Prêtes pas prêtes, le mullet est de retour! | Clin d'œil
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Prêtes pas prêtes, le mullet est de retour!

Peu de coiffures ont fait couler autant d’encre que la coupe Longueuil (ou «cheveux à l’allemande», comme l’appellent tendrement les Italiens). Bien plus qu’une simple crinière pour ses fans inconditionnels, le mullet représente un état d’esprit, voire un style de vie, à en croire les différents festivals qui lui sont consacrés, de la Belgique à l’Australie.

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Quant à ses détracteurs, ils lui consacrent une place spéciale en enfer, aux côtés de la permanente et de la queue de rat. Qui a tort, qui a raison? La seule chose qu’on puisse dire avec certitude, c’est que le mullet ne fait pas consensus. Et c’est peut-être là son secret: diviser pour mieux régner!

L’anatomie du mullet

La coupe est un bel exemple de contradiction capillotractée (tirée par les cheveux, en gros!). Son style? «Une base carrée ultra dégradée sur le dessus, avec une frange courte ou longue et, souvent, des cheveux très effilés sur la nuque», explique Denis Binet, artiste coiffeur et consultant-coiffeur pour Pantene. En d’autres mots, elle est courte sur le dessus et longue à l’arrière, ou comme l’ont si bien dit les Beastie Boys, qui lui ont rendu hommage avec leur chanson Mullethead: «Cut the sides, don’t touch the back» («Coupe les côtés, ne touche pas à l’arrière»).

Cette coupe, qui a connu un pic de popularité dans l’Empire byzantin au VIe siècle (eh oui, déjà!), renaît de ses cendres durant les seventies avant de s’imposer dans les années 80. Fait étonnant, elle couronne aussi bien la tête des femmes que celle des hommes. «À l’époque, les salons de coiffure deviennent unisexes et des coupes comme la “Longueuil” se font androgynes», rappelle Denis Binet. 

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Parmi les fans de la première heure, on retrouve des noms célèbres de la scène rock: David Bowie, Joan Jett, Paul McCartney, Patti Smith, Cindy Lauper et Ronnie Wood, le guitariste des Rolling Stones. Au fil des ans, l’irrévérencieux mullet — qui semble désormais de rigueur sur les terrains de sport tant il est privilégié des athlètes de haut niveau — frise l’exubérance: pour le mettre en valeur, on use et on abuse de la permanente, du crêpage et du spray coiffant.

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Le chic et le bon goût ne sont plus de mise. Le but est avant tout de se faire remarquer (et plus on en fait, mieux c’est)! La coiffure prend de plus en plus d’ampleur, puis finit par se dégonfler dans les années 90, sans autre explication. Peut-on voir dans sa chute la fin de l’ère punk, alors que le hip-hop et la pop commencent à imposer leur style? Tombé en disgrâce, le mullet est relégué au rang des tendances has been, alors que le brushing et le dégradé deviennent les mises en plis de choix au tournant des années 2000.

Le mullet version 2020

Aujourd’hui, on délaisse la permanente, le fixatif et les cheveux crêpés à l’extrême pour garder notre crinière au naturel. Résultat? La coupe Longueuil n’a pas la même tête que dans les années 80, quand elle venait de pair avec un maquillage exagéré (de nos jours, on y va mollo sur le fard à paupières). Mais il faut quand même lui reconnaître une certaine audace — après tout, elle a quand même plus de chien qu’un chignon classique et embrasse une rafraîchissante désinvolture. «Pour lui donner un coup de neuf, on part d’un carré ou d’une coupe Beatles et on exagère la coloration, dans des tons très bruns ou, au contraire, très blonds, explique Denis Binet. Quant à l’effilage, on choisit de mettre l’accent sur les yeux ou les pommettes, selon la forme du visage. Pour le reste, on garde nos cheveux au naturel, en fuyant la permanente!» 

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Certaines seront contentes de l’apprendre, les autres feront l’autruche: le mullet peut convenir à tout le monde et ne demande aucun entretien (on fuit d’ailleurs le brushing pour privilégier un séchage au diffuseur)! La coupe serait-elle la solution pour celles qui sont pressées le matin? Tout porte à croire que c’est le cas... si vous êtes capable de l’assumer!

Tête de mule

Aux États-Unis, on donne au mullet plusieurs surnoms plus ou moins affectueux, dont le sympathique «business up front, party in the back » («les affaires devant, le party à l’arrière»)... mais encore faut-il avoir la tête de l’emploi! «C’est pour les audacieuses, celles qui sont bien dans leur peau, conseille Denis Binet. On s’amuse, en sachant qu’il n’y a rien d’irréversible»... à part quelques longs mois de torture à attendre que nos cheveux poussent!

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Parmi les courageuses qui l’ont adopté en 2020? Miley Cyrus, qui n’a jamais eu peur de prendre des risques, la chanteuse Christine and the Queens, qui aime bien jouer avec les genres, et Úrsula Corberó, l’actrice de l’excellente série Money Heist. On n’est pas sûre de vouloir franchir le cap?

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On se rabat sur la perruque, comme Zendaya. La star au style impeccable nous donne presque envie de vaincre notre peur de ressembler à Patrick Swayze (même si on l’adore) et de sauter le pas. Comme quoi, on n’a pas besoin de s’appeler Ginette pour adopter le mullet!

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