Le premier magazine de mode au Québec

par : Marie-Annick L'Allier

Lundi 4 janvier 2010

Ô seigneurs des anneaux

Rencontrez les athlètes québécois qui nous donneront des frissons du 12 au 28 février, pendant les Jeux olympiques d'hiver de Vancouver. Ne manquez pas le reportage photos complet dans la parution de février du Clin d'oeil.

CHARLES HAMELIN, patineur de vitesse courte piste (500 m, 1000 m, 1500 m et relais)

Avant le départ

«C'est lorsque j'ai enfilé ma combinaison et que j'attache mes patins, cinq minutes avant d'embarquer sur la glace, que je vis les instants les plus stressants de ma course. Toutes sortes d'idées me passent alors par la tête. Des idées de ce qui pourrait arriver, par exemple. Des images pas possibles, des fois! Dans ce temps-là, je dois reprendre le contrôle de mes pensées... Dès que je pousse la porte de la bande pour embarquer sur la glace, tout change, et il y a un vide qui se crée dans ma tête. Je ne pense plus à rien. Je jette un dernier coup d'oeil à mon entraîneur, je m'installe, et la course commence.»

Pour tout l'or du monde...

«... je ne voudrais pas échanger ma place aux Jeux olympiques de Vancouver. Pour moi, ces Jeux sont parfaits! Je vais les vivre en famille. Mon père, Yves, est le directeur du programme courte piste. Mon frère François patine avec moi. Ma copine, Marianne (St-Gelais), vivra ses premiers Jeux. Nous patinerons tous devant nos amis, notre famille. Nous serons les favoris de la foule. Je ne pourrais pas demander mieux. Ce que je vais vivre, c'est unique. Je vais m'en souvenir toute ma vie.»

FRANÇOIS HAMELIN, patineur de vitesse courte piste (1000 m et relais)

Petit, François Hamelin aimait filer sur le lac glacé. Lorsqu'il a eu cinq ans, sa maman l'a inscrit en patinage. Dès lors et jusqu'à l'âge de 17 ans, grâce à sa technique impeccable, il a semé la terreur sur la glace! En 2005, François a enfilé la combinaison prestigieuse de l'équipe nationale. À force de travail et d'entêtement, il a gravi les échelons; si bien qu'aujourd'hui il se trouve au quatrième rang du classement canadien. À Vancouver, l'an dernier, lors d'une épreuve test au 1000 m en vue des Jeux, François a remporté le bronze et Charles, l'or. Ce moment a été marquant pour les deux frères Hamelin, qui sont montés sur le même podium. Espérons que François et Charles auront l'occasion de revivre cette expérience à Vancouver!

Le moment le plus intense durant une compétition

«C'est lorsque je me retrouve sur la ligne de départ et que je plante la lame de mon patin dans la glace avant que l'arbitre donne le départ... À cet instant-là, je ne me pose plus de questions. C'est un moment critique de la course. C'est là que je dois me rappeler le plan de match que j'ai établi avec mon coach. Je dois m'en tenir à ce plan. Je ne peux pas laisser mes pensées me déranger. En Hollande, aux Championnats du monde en équipe, j'étais trop nerveux. J'ai fait deux faux départs. Ce sont des moments qui nous hantent longtemps, et pourtant, ça nous arrive des centaines de fois par semaine...»

Pour tout l'or du monde...

«... je ne désobéirais pas à mon entraîneur! Oh que non! Et c'est parce que je sais qu'il peut me permettre de donner le meilleur de moi-même. J'ai confiance à 100 % en ce que Derrick (Campbell) me dit. Il m'en a donné, des conseils, depuis trois ans et, jusqu'à maintenant, tout a réussi. Il m'a permis de peaufiner, de raffiner ma technique. En plus, je suis un patineur reconnu pour ses dépassements inusités en course, et il me suit dans cette voie parce qu'il sait que j'ai de l'instinct et du guts. C'est un gars relaxe et, quand ça allait mal en compétition, c'est lui qui me calmait et qui me redonnait confiance. Ce gars-là a toute ma confiance. Jamais je ne lui désobéirais!»

Sa plus belle victoire

«Ça va paraître bizarre, mais je dirais que c'est l'achat de mon condo. L'an dernier, j'ai fait l'acquisition d'un condo et je suis fier de ça. C'est mon premier investissement et ça signifie que je suis bien parti dans la vie. Je me trouve privilégié de vivre ce que je vis. Je fais ce que j'aime, je suis bien entouré, ça va bien, je m'en vais aux Jeux olympiques... Acheter une maison, c'est gros! On a fait des recherches et des visites, et on l'a finalement trouvée, à 10 minutes de marche de l'aréna Maurice-Richard, où je m'entraîne. On a négocié le prix. On a fait la peinture. C'est super coloré! Je suis fier de m'être lancé et d'avoir fait ce pas d'adulte, à 22 ans!»






FRANÇOIS-LOUIS TREMBLAY, patineur de vitesse courte pise (500m et relais)

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Pour tout l'or du monde...

«... je n'aurais pas voulu que mes parents me guident vers autre chose que le patinage de vitesse. C'est clair que je n'échangerais jamais pour autre chose toutes les belles années que j'ai connues dans le sport. Grâce à mon expérience dans l'équipe nationale, j'ai rencontré beaucoup de gens à travers le monde. C'est peut-être un cliché, mais le sport est une belle école de vie. Le sport m'a éduqué. Faire de la compétition au niveau mondial nous permet aussi d'apprendre à connaître nos limites.»












ALEXANDRE BILODEAU, skieur acrobatique bosses

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Sa plus belle victoire

«Avoir rendu mes parents fiers de moi. Ils ont eu beaucoup d'influence dans ma vie et ils en auront encore dans les décisions que je vais prendre dans le futur. Ils m'ont transmis de bonnes valeurs et ils m'ont appris que, pour réussir dans la vie, que ça soit dans le sport ou dans les affaires, il faut travailler. C'est sur cette base que j'ai construit ma carrière sportive, et ça m'a toujours bien servi.














JASON-JAY ANDERSON, surfeur des neiges (slalom géant parallèle et épreuve de cross)

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Pour tout l'or du monde...

«... je ne laisserais pas ma famille! Bon, ça se passe d'explications, alors je recommence: pour tout l'or du monde, je n'arrêterais pas de faire du snowboard après les Jeux olympiques! Mais comme je ne peux pas vivre de ce sport, je dois passer à autre chose. La première, c'est le fait de voir mes filles grandir. J'aimerais aussi me dévouer au développement de mon sport et travailler pour que l'équipement de planche à neige alpin haut de gamme devienne plus accessible au public. Et je voudrais développer davantage le sport en réorganisant les circuits de compétition pour les ouvrir davantage aux jeunes. Le sport, c'est une clé d'apprentissage qui peut mener à plein de belles choses. Alors, plus les jeunes y ont accès, plus ils ont les moyens de bien se développer.»








ALEXANDRE DESPATIE, collaborateur, couverture francophone des Jeux

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Son plus gros défi

«Il y en a plein de défis pour moi dans ce nouveau rôle! Je suis habitué à répondre aux questions des médias, mais je ne suis pas journaliste et je ne prétends pas en être un non plus. Je vais avoir la chance d'apprendre ce qui se passe derrière la caméra avec une équipe de professionnels. Je vais travailler fort, car je veux être bon! L'autre défi que j'aurai sera de "garder le cap" sur l'entraînement. Mon entraîneur sera avec moi à Vancouver. Ça sera certainement deux semaines très intenses, que j'ai hâte de vivre.

Le meilleur compliment qu'on peut faire à un athlète après sa performance

« Après une compétition, je déteste me faire demander: «Es-tu content?»... surtout quand j'ai bien fait! Tout de suite après une épreuve, c'est difficile pour un athlète de savoir quoi dire, d'avoir les bons mots... Aujourd'hui, je sais que je dois prendre un instant pour réfléchir avant de me présenter devant les journalistes, afin que j'aie autre chose à dire que: «Oui, je suis content!» En fait, pour moi, il n'y a pas de bon compliment après une épreuve. Ce que j'aime, cependant, c'est un journaliste qui a compris l'enjeu de la compétition. Il connaît l'histoire de la performance, le contexte... et il peut mieux exprimer la valeur du résultat.»

NATHALIE LAMBERT, chef de mission du Canada

Le sport, ça vaut de l'or parce que...

«... en pratiquer un, c'est une belle façon d'apprendre ce qu'est la vie. J'ai grandi dans le sport, et ça m'a permis d'adopter de belles valeurs, que j'aimerais inculquer à mes enfants. Les Jeux olympiques, c'est LA vitrine du sport. C'est une tribune de 17 jours qui, je l'espère, continuera d'inspirer les gens. Quand j'ai vu Nadia Comaneci en 1976, j'ai été impressionnée par sa fierté, par son sourire. Elle avait l'air tellement heureuse! J'ai toujours cru que les gens ordinaires peuvent accomplir des exploits extraordinaires quand ils font preuve d'énergie et de conviction. Je souhaite que les performances des athlètes incitent les gens à se trouver une passion. Le sport, ça vaut de l'or aussi parce que ça unit le monde entier.»

Son plus gros défi

«Le rôle des représentants du Comité olympique canadien qui accompagnent les athlètes de notre pays, c'est de bien entourer ceux-ci afin que nous atteignions notre objectif: terminer premiers au classement des médailles. Oui, c'est ambitieux, mais c'est réaliste. Nous ne pouvons pas faire gagner des athlètes qui n'ont pas le potentiel nécessaire pour se retrouver sur le podium, mais nous pouvons nous assurer que toute notre délégation bénéficie d'un bon environnement afin que ceux qui peuvent remporter des médailles aient toutes les chances de leur côté. Une chose est certaine, je vais faire tout mon possible pour les aider à réaliser ce rêve.»

Photographe : Brian Ypperciel Styliste : Patricia Côté
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