Mélanie Maynard souligne les différences entre son bal et celui de sa fille, Rosalie Bonenfant | Clin d'œil
/stars/looksfashionbeauty

Mélanie Maynard souligne les différences entre son bal et celui de sa fille, Rosalie Bonenfant

En se remémorant les (pas toujours glorieux) souvenirs de son bal de finissants et de celui de sa fille, Rosalie Bonenfant, l’actrice et animatrice Mélanie Maynard nous rappelle que plus ça change, plus c’est pareil!

Courtoisie

Mon bal, juin 1989

Mon bal de finissants aurait pu s’intituler «Mon bal de finissons-en». Le choix de ma robe s’est fait en moins d’une heure. Ma mère, dont le sens du «raisonnable» était le plus développé de tous, avait décidé qu’elle en serait l’exécutrice. Le patron de marque Simplicity à 24,99 $ et le satin noir en spécial à 12,44 $ la verge ont été achetés en ville, c’est-à-dire au Bouclair de Granby. Résultat: une petite veste à boutons style garçonne en guise de haut (le décolleté étant bien sûr pas trop plongeant, juste «comme il faut», délimité par les chastes mains de ma couturière), surplombant une longue jupe noire à crinoline, cintrée d’une immense ceinture ruban qui s’attachait en boucle à l’arrière. Spectaculaire. J’avais été acceptée en théâtre, et je m’étais arrangée pour que ça paraisse! Directement débarquée du camp d’été où j’avais déjà commencé à «vivre ma vie», je me suis rendue au chic Castel de Granby à bord d’une petite Chevrolet rouillée, avec trois amis, pour marquer l’événement. Par manque de planification (ou d’intérêt), je me suis changée dans la voiture et maquillée au fil des irrégularités de l’asphalte de la route 116, coiffée par le vent qui passait par la vitre arrière qui ne remontait plus. Je n’ai conservé aucune photo de cette soirée mais, de mémoire, j’avais l’air d’une Marie Carmen qui aurait été attaquée par un aigle noir. Vous ai-je déjà dit que mon bal de finissants rimait avec «finissons-en»?

Son bal, juin 2013

On n’y échappera pas. J’ai beau avoir la fille la moins conventionnelle au monde, le bal, c’est le bal, la fin d’une étape qui s’accompagne de la tradition du «comment être pareille de façon différente pour ne pas passer inaperçue». Nos jeunes aspirantes féministes, écologistes et revendicatrices ont beau vouloir rester fidèles à leurs convictions, c’est rarement le cri de l’oiseau en voie d’extinction qui chante d’abord à leurs oreilles au moment d’entrer dans la danse des préparatifs. Le Village des Valeurs est bien désert comparativement à l’achalandage de la rue Saint-Hubert. On a beau tenter de tout prévoir, les surprises défilent. Ça prend une robe pour l’avant-bal, puis une autre pour la collation des grades... et hop! Les voilà qui ont besoin de plus de tenues que Céline pour ses spectacles, mais sans son budget ni son ami Pépé pour les aider à se brancher. Même en essayant de faire simple, au final, ça prend la totale. Les chaussures neuves inconfortables et trop hautes qui prendront le bord avant la fin du premier service, le maquillage d’un professionnel de la palette et le cheveu lissé, frisotté ou monté en jardinière de macramé. 

L’après-bal

Nous, les parents, on cède à tout, on met les sous, même si on sait très bien que dans quelques heures, la coiffure de rêve sera maintenue en motton par la main bienveillante de la best lors de l’expulsion des premiers excès. On sait aussi que, plus tôt que tard, les pigments savamment étendus par le pro de la palette seront dissous par les pleurs de notre fille beuglant sa première promesse d’ivrogne: «T’es ma best forever, on se lâchera jamais, j’te jure!!» Comme elle est touchante l’assurance juvénile qu’aucun lendemain ne pourra effacer tous les souvenirs qui ont jalonné le passage le plus intense de leurs années d’adolescence!

Nous, les parents, une fois les frais payés, le lift donné et la photo officielle prise, il ne nous reste plus qu’à retourner chez nous pour aller faire ce qu’on fait le mieux depuis la naissance de notre enfant: s’inquiéter. L’inquiétude est un effet secondaire permanent de la

parentalité. L’après-bal en est probablement le summum. Puis, en surveillant notre cellulaire du coin de l’oeil, on pense que, dans quelques années, en retombant sur la photo quétaine de notre finissante devant la porte-jardin en treillis recouverte de clématites, on se dira: «Maudit qu’elle était belle, pis maudit que ça passe vite, c’te foutue vie-là!» C’est vrai que le bal de finissants, c’est ben du trouble pour une seule journée. Mais ça vaut quand même la peine. Parce que dans notre cas, c’est vrai que nos enfants resteront «nos best forever».

Bon bal à toutes et à tous!

Quant à moi, je recommence dans deux ans... Déjà :( 

Sur le même sujet

À lire aussi

Et encore plus