Rencontre avec Ludivine Reding: la nouvelle étoile

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Rencontre avec Ludivine Reding: la nouvelle étoile

Jeudi 30 août 2018
Le Québec a les yeux rivés sur Ludivine Reding depuis qu’elle a joué Fanny Couture, une adolescente prise dans les filets d’un proxénète dans la série à succès Fugueuse, sur les ondes de TVA. Rayonnante et épanouie, l’artiste de 21 ans, qui a remporté le prix du meilleur rôle féminin dans une série dramatique saisonnière au dernier Gala Artis, est à des années-lumière du personnage tourmenté qui l’a rendue célèbre. Entrevue avec une actrice qui a des projets plein la tête.

 

 

Tu es comédienne depuis tes 9 ans. On a pu te voir, notamment, dans Tactik, Marche à l’ombre, La théorie du K.O. et, plus récemment, dans Fugueuse de Michelle Allen. As-tu toujours su que tu voulais exercer ce métier?

 

Oui! Je ne me vois pas faire autre chose. J’ai été chanceuse, mes parents m’ont toujours encouragée. C’est un milieu que je connais depuis longtemps. La première fois que j’ai vu mon père, Sébastien Reding, faire du doublage, j’ai eu la piqûre. Ma mère, Geneviève Dubé, est d’ailleurs agente en doublage. Mes parents m’ont ouvert des portes, mais j’ai su saisir les opportunités. Ils ne m’ont jamais forcée. Ce sont des guides stricts, qui m’aident à ne pas devenir complaisante. Ça peut créer des tensions, mais je m’entends vraiment bien avec eux. Je serais perdue s’ils n’étaient pas là. Une chance que je les ai!

 

 

Est-ce que tes parents t’ont aidée à te préparer au rôle difficile de Fanny Couture, dans Fugueuse?   

 

Absolument! Mes parents sont de très bon conseil et connaissent mes forces comme mes limites. Quand j’ai su que j’avais obtenu le rôle, j’étais vraiment contente. Mon agente m’a fait languir... Pour me mettre dans la peau de Fanny, je me suis renseignée sur la prostitution juvénile, j’ai lu plusieurs livres. Je me suis attachée à Fanny. Ça a été une peine d’amour quand j’ai dû la laisser aller. Le plus grand défi a été de rendre cette jeune femme sympathique aux yeux du public. Malheureusement, de nombreuses personnes jugent les victimes, alors que ce sont les clients et les proxénètes qui créent l’offre et la demande, et qui sont responsables du fléau qu’est le trafic humain...

 

 

As-tu eu de la difficulté à jouer certaines scènes très dures de la série?

 

Pas vraiment. Quand on crie «Action!», je ne pense plus à ce que je fais. Je laisse toute la place au personnage. Le stress retombe automatiquement. C’est sûrement ce que le réalisateur, Éric Tessier, a vu en moi. Un lâcher-prise. Il savait que j’aurais à faire plusieurs scènes de nudité, et que ça aurait été plus difficile si j’avais été gênée. L’équipe a été extraordinaire, que Fanny soit en train de déjeuner ou de danser nue. Je dois avouer que la scène de viol collectif a été plus dure psychologiquement, même si j’étais bien entourée. Pendant quelques secondes, j’ai pu m’imaginer de façon assez réaliste ce que les victimes peuvent ressentir... Ça m’a troublée.

 

 

La série a eu un effet coup de poing au Québec. T’attendais-tu à une telle réaction?

 

On se doutait que ça allait faire jaser. Mais pas à ce point! Les gens se sont mis à m’écrire, à se confier à moi. Pendant la diffusion de l’émission, je pouvais recevoir entre 500 et 800 messages par jour. J’ai dû apprendre à accepter de ne pas avoir le temps de répondre à tout le monde. Je me disais qu’au moins, les fans pouvaient m’aborder dans la rue. Quand je suis allée à Baie-Saint-Paul, par exemple, une femme m’a raconté son histoire de viol. Elle n’avait jamais réussi à en parler à qui que ce soit, mais elle s’est sentie suffisamment à l’aise pour se confier à moi. La série a eu un impact positif en permettant d’ouvrir le dialogue.

 

 

Fugueuse reviendra d’ailleurs pour une deuxième saison! Peux-tu nous en dire plus?

 

On me pose beaucoup de questions à ce sujet, mais je ne peux absolument rien dire! (Rires) J’ai été touchée que les producteurs m’invitent à en discuter avec eux. J’aurais pu rester un an dans le néant, sans aucun détail! Ce qu’on sait déjà, c’est que Fanny ne retournera pas vers la prostitution. On sera témoin de sa reconstruction. Je suis super contente de renouer avec ce personnage, mais aussi avec l’équipe de tournage, qui est devenue une deuxième famille pour moi!

 

 

Tu t’impliques auprès de l’organisme Le 2159, qui vient en aide aux jeunes de 15 à 25 ans qui vivent de la délinquance, de l’exploitation sexuelle ou de l’itinérance...

 

Et j’en suis fière! Le 2159 leur permet de devenir autonomes et de ne pas tomber dans de mauvais scénarios, comme Fanny. Chaque année, la fondation organise un bal pour amasser des fonds. Cette année, je serai l’une de ses ambassadrices! Je m’implique également auprès d’autres organismes, comme la Société protectrice des animaux de Québec. Je pense qu’il est primordial pour toute personnalité publique d’utiliser son influence pour aider. Si tout le monde investissait un peu de son temps pour faire du bien, on pourrait réellement changer les choses!

 

 

 

 

Du jour au lendemain, tu es devenue l’une des comédiennes les plus populaires du Québec. Comment vis-tu cette soudaine célébrité?

 

En un an, ma vie a tellement changé! J’ai appris, j’ai grandi... Mais je ne m’y habitue pas. C’est vraiment bizarre, mais très touchant aussi. Je sens les regards sur moi quand je sors dans la rue. Les gens connaissent mon nom... Ça me fascine. Une fois, les gens se sont mis en file pour venir me parler dans un bar. J’ai pris des photos pendant une heure et demie! Avec mes amis, on y pense à deux fois maintenant si on veut aller quelque part, car il se peut que je passe une bonne partie de la soirée sans eux... Par contre, j’essaie de continuer à faire ce qui me tente. Et les gens sont habituellement vraiment gentils et respectueux. Disons que j’ai appris à me créer une petite bulle!

 

 

Tu es également très populaire sur les réseaux sociaux. En ce moment, tu comptes plus de 215 000 abonnés sur Instagram. Comment gères-tu toute cette attention?

 

Je publie ce que j’aime et ce que j’ai envie de montrer. Je ne mets aucune publicité sur les réseaux sociaux. Ce serait facile de tomber dans le piège, puisque des compagnies m’approchent sans cesse. Il est vraiment important pour moi de ne pas être une pub sur deux pattes. Depuis Fugueuse, je filtre un peu plus mes publications. Par exemple, j’avais partagé une vidéo de moi après une opération pour les dents de sagesse, et c’est devenu viral. J’ai réalisé que des banalités pouvaient prendre beaucoup d’ampleur...

 

 

Certains médias avaient d’ailleurs fait une «enquête» pour découvrir qui était ton amoureux...

 

Oui! (Rires) Et tout a été mal rapporté. Son âge, les détails sur lui... Mon copain ne mérite pas d’être vu comme «le chum de Ludivine Reding». Je trouve ça réducteur. C’est une personne à part entière! Tout au long de ma carrière, ma vie amoureuse restera très privée. J’ai choisi d’avoir une vie publique, mais pas mon chum.

 

 

Cet automne, tu seras en vedette avec ton frère Godefroy dans le film Wolfe, de Francis Bordeleau, aux côtés de Catherine Brunet, Antoine Pilon et Julianne Côté. Comment as-tu trouvé l’expérience?

 

Vraiment intéressante! Wolfe, c’est l’histoire d’une meute d’amis. Andie, jouée par Catherine Brunet, est un peu la louve du groupe. Lorsqu’elle se met à organiser sa propre mort devant eux, chacun réagit différemment. Je joue Bibiane, une fille très impulsive, très dans l’instant. Particulièrement sensible, elle est grandement affectée par la situation. Bibiane a une relation intense avec son petit frère, qui est joué par Godefroy. C’est assez spécial de jouer avec quelqu’un que je connais aussi bien!

 

 

On pourra également te voir dans Clash sur Super Écran et VRAK, une quotidienne jeunesse dramatique sur un groupe d’amis dans un centre de réhabilitation. Qu’est-ce qui t’a donné envie d’accepter ce rôle?

 

Je prête mes traits à Jasmine, une danseuse qui a un accident d’auto avec son amoureux Christophe et son ami Robin. Après cette malchance, les deux garçons se retrouvent en fauteuil roulant, alors que mon personnage s’en sort indemne. C’est une super belle émission sur les relations humaines, sur le soutien qu’on peut s’apporter mutuellement dans les moments difficiles. C’était la première fois que je tournais à ce rythme, et j’ai été agréablement surprise. Il faut dire que l’équipe était extrêmement compétente.

 

 

Comment perçois-tu l’aspect précaire de ton métier?

 

Je pense qu’il faut avoir confiance. Je n’ai pas de plan B et ce ne sera jamais le cas. Le jeu, c’est ce que j’aime et qui me fait vibrer. Je suis vraiment chanceuse en ce moment. Je pratique ce métier depuis plus de 12 ans, et je gagne bien ma vie. Je n’ai pas fait beaucoup d’auditions depuis Fugueuse... J’avoue avoir eu peur d’être trop identifiée à Fanny, mais les gens me disent dans la rue qu’ils ont hâte de me voir dans d’autres projets. J’ai d’ailleurs été super reconnaissante d’obtenir le rôle dans Clash, par exemple, qui me permet d’incarner une jeune femme très mature. Je sais que je peux jouer toutes sortes de personnages, et j’ai hâte de le prouver. Pour l’instant, je vis au jour le jour... et ça se passe bien!

 

 

Quels sont tes rêves?

 

J’en ai tellement! (Rires) L’un de mes rêves est de faire du cinéma. Et puis j’ai les yeux tournés vers l’extérieur, vers la France, les États-Unis... J’ai gardé le contact avec plein de personnes super intéressantes. Je suis ouverte aux possibilités, et j’aime penser que la vie me surprendra!

 

 

Par: Mélissa Pelletier | Photos: Neil Mota | Stylisme: Florence O. Durand