Marie-Eve Janvier jase de carrière, stress et amour avec Katherine Levac | Clin d'œil
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Marie-Eve Janvier jase de carrière, stress et amour avec Katherine Levac

Image principale de l'article Marie-Eve Janvier lâche prise
photos Leda & St.Jacques stylisme Tatiana Cinquino | direction mode Anthony Mitropoulos direction artistique Elsa Rigaldies

Chanteuse, animatrice, maman : Marie-Eve gère ces rôle comme autant de défis excitants à relever. Cet automne, elle sera à la barre d’une nouvelle émission, À tour de rôle, diffusée à TVA. Par ailleurs une page vient d’être tournée sur huit ans passés à accompagner les candidats de L’amour est dans le pré.

photos Leda & St.Jacques stylisme Tatiana Cinquino | direction mode Anthony Mitropoulos direction artistique Elsa Rigaldies

Alors qui de mieux placé que celle qui reprendra le flambeau, l’humoriste Katherine Levac, pour jaser carrière, stress, et amour avec Marie-Eve?

Katherine: Allô!

Marie-Eve: Allô! Ça va? Bien, et toi?

Ça va, oui, merci! Je suis vraiment contente de te parler, mais c’est la première fois qu’on me demande de faire ça, poser des questions. Je me sens un peu comme si je devais faire un devoir d’école.

T’inquiète pas, je suis certaine que ça va bien aller! (Rires) 

Quand je te vois à la télé ou sur Instagram, t’es toujours un modèle de perfection. T’es genre la sure shot, je te trouve «be trustable». T’as ce feeling à propos de toi ou pas pantoute?

Oui, je pense que je suis cette personne «trustable», et j’aime ça, parce qu’être loyale, c’est pas mal l’une des plus belles qualités qu’on puisse avoir dans la vie. Mes parents m’ont élevée en me donnant toujours l’heure juste. Je fais pareil en amitié et au travail. Je préfère me faire dire une vérité qui fait mal plutôt qu’un mensonge qui enjolive la réalité, parce que ça fait avancer plus vite dans la vie. MAIS je reste une fille sensible, et j’aime qu’on puisse compter sur moi. Si quelqu’un que j’aime m’appelle pour un service, je suis celle qui va annuler tous ses plans pour être là. C’est bien, mais en même temps, tu t’oublies parfois un peu là-dedans. En tout cas, je n’ai jamais mené ma carrière dans le but de devenir un modèle, même que je ne me trouve pas si inspirante que ça. J’essaie juste d’être motivante et divertissante, en mettant mes problèmes de côté pour alléger la vie des autres.

On sent que tu as une bonne écoute, ça se fake pas! Et c’est ce qui fait que les gens se confient à toi, j’imagine?

Oui! Mon chum et moi avons souvent été le couple thérapeute de nos amis. (Rires) Tsé, un souper où la chicane pogne et tu te retrouves à jouer un peu les médiateurs? On a souvent endossé ce rôle.

As-tu su très tôt que tu voulais faire ce métier? Est-ce que ta famille croyait en toi? Comme moi, tu viens d’une petite ville. C’est parfois un peu malaisant dans les soupers quand tu dis que tu veux être chanteuse plus tard. T’as vécu ça?

Pas tant. J’ai grandi en chantant, notamment dans la chorale menée par ma mère, alors quand j’ai dit à mes parents que je ne m’inscrirais pas au cégep pour pouvoir poursuivre dans le chant, c’était quasi normal. Ils ont été super encourageants. Aujourd’hui, je réalise tous les sacrifices qu’ils ont faits. Si ma fille m’annonçait, à 14 ans: «Je pars en tournée pour une comédie musicale», je lui dirais: «Hey fille, pas sûre!» 

photos Leda & St.Jacques stylisme Tatiana Cinquino | direction mode Anthony Mitropoulos direction artistique Elsa Rigaldies

As-tu eu l’impression d’avoir commencé à travailler trop jeune?

Non, j’ai toujours été bien dans un monde d’adultes. Quand mes mononcles et matantes veillaient tard pour jouer aux cartes, j’étais celle qui restait debout, accotée sur le bord de la table, à jaser. Je me sentais à ma place dans cet univers où tout allait un peu plus vite. J’étais une première de classe, j’aimais que ça roule. Par contre, je me mettais beaucoup de pression. Au secondaire, je faisais des migraines à trop vouloir exceller! D’ailleurs, je sens que ma fille a ça en elle aussi...

Es-tu encore comme ça aujourd’hui?

Moins, heureusement! Après certains évènements et de vrais épuisements, j’ai fini par apprendre à m’écouter. Je relativise mieux, mais tsé, j’aime avoir de la broue dans le toupet! Je continue de me dire que je me reposerai plus tard! Cela dit, depuis que Léa est née, j’apprends à lâcher prise. Pour la nouvelle émission que je vais animer, À tour de rôles, je vais «leader» un gros plateau pour la première fois de ma vie et, curieusement, je n’ai pas le syndrome de l’imposteur. Je suis nerveuse uniquement parce que j’ai hâte d’y être. Je vais avoir du fun et je sais que ça va bien se passer. Avant, jamais je n’aurais osé dire ça!

photos Leda & St.Jacques stylisme Tatiana Cinquino | direction mode Anthony Mitropoulos direction artistique Elsa Rigaldies

Tu as fait beaucoup de tournées dans ta carrière. As-tu aimé ça?

Vraiment! Le debrief dans la chambre d’hôtel après les spectacles; la rencontre le lendemain matin, en allant te chercher un McMuffin, avec un spectateur de la veille qui te donne concrètement l’impression d’être entrée un peu dans sa vie; l’énergie et l’odeur de chaque salle quand tu débarques dans une nouvelle ville, les voyages... Ce sont de très belles années. Et puis ça nous a tenus, avec mon chum [Jean-François Breau]. Nos plus beaux moments professionnels ont souvent coïncidé avec nos moments plus fragiles en tant que couple. Peut-être que si on avait fait une autre job que celle-là, on se serait laissés. Sauf que là, on avait un show à faire [Notre-Dame de Paris]. Ça nous a sauvés dans des moments plus difficiles.

Et le fait que tu sois à la barre d’un nouveau show me permet d’animer L’amour est dans le pré! Tout le monde est content! (Rires)

Exactement! (Rires)

photos Leda & St.Jacques stylisme Tatiana Cinquino | direction mode Anthony Mitropoulos direction artistique Elsa Rigaldies

D’ailleurs, quels sont mes défis? As-tu des conseils pour que je prenne bien la relève? Dis-moi tout!

Le show est connu, mais je comprends le stress que tu peux ressentir. Je trouve que t’as du guts. Il faut juste que tu respectes qui tu es. N’essaie pas de rentrer dans le moule que j’ai créé, il est parti avec moi. Fais ton truc à toi! Et tu sais quoi? Tu as un gros avantage sur moi! Tu sais déjà tout ce qui peut arriver dans une ferme. J’ai dû apprendre à endosser le rôle de la fille qui défend les valeurs agricoles, alors que toi tu as vécu dans ce milieu. C’est inné. T’as déjà les skills pour te déplacer dans ce cadre-là, avec des réflexes que je n’avais pas au début. Et puis de toute façon, l’émission repose moins sur l’animatrice que sur les candidats. 

On accompagne des gens, il faut les laisser vivre. Tu as lancé et animé l’émission pendant huit ans. As-tu l’impression que l’amour et la séduction ont changé pendant cette période?

Pas tant que ça. La première année était spéciale, parce que les candidats embarquaient dans quelque chose d’inconnu. En fin de compte, chacun suit son chemin. Aujourd’hui, le plus difficile, selon moi, ce sont les réseaux sociaux, qui n’étaient pas si présents au début. Là, il faut «dealer» avec ça. Mais le show va bien au-delà de la création de couples: certains développements aident à faire évoluer les mentalités. J’avais peur, la premièr année, que les agriculteurs n’aiment pas l’émission... Leur appréciation m’a beaucoup soulagée.

photos Leda & St.Jacques stylisme Tatiana Cinquino | direction mode Anthony Mitropoulos direction artistique Elsa Rigaldies

Les gens sont fiers. Mission accomplie! En terminant, j’aimerais t’entendre sur tout ce qui se passe en ce moment... Ça se peut, continuer de travailler, de s’accomplir et de se sentir épanouie en tant que mère dans le contexte actuel?

Nous, les femmes, sommes en train de nous placer pour bien enligner nos filles. Avec la vague de dénonciations – et même si je n’ai jamais vécu quelque chose qui me pousse à porter plainte –, je réalise que j’ai subi ma dose de gestes ou de commentaires déplacés. Le sexisme, la misogynie, le boy’s club: je suis écoeurée de tout ça. Je sais maintenant qu’il y a des situations dans lesquelles je n’ai rien dit alors que j’aurais dû. Mon devoir de maman, c’est de montrer à ma fille comment réagir dans une situation qui la rend mal à l’aise. Je ne parlais pas de ça avec mes parents, il me semble. T’apprenais sur le tas, quand ça se passait.

Tu arrives à trouver les bons mots pour en parler avec ta fille?

Je ne ressens aucun malaise avec elle, même si elle n’a encore que quatre ans. J’utilise les vrais mots, je réponds à toutes ses questions. On vit un moment important qui, je l’espère, aidera à désamorcer certains mécanismes. Et je crois sincèrement être une bonne maman. J’ai déjà entendu dire que les enfants seront toujours un peu déçus de leurs parents. Je crois que c’est vrai. Le comprendre et l’accepter, ça fait partie du lâcher-prise. Je m’empêche de tomber dans la culpabilité. Ces temps-ci, par exemple, je travaille beaucoup. Alors, Léa est avec ses grandsparents. Je sais qu’elle vit de beaux moments avec eux et inversement. Quand elle me dit que je travaille trop, j’ai tendance à répondre: «J’adore ce que je fais et, toi aussi, tu trouveras un métier qui te plaît, où tu te feras des amis.» Je suis privilégiée, je m’en rends compte. J’ai la chance de vivre mon rêve, et je veux lui transmettre ça! Avant, c’était quétaine d’être heureux et de le dire... Aujourd’hui, avec tout ce qui se passe dans le monde, on l’a eu en pleine face qu’on est chanceux de s’aimer autant, nous trois, de toucher au bonheur pour vrai.

Je sors inspirée de cette entrevue! En tout cas, je vais retenir ce que tu m’as confié sur le lâcher-prise!

Je te souhaite de t’amuser avec L’amour est dans le pré. Le lâcher-prise, c’est avant tout d’avoir confiance en ce qu’on est et en ce qu’on fait! On t’a choisie pour une raison. Souviens-t’en.

Merci!

Marie-Ève tiendra la barre de l’émission À tour de rôles dès le 14 septembre sur les ondes de TVA. Quant à Katherine, elle animera L’amour est dans le pré début janvier 2021, sur les ondes de Noovo.

ANDRÉANNE GAUTHIER

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