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Le tatouage, en constante évolution

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Plus ça change, plus c’est pareil; des siècles plus tard, on utilise toujours le tatouage pour affirmer notre identité, afficher notre appartenance à un groupe ou tout simplement décorer notre corps. À la différence que la technologie nous permet désormais de changer d’idée. On explore le tatouage... et le détatouage.

C’était au début des années 2000; les célébrités comme Megan Fox, Angelina Jolie et David Beckham se pavanaient avec leurs tatouages sur les tapis rouges et les couvertures de magazine, forçant un nouveau regard sur cette pratique encore lourde de préjugés dans la société. 

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Aujourd’hui, les Rihanna, Scarlett Johansson et autres Justin Bieber de ce monde ne sont plus les seuls à exhiber leurs ornements corporels.

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 Il n’est plus rare de repérer un tatouage sur le bras d’un médecin sur la cheville d’un professeur ou même sur l’épaule de notre propre mère. «La démocratisation du tatouage vient indéniablement des médias et des réseaux sociaux», affirme Rosalie Mercure, artiste tatoueuse et propriétaire du Repère aux Loups, à Montréal, le premier studio de tatouage consacré au «stick and poke» (tatouage point par point) au Canada.

«Ça normalise le phénomène d’en voir sur nos idoles et les gens qu’on côtoie. Ce n’est plus associé au crime, mais à l’art. Et ça permet d’accéder à un vaste choix d’artistes; les gens qui ont un style particulier en tête peuvent trouver un tatoueur spécialisé dans cette esthétique, et d’autres – qui n’auraient pas pensé se faire tatouer – tombent sur des portfolios qui les séduisent.

Ses détracteurs qualifient encore cette pratique de mode passagère. Pourtant, on a trouvé des momies de l’Égypte ancienne arborant des tatouages sur les bras, les épaules et l’abdomen. Les tatouages ne sont pas à l’abri des tendances pour autant! En ce moment, on observe un essor des motifs reliés à la botanique, dont une forte demande pour les fleurs et les plantes, ainsi que les félins, comme les tigres, les lions et les panthères. 

«L’enthousiasme prononcé pour l’astrologie se fait également sentir avec des thèmes comme le zodiaque, la lune, les astres et le soleil, affirme Epithumia Rose, artiste tatoueuse au Studio Les fleurs du mal, à Montréal. Sans compter le retour des années 90, avec la réinterprétation du tribal et des tatouages dans le bas du dos. Je n’ai jamais autant tatoué de papillons!»

LES DIFFÉRENTES TECHNIQUES

La méthode de tatouage la plus connue est celle qui utilise une machine à moteur rotatif pour percer la peau à une vitesse si rapide qu’on ne peut percevoir le mouvement de l’aiguille. Mis au point au début des années 1900, cet engin a contribué à la commercialisation du tatouage. «C’est la technique qui se prête le mieux à la taille et à la complexité des pièces que j’aime faire, dit Epithumia Rose. Je la conseille aussi pour des motifs comprenant des lignes larges, beaucoup d’ombrage et du noir massif et opaque, souvent choisis pour couvrir un premier tatouage. Dans ces cas-là, le moteur de la machine fait toute la différence.»

Et depuis une dizaine d’années, on observe un regain de popularité du stick and poke (ou hand poke), la méthode de tatouage originelle. Les artistes professionnels travaillent fort pour redorer l’image de cette façon de faire longtemps marginalisée en raison de la simplicité du matériel requis. «Les gens sont encore réticents, parce qu’ils pensent aux tatouages moches réalisés dans un party, ou même en prison, sans aucune mesure sanitaire, dit Rosalie Mercure. Employer l’aiguille comme un crayon pour déposer l’encre point par point offre pourtant un meilleur contrôle, qui se traduit par des lignes impeccables.»

Parce qu’elle ne déchire pas la peau, comme c’est le cas de la machine, cette méthode fait moins mal, cause peu d’enflure et offre une guérison rapide. «Pour une zone très sensible comme la main, la douleur se dissipe en quelques heures, poursuit Rosalie. Elle ne produit aucun bruit ni vibration, ce qui est beaucoup moins agressant pour le client.» Elle présente toutefois un inconvénient majeur: le processus est beaucoup plus long, ce qui n’en fait pas la méthode idéale pour des dessins de grande taille. On peut se faire tatouer le dos ou le bras au complet si l’on y tient, mais on devra compter plusieurs séances et un coût significativement plus élevé.

PERMANENT... OU P

RESQUE

On regrette des coupes de cheveux, des cuites et certaines fréquentations... Il est donc normal qu’on regrette parfois nos tatouages. La technologie permet aujourd’hui d’effacer ces ornements, autrefois permanents, qui ont été ratés, choisis sur un coup de tête ou qui nous rappellent une période de notre vie qu’on préfère oublier. «Le laser est la technologie la plus fiable et sécuritaire à ce jour, explique Julien Poissant, un des propriétaires du studio Détatouage SKN, à Montréal. L’énergie transmise par des impulsions aux picosecondes vient fragmenter l’encre du tatouage en microparticules, qui sont ensuite éliminées par le système lymphatique. Le laser peut être utilisé sur tous les types de peau et cibler toutes les couleurs, mais c’est l’encre noire qui s’élimine le plus facilement. » Une séance est assez rapide. Si la majorité des tatouages sont traités en moins de cinq minutes, une pièce de plus grande taille peut nécessiter jusqu’à trente minutes. Quand la douleur est trop intense, on a toujours l’option d’appliquer une crème anesthésiante avant de se présenter à notre rendez-vous. Après chaque séance, la peau prend de une à trois semaines à guérir complètement, selon la quantité d’encre à effacer.

Si la tendance se maintient, les nouveaux venus, comme Détatouage SKN, promettent de rendre la frontière entre le tatouage et le détatouage de plus en plus floue. «Ça fait partie de notre identité; au lieu de l’ambiance très stérile et froide d’une clinique médicale, on offre une expérience décontractée, à l’image d’un studio de tatouage et de la relation de nos clients avec leur tatoueur», ajoute Julien Poissant. Le studio propose des évaluations gratuites sur place (sur rendez-vous) ou par courriel, Instagram et Facebook.

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