J'ai testé: les cils à la Twiggy | Clin d'œil
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J'ai testé: les cils à la Twiggy

D’abord popularisée par la top anglaise dans les années 60, cette mise en beauté ressort du placard, comme en témoigne le look des mannequins du défilé Christian Dior. Et dans la vraie vie, ça donne quoi?

Petite, j’étais fascinée par ma tante quiaffichait avec panache une frange de cils divisés en six paquets rigides au-dessus et en dessous de chaque oeil. Je me rappelle l’avoir observée les rassembler patiemment, quasiment un poil à la fois. C’était la fin des années 80. Trente ans plus tard, c’est à mon tour. Heureusement, la tâche est plus simple. Quelques traits de crayon noir tracés en biais sous l’oeil et c’est réglé! 

Équipe Clin d'oeil

7 h 40  

Je tends le déjeuner à mon fils de sept ans. Il lève les yeux pour me dire merci et replonge le nez dans son assiette. Je ne me vois pas lui dire: «Chéri, tu n’as rien remarqué de différent aujourd’hui?» Parce qu’après tout, c’est mon fils, pas mon chum. Alors je lui montre mes cils en lui demandant son avis. Son laconique «c’est bien» me fait douter. C’est une réaction de chum. 

7 h 50  

En chemin vers l’école, on attend que le brigadier nous laisse traverser la rue. Sur le trottoir d’en face, un ado me fixe et rit dans sa barbe/duvet. Je suis vexée. Il fait un grand salut à la fille derrière moi. Il ne m’a pas vue, en fait. Je suis vexée. 

7 h 55  

Je croise une maman que je connais bien. «Tout un look de poupée aujourd’hui!» Ah, enfin! Je la remercie (mais était ce vraiment un compliment?), puis je lui explique que je teste cette tendance pour le travail. Elle rit. Je pense qu’elle est soulagée: 1) de ne pas devoir faire semblant qu’elle trouve ça beau; 2) que je ne les arbore pas par goût. 

8 h 00  

La petite Florence court vers moi pour me montrer son chandail à tête d’ours. Elle m’explique qu’il est nouveau et que c’est l’fun parce que son museau dépasse et qu’on peut le flatter. Tout le long, ses yeux sont plantés dans les miens. Son discours terminé, elle file retrouver les autres. Moi qui pensais qu’une cour d’école pullulant d’élèves de première année allait me valoir une bonne dose de commentaires sans filtre, je suis déçue. Où sont passés la curiosité enfantine et son franc-parler, l’impolitesse des doigts pointés et les «pourquoi» en boucle à propos de tout? DITES-LE-MOI! 

Mannequin du défilé Christian Dior

Imaxtree

Mannequin du défilé Christian Dior

8 h 05  

La cloche a sonné. Ma maman-copine explique mon expérience anthropologique à une autre mère qui se tourne vers moi et m’adresse un enthousiaste: «La vie est trop courte pour être beige, pis toi, t’es pas beige à matin!» Je suis requinquée! C’est vrai, quoi! Assumons un brin de fantaisie en ce bas monde! L’enseignante de mon fils passe devant moi: je baisse la tête. 

8 h 10  

Alors que je traverse le parc en me disant que ce look est quand même un peu intense pour la vraie vie, une dame sur la pelouse est là, un immense chapeau rose vissé sur la tête, en train d’enfiler un petit tutu jaune. Une fois prête, elle continue son chemin... L’univers vient-il de m’envoyer un message? 

8 h 20  

Je passe me chercher un café. Pendant que j’attends, une jeune fille me décoche un grand sourire. La frange recourbée de ses faux cils frôle ses sourcils. Elle me comprend. Ce sourire, c’est celui qui dit: «On est dans la même team.» 

8 h 25  

Dans le bus, assise en face de moi, une femme tient un mascara dans une main et un miroir dans l’autre. Je la fixe. Oui, c’est un peu creepy, mais je tiens absolument à décrypter la réaction d’une personne capable de se maquiller en trois minutes dans les transports en commun face à quelqu’un dont une partie de la matinée a été consacrée à se faire un makeup qui hurle «regardez-moi! » Elle me voit et détourne immédiatement le regard. La gêne est palpable. Je le savais. J’ai gagné. 

Mannequin du défilé Christian Dior

Imaxtree

Mannequin du défilé Christian Dior

 

8 h 40 à 12 h 00  

Au bureau, il ne se passe pas grand-chose, vu que mes collègues sont au courant de mon test. Je me balade dans d’autres départements. Tout le monde est poli et fait comme si de rien n’était. Alors j’insiste. L’une me dit que c’est joli. Qu’elle est sincère! L’autre aussi, «mais pour une soirée». À la cafétéria, je croise un collègue. Je suis curieuse d’avoir l’avis d’un gars que je soupçonne très fortement de préférer les filles «naturelles». Je lui demande ce qu’il pense de mon regard de biche effarée: 

– C’est beau... Un peu weird en bas. 

– Tu peux être sincère, je n’aime pas particulièrement ça. 

– Aaaah fiou! 

17 h 00  

Sur le chemin de la maison, je croise une voisine que je n’ai pas vue depuis deux mois. Ça tombe bien, elle n’est pas du genre à mâcher ses mots. Et effectivement, le verdict tombe: «C’est fait exprès ton maquillage? Parce que vite vite comme ça, on a l’impression que c’est ton mascara qui a coulé.» En fin de journée, mes traits de crayon sont effectivement nettement moins... nets. Limite grunge. J’haïs pas l’effet. Mais à l’avenir, je le réserverai à la tranche horaire nocturne et aux lumières tamisées.

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