Devrait-on parler ouvertement des interventions cosmétiques? | Clin d'œil
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Devrait-on parler ouvertement des interventions cosmétiques?

Être honnête à propos des interventions cosmétiques ou ne pas l’être: telle est la question. Au début d’une nouvelle décennie, on s’interroge sur l’attitude de la femme moderne.  

  

  

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Deux expertes se prononcent  

Lisa Vanderpump (des Housewives de Beverly Hills) nous a emmenées en visite chez son dermatologue pour ses injections de routine; Kris Jenner a filmé son lifting du visage et sa chirurgie au lobe de ses oreilles pour l’émission Keeping Up with the Kardashians.   

Pendant ce temps, Kylie Jenner avoue avoir recours de nouveau aux agents de comblement (après avoir affirmé qu’elle avait tout «dissous» en 2018) et Bella Hadid refuse toujours d’admettre qu’elle est passée sous le bistouri.    

Avec la popularité grandissante des interventions cosmétiques chez les stars de téléréalité et les influenceuses, les mentalités évoluent... mais est-ce que l’inconfort demeure?   

  

  

La Dre Geneviève Blackburn, omnipraticienne spécialisée en médecine esthétique, constate bel et bien un changement d’attitude au sein de sa clientèle: «Quand j’ai commencé dans ce métier il y a 10 ans, c’était hyper tabou. Tout mon modèle d’affaires était construit sur la confidentialité. Maintenant, c’est un tout autre monde. Plus de la moitié de mes patientes parlent ouvertement de leurs interventions esthétiques, sans compter celles qui l’affichent publiquement.»   

Une influence positive-ish  

L’idée que les Kardashian aient contribué à faire évoluer la société peut causer un sérieux mal de tête.    

  

  

Selon la Dre Stéphanie Léonard, psychologue, il y a du bon... et du moins bon: «Le progrès, c’est l’honnêteté. Quand on voit des personnalités connues presque parfaites physiquement, ça engendre beaucoup de complexes. Le fait de savoir qu’elles ont eu des interventions esthétiques offre une réponse logique (qu’on approuve ou non) à ces interrogations, ce qui amoindrit l’impact négatif sur la perception que l’on a de soi. D’un autre côté, toutes ces célébrités que l’on admire incarnent le modèle actuel de beauté dans notre société, et celui-ci devient complètement irréaliste. Plus une personne modifie son apparence, moins elle ressemble à une “vraie” personne; aujourd’hui, on ne sait plus trop de quoi a l’air une femme “normale” de 40, 50, 60 ans et plus.»   

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Si les femmes semblent bénéficier de cette nouvelle bouffée d’authenticité pour faire fi des tabous, c’est surtout grâce au public cible des téléréalités et des utilisateurs des réseaux sociaux.    

Selon la Dre Blackburn, il s’agit d’une question de génération. «Mes patientes dans la vingtaine sont fières de dire qu’elles ont recours à la médico-esthétique, parce que ça leur permet de s’identifier à leurs idéaux féminins (des chanteuses, actrices et influenceuses). Elles se filment pendant leurs traitements et publient immédiatement le résultat sur les réseaux sociaux. On sent plus une envie d’embrasser une tendance, contrairement au désir de prendre soin de soi exprimé par les femmes plus âgées. La majorité de mes patientes de la trentaine à la cinquantaine ne font pas la promotion de leurs interventions, mais elles répondent honnêtement si on leur pose la question.»   

  

  

Le culte du secret  

Malgré tout, bon nombre de femmes continuent de cacher leurs interventions cosmétiques. Par peur des reproches de leur conjoint, de leurs collègues et de leur famille, elles vont jusqu’à mettre de l’argent de côté dans un compte à part, à planifier leur rendez-vous lorsque leur mari est en voyage d’affaires ou quelques semaines avant une présentation importante au bureau pour éviter toute ecchymose ou rougeur suspecte.   

«Elles assument leur décision, mais elles ont peur du jugement, surtout de la part du conjoint», dit la Dre Blackburn. Force est d’admettre que la société est beaucoup plus dure envers les femmes que les hommes en ce qui a trait au vieillissement, et que ces derniers ne sont pas toujours conscients de cette disparité. Bien sûr, ils réalisent l’impact des changements hormonaux, de l’accouchement et de l’allaitement sur le corps féminin, mais il est toujours plus ardu de comprendre pleinement une situation sans la vivre personnellement.    

«C’est très difficile pour certaines femmes, qui ne sont pas capables d’avouer à leur partenaire qu’elles ont fait appel à la médicoesthétique», ajoute la Dre Blackburn.    

Cette peur du jugement est également nourrie par le paradoxe auquel on fait face dans la société d’aujourd’hui. La Dre Stéphanie Léonard explique: «On admire et glorifie les femmes qui sont “bien conservées” et qui ont l’air jeunes, mais on les juge négativement pour avoir eu recours à la chirurgie.» À en croire cette fameuse société, il est impossible de gagner...   

La solution, docteur?  

Il n’y a pas de bonne ou mauvaise réponse; il s’agit d’une décision personnelle, qui doit être respectée. Par contre, on s’épargne bien des tracas en étant honnête.    

La Dre Blackburn abonde en ce sens. «Les patientes qui viennent à leur rendez-vous en cachette sont toujours stressées. Elles s’angoissent à l’idée de rencontrer quelqu’un qu’elles connaissent dans la rue ou dans la salle d’attente, d’enfler plus que prévu, que quelqu’un remarque. Ce n’est pas l’idéal, mais la décision reste personnelle. C’est du cas par cas; il n’y a pas de recette magique.»

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