les 135 épisodes de ce téléroman des années 80 qui raconte les bouleversements sociaux post-première Guerre mondiale, dans la région de La Malbaie.

J’aime tout du Temps d’une paix. La richesse des textes de Pierre Gauvreau, la couleur de la parlure («Pis, mon homme, avez-vous ben jeunessé?»), les acteurs, les paysages et le regard juste sur une portion d’histoire que je n’ai pas vécue.

Photo courtoisie, Radio-Canada

J’y ai tellement appris de choses sur le Québec! La vie à la campagne, les déserteurs, la religion, la prohibition, le mariage obligé, la grippe espagnole («On vivra jamais ça, une affaire comme ça, han maman?» «Ben non, c’est des affaires de l’ancien temps, ça, mon grand!»), les suffragettes, les bordels, l’arrivée du cinéma parlant et des aéroplanes, la disgrâce du divorce et le bon Dieu qui peut fermer les yeux quand Rose-Anna et Joseph-Arthur batifolent dans le champ de framboises...

Un jour, je suis allé visiter les lieux de tournage. J’ai vu la maison de Rose-Anna, la bécosse et même la grange où Noëlla a été attaquée (j’hyperventilais!). Quel choc quand j’ai constaté que la maison était vide! QUOI? La cuisine de Rose-Anna est dans un sous-sol du boulevard Dorchester? Baratte à beurre! C’est violent, la perte de ses illusions!

Parmi mes souvenirs les plus précieux, à côté des livres de Proust et autres titres sérieux que j’ai jamais lus, trône le coffret complet (27 DVD tellement vintage!) de la série, dédicacé par nulle autre que Nicole Leblanc (Rose-Anna elle-même!). Cette même grande dame qui m’a envoyé une vidéo de bonne fête pour mes 40 ans sans même me connaître! Ça non plus, je m’en remettrai jamais.

Enfant de la télé

Je suis un enfant de la télé. Trop jeune, je me passionnais pour les téléromans qui s’adressaient franchement plus à ma mère qu’à moi... J’étais abonné au TV Hebdo ET au Spécial téléromans. À l’école, je cherchais des amis à qui parler de l’émotion terrible vécue en voyant le mari d’Andrée Boucher la battre dans Des dames de coeur ou Angèle Coutu débouler l’escalier ben saoule dans L’or du temps.

Photo d'archives

Mon père voulait m’amener voir les Expos; moi, je voulais vivre le grand amour de Marisol et Luis de Cespedes! J’aimais me faire raconter des histoires et, grâce à la télé, j’avais accès à un tout autre monde. Je continue de fréquenter ces téléromans, vestiges d’une époque où nous ne savions rien de ce qui allait nous arriver! C’est rassurant. Le rire coquin de mémère Bouchard, la bienveillance de la famille Jacquemin, l’amour profond de Marie-Rose pour Hector... Ces personnages surannés presque oubliés, c’est un peu ma famille.

Photo : © TVA

Je vous entends me dire que ça doit avoir vieilli. Ma mère aussi a vieilli et je ne l’aime pas moins. Elle demeure aussi irrésistible, aussi attachante, la vieille télé! Ma mère aussi... Le décor, le rythme et certains propos sont démodés. Parfois même subversifs! Pis? Ça me fait sourire, et ça témoigne de l’évolution des mentalités... et de la télé. Allez, lâchez La Servante écarlate et Bridgerton, et allez trouver du réconfort dans les vieux téléromans! Regardez le premier épisode du Temps d’une paix. Vous allez voir, c’est une série dépareillée en bout de ciarge de bout de ciarge!

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