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Laurence-Anne, en pleine dualité

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«Une lettre d'amour sonore envoyée en correspondance secrète ou ce qui jouerait dans un party au château de Dracula», résume Laurence-Anne lorsque je lui demande de me décrire Musivision. Après Première apparition (2019), qui s'est frayé un chemin jusqu'à la longue liste du prix de musique Polaris, et l'excellent EP Accident (2020), Laurence-Anne a exploré les moindres recoins de son imaginaire pour nous livrer ce deuxième album éclaté.

Entre pop, disco, funk, dance, rock, élans expérimentaux et j’en passe, on remarque d’emblée une grande dualité dans l’album. Était-ce volontaire? 

Ça s’est fait de manière très naturelle! Durant l’écriture et la composi- tion, j’ai vite remarqué que deux vibes se croisaient et se rejoignaient. D’abord un côté plus intime, autant par rapport aux paroles qu’aux arrangements. Je pense notamment à «Indigo», «Quelques lunes»... On dirait des textes destinés à un amant mystérieux. Puis il y a aussi un côté très dance, très four-on-the-floor! (rires)

Un dance floor un peu inquiétant toutefois, comme sur «Soleil de cauchemar», «Tempête»... 

Exact! C’est drôle, parce que j’ai écrit toutes les chansons en une semaine, en retraite à Marsoui, en Gaspésie, après un voyage en solo en Jordanie. J’avais presque terminé quand la pandé- mie a commencé à tourner au vinaigre. C’est vraiment en studio que les chansons ont pris une teinte plus dark, sans que ce soit nécessairement prévu. Les pièces instrumen- tales ajoutent beaucoup à cette ambiance! «Pajaros» est la seule chanson qui aborde un peu la crise, en évoquant le cauchemar de rester enfermé à la maison. 

Tu y chantes d'ailleurs en espagnol, et tu pousses aussi la note en anglais sur Strange Feeling... Qu’est-ce qui t'a donné envie d’aller dans cette direction? 

Quand j’avais 17 ans, j’ai habité au Mexique pendant un an. J’ai rapidement appris à parler espagnol, et je me suis fait des amis qui soutiennent énormément ma carrière musi- cale. J’avais envie d’écrire une chanson qu’ils pourraient comprendre! (rires) C’est aussi une langue très poétique, qui donne une autre couleur à ma voix. Tout comme l’anglais! J’ai également habité un moment dans l’Ouest canadien. Musivision est un peu un mélange de ma vie, de mes petits voyages ici et là... Je pense que la langue peut même devenir un instrument! 

Et une ouverture sur plein de possibilités... 

Je le crois aussi. Il semble y avoir un intérêt pour les bands francos aux États-Unis, comme Corridor. On a fait du développement en France, mais on l’a mis sur pause à cause de la pandémie. On verra! Je ne m’im- pose aucune limite en création. Je ne me suis d’ailleurs pas mis de pression pour le deuxième album. Même si la sortie de Première apparition s’est bien déroulée, ça n’a pas joint un très grand public. Honnêtement, je ne réfléchis à personne en écrivant... Je sais que les gens qui attendent Musivision ont de bonnes chances de l’ai- mer. Et ça me convient très bien comme ça! (rires)

Musivision, de Laurence-Anne, arrivera chez Bonsound le 23 avril.     

Écoutez les chansons qui habitent Laurence-Anne en ce moment:     

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