Contes de femmes, avec Lara Fabian | Clin d'œil
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Contes de femmes, avec Lara Fabian

Par un lundi après-midi froid, à l’aube d’un congé des Fêtes out sauf doux pour nos coeurs glacés par la pandémie, Lara Fabian et moi on s’est laissé bercer par notre passion commune : on a parlé d’amour.

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photos Leda & St.Jacques, stylisme Patrick Vimbor, direction mode Anthony Mitropoulos, direction artistique Elsa Rigaldies

Ensemble, on s’est raconté nos contes de fées, qu’on a rebaptisés nos «contes de femmes». Je la rencontre, pull crème sur le dos, alors qu’elle s’apprête à remplir le rôle de directrice de la toute nouvelle cohorte de Star Académie.

C’est sa voix mythique qui donne d’abord le ton à cette discussion, une voix qui invite à la confidence, à la douceur, à la vérité qui fait du bien. On s’apprivoise calmement; je ne la connais pas beaucoup, seulement de réputation et par le documentaire diffusé récemment sur Club illico, Lara. J’en ai appris sur les aléas de son cœur, tantôt rougi par la gloire, les spectacles, tantôt par les rencontres, la famille; j’en ai appris sur son talent inné, son aura de star, parfois fracassés par le regard qu’elle pose sur elle-même. Un regard dur, exigeant, quelquefois trop. Fracassés aussi par des déceptions professionnelles et personnelles. Mais ce qui m’intéresse encore plus, là, maintenant, alors que j’ai la chance de l’avoir en chair et en os en face de moi, à deux mètres et quelques poussières, c’est justement d’en apprendre plus sur la Lara de là, maintenant.

photos Leda & St.Jacques, stylisme Patrick Vimbor, direction mode Anthony Mitropoulos, direction artistique Elsa Rigaldies

Trois kiwis dans un Tupperware 

Il existe une fascination pour l’intimité des grandes femmes de la sphère publique, celles qui brillent sous les projecteurs depuis longtemps. Les scandales romantiques ont toujours été à la mode, ceux des femmes, tout particulièrement. Alors rapidement, quand on s’imagine la vie amoureuse d’une Lara Fabian, on se prend au jeu, on imagine de grands gestes romantiques, des cadeaux étincelants ou démesurés, des histoires déchirantes. C’est un réflexe. Mais quand elle me parle de ce qu’est l’amour, le vrai, pour elle, c’est tellement plus simple, plus brut... Plus grandiose, en fait.

Pour Lara, l’amour, c’est trois kiwis dans un Tupperware. Simple comme ça. Elle me raconte, les yeux pleins d’étoiles, qu’elle est une femme pressée. Souvent, le matin, elle oublie de déjeuner avant de sauter dans sa voiture. Elle n’y pense même pas, plutôt concentrée sur ce qui l’attend au bout de la route, sur la dernière brassée qui finit de sécher, sur son ado qui grandit vite, sur sa liste de choses à faire. Des pensées de bosseuse, de femme d’affaires, de mère aimante. Alors, quand elle s'installe dans sa voiture, elle tombe sur de l’amour pur. Gabriel, son mari depuis presque 10 ans maintenant, a pensé à tout; un café, un kombucha (à sa saveur préférée) et trois kiwis dans un Tupperware. Avec une serviette et des ustensiles. Des douceurs pour la route, pour continuer de briller à son maximum.

photos Leda & St.Jacques, stylisme Patrick Vimbor, direction mode Anthony Mitropoulos, direction artistique Elsa Rigaldies

Pour Lara et Gabriel, «l’amour doit être un état de paix et le romantisme, un geste d’amour concret». Cette paix s’entretient comme un jardin en fleurs: fragile et résilient, capricieux mais salvateur. Elle sourit en me racontant qu’avec lui, elle peut retomber amoureuse à chaque seconde.

«Tu sais, ce laps de temps d’une milliseconde où ton cerveau n’est pas forcément aligné avec ta pensée, ce phénomène qui crée la sensation de déjà-vu... Ça m’arrive parfois avec Gabriel; il entre dans une pièce et l’espace d’une seconde, je ne réalise pas que c’est lui. Je vois celui qui, pour moi, est le plus bel homme sur terre, sans me rendre compte qu’en fait, c’est mon mari.»

Frissons. Elle rougit. En fait, chaque fois qu’elle prononce le prénom de Gabriel, ses yeux réagissent et s’embrouillent d’une lumière différente. C’est aussi ça, l’amour fou; tout se passe dans le regard. Elle termine sa réflexion ainsi: «L’amour est le cinquième élément, celui qui a véritablement le pouvoir de nous faire atteindre des choses qu’on n’imaginait même pas.»

Je t’aime 

Depuis qu’elle vit cette grande histoire avec son Gabriel, elle admet chanter différemment. Elle crée maintenant dans un état qui s’éloigne complètement de celui de la survie. Elle a appris à modifier l’expression de ce qu’elle est en insufflant à son chant plus de sérénité et de certitude, en se délivrant enfin de cette impression que son art est un mous- queton de sécurité.

Il fallait inévitablement parler de sa fameuse chanson «Je t’aime» qui résonne dans les cages thoraciques des plus grands amants. Un cri puissant qui scande douleur et déchirement dès les premiers mots:

«D’accord, il existait 
D’autres façons de se quitter Quelques éclats de verre Auraient peut-être pu nous aider Dans ce silence amer 
J’ai décidé de pardonner 
Les erreurs qu’on peut faire 
À trop s’aimer» 

Elle se questionne sur les échos d’une chanson-tourmente: «On pense toujours qu’une grande chanson d’amour issue des pires douleurs sera infiniment plus puissante qu’une chanson qui parle d’un état de paix absolue. Ce n’est pas faux, mais je dirais qu’à long terme, ce qui restera, c’est ce qui a fait de nous des gens plus heureux plutôt que le contraire.»

photos Leda & St.Jacques, stylisme Patrick Vimbor, direction mode Anthony Mitropoulos, direction artistique Elsa Rigaldies

Lara, deuxième partie 

Inévitablement, puisqu’on parle de sentiments complexes, on évoque l’amour qu’elle se porte, la tendresse d’elle à elle. Là, c’est moins fluide. Elle pèse ses mots, cherche, hésite, se retient presque. C’est difficile de parler d’amour-propre, mais c’est tellement libérateur. Je lui demande comment elle fait, au quotidien, pour appliquer toute cette paix et cette douceur à la femme qu’elle est. Un silence de quelques longues secondes s’installe entre nous deux. Elle prend le temps d’y réfléchir sérieusement. On ne sent plus qu’elle est dans une entrevue, elle y pense pour elle; c’est beau à voir.

Elle commence par me répondre: «Oh wow, grande question!» Elle sourit encore, le regard ailleurs, loin dans sa tête. Elle ajoute: «Ça, c’est vraiment un joli débat.» Elle rit doucement. Pas mal à l’aise, juste consciente qu’elle doit encore y réfléchir un peu, beaucoup, passionnément. Puis elle avoue enfin: «L’amour-propre, c’est la deuxième partie de ma vie. Je me cicatrise et je guéris à travers l’amour que Gabriel me porte; j’arrive à me rassurer... J’ose parfois me regarder à travers son regard amoureux et là, je vois quelqu’un...» Elle s’arrête, comme prise d’un vertige. Elle peine à poursuivre, elle confie même avoir de la difficulté à prononcer ces mots. Un autre silence s’installe, elle emmagasine peut-être de la force pour assumer sa conclusion, se permettre de s’en émerveiller même. Elle lance: «Je vois quelqu’un de beau... Mais c’est encore difficile de me voir comme il me voit.»

photos Leda & St.Jacques, stylisme Patrick Vimbor, direction mode Anthony Mitropoulos, direction artistique Elsa Rigaldies

Cette confidence est immensément belle, vraie, douce-amère. Parce que je me rends compte que même follement amoureux, on peine à croire qu’on mérite autant de paix. Et là, maintenant, seule dans une pièce un peu trop froide pour un sujet aussi bouillant, on constate ensemble, sans se juger, entre femmes aux contes d’amour multiples, que l’amour-propre est le travail d’une vie, qu’on ait 30 ou 50 ans...

Ou qu’on ait tout juste 13 ans, comme sa fille Lou, qu’elle surnomme, justement, «amour». Ce lien mère-fille qu’elle chérit au quotidien la rend soudainement très émue. Elle confie, admirative: «Elle est 100 fois plus belle que sa mère, 100 fois plus fine que sa mère... Mais c’est une adolescente qui a besoin de sauver les gens qu’elle côtoie. Et ça, c’est la puissance de la génétique!» Puisque ado, Lara était pareille, pareille. Et ça, ça peut donner le vertige: se reconnaître dans le plus beau et le plus fragile, à travers son enfant. Mais elle se rassure en constatant que son «amour» a encore plus de guts qu’elle en avait à son âge. Elle voit, en sa fille, que dans sa volonté de ne pas décevoir réside une envie encore plus forte de ne pas se décevoir elle-même, et ça, c’est réconfortant et magnifique à la fois pour une maman.

photos Leda & St.Jacques, stylisme Patrick Vimbor, direction mode Anthony Mitropoulos, direction artistique Elsa Rigaldies

On doit conclure, parce que le temps file. On se remercie cinq fois chacune pour cette chaleur enveloppante qui découle de nos confidences. Je crois d’abord qu’on a tout dit sur l’amour, mais non. Elle veut me poser une question. C’est à son tour. «C’est quoi, toi, ton plus grand rêve d’amour?» Tout de suite, je pense à ce jardin évoqué plus tôt. J’aime cette image, mais elle ne m’est pas encore tout à fait familière. Les amours que j’ai vécues n’ont jamais duré assez longtemps pour s’enraciner, puis fleurir. Alors je lui réponds que mon rêve serait de ne pas abandonner si, un jour, je sens que je dois prendre soin de mes récoltes pour goûter à l’amour qui dure, qui grandit, qui se cultive. Elle me confie ensuite le sien, comme un cadeau d’au revoir: «Je voudrais devenir de plus en plus sereine, de plus en plus rassurée sur le fait que j’ai vraiment tout ce qu’il faut pour que ça dure; ne jamais laisser ma peur et le désamour prendre le dessus sur mes sentiments ou contrôler mon train d’amour.

photos Leda & St.Jacques, stylisme Patrick Vimbor, direction mode Anthony Mitropoulos, direction artistique Elsa Rigaldies

Lara Fabian est bel et bien dans un train d’amour. Elle se conduit, d’elle à elle, d’elle à Gabriel, d’elle à sa fille, d’elle à son art. De main de maître, le cœur rouge vif, sa voix comme une alliée éternelle, elle aime à vive allure.

Voyez les dessous de notre shoot avec la fabuleuse Lara dans la vidéo ci-dessous : 

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