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Photos: Peter Morneau

par : Véronique Lord

Mardi 29 décembre 2009

Est-ce que c'est grave, docteur?

Cinq des comédiens de Trauma ont accepté de réagir aussi vite qu'un traumatologue à notre question: Docteur, que doit-on prendre en main d'urgence si on ne veut pas que notre société souffre d'un trauma?

Trauma, la nouvelle télésérie de Fabienne Larouche diffusée cet hiver à Radio-Canada, met en scène l'univers intense et méconnu de la traumatologie. Au coeur de chaque épisode, un cas grave auquel sont confrontés des chirurgiens, internes et résidents, qui ont choisi un métier où sauver des vies, mais aussi voir mourir des patients, est une réalité quotidienne. Au-delà de ce qu'elle nous apprend sur la médecine des accidents, la série nous révèle le monde intérieur des médecins, leurs motivations, le stress énorme qu'ils subissent et ses répercussions sur la vie personnelle... Trauma, c'est aussi une galerie de personnages, de médecins et d'apprentis médecins campés par des comédiens hors pair.



Laurence Leboeuf, l'union fait la force

Fille des comédiens Marcel Leboeuf et Diane Lavallée, Laurence est avant tout elle-même: à 24 ans, elle a déjà un parcours impressionnant et le cran de se frotter à des rôles difficiles. Dans Trauma, elle incarne une jeune chirurgienne perturbée et au talent prometteur.

«Sophie Léveillée, mon personnage dans Trauma, est extrêmement talentueuse, mais elle a de la difficulté à s'adapter aux autres résidents. Elle est à l'écart, un peu bizarre. Et elle a beaucoup de pression: sa mère est la directrice générale de l'hôpital et son père, qui s'est suicidé, était l'un des plus grands chirurgiens de sa génération.» Dans ce rôle, la comédienne évolue entre ombre et lumière. «Sophie Léveillée est troublée, tiraillée entre différentes émotions. J'explore une zone d'entre-deux, et c'est ce qui est passionnant.»

Que faire pour que la société ne souffre pas d'un trauma, selon Laurence? Se rassembler et développer une conscience collective. «Dans les pays occidentaux, ce qui nous manque, c'est la solidarité, et la force que donne l'union du nombre. Chacun est enfermé dans son appartement et, quand on se croise dans la rue, on garde les yeux rivés au sol. Avec l'arrivée de Barack Obama, on a ressenti quelque chose qui était absent depuis longtemps: une unité possible et la force qui s'en dégage.»


Actu:

Cet hiver, en plus du tournage de Trauma, Laurence Leboeuf vient de terminer celui de la prochaine saison de la télésérie canadienne-anglaise Durham County, qui sera diffusée à The Movie Network au cours de l'année.



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Catherine De Léan, femme modèle

Dans Trauma, Catherine De Léan est Caroline Lemelin, première de classe et perfectionniste dans toutes les sphères de sa vie: professionnelle, personnelle et même physique. Ses camarades la jugent volontiers superficielle... Pas son interprète!

«Il y a beaucoup de compétition entre les résidents en médecine, et pas vraiment de solidarité; le climat est difficile. Mon personnage ne veut pas faire d'erreurs; c'est quelqu'un qui a très peur de l'échec, à l'école et dans la vie. Je ne suis pas d'accord avec le jugement rapide que portent les autres personnages sur le mien», insiste la comédienne, qui a beaucoup aimé se glisser dans la peau de Caroline Lemelin et qui la défend bec et ongles.

À l'aube de la trentaine, l'actrice est particulièrement préoccupée par l'éducation: «J'ai l'impression que ce qu'on apprend à l'école mathématiques, français, culture générale , ce tronc commun que toute la société partage, s'est appauvri. Pourtant, c'est la base de tout. Ça détermine notre façon de voter, de regarder la télé, de lire le journal, de consommer, d'aller ou non au théâtre...» Selon Catherine, les jeunes ont aussi besoin de modèles et d'idéaux: «Comme artiste, ça me préoccupe, je me dis qu'il y a peut-être des jeunes filles qui me suivent. C'est important pour moi d'inspirer de bonnes choses, de vivre en accord avec mes valeurs et mes convictions. Il faut continuer à être idéaliste.»


Actu:

Cet hiver, Catherine De Léan sera, entre autres, sur les planches au Théâtre Prospero, dans la pièce Les États-Unis vus par..., du 23 février au 13 mars. On peut aussi la suivre dans la websérie Chezjules.tv.



Maxime LeFlaguais: une tête bien faite... pour éviter le pire

Comme Laurence Leboeuf, Maxime est tombé dans la potion (et la passion) du jeu tout jeune, grâce à ses parents, Michel Côté et Véronique Le Flaguais. Étoile montante, il incarne dans Trauma un personnage secondaire, certes... mais qui nous réserve l'un des moments forts de la série.

«Le jeune résident que j'interprète est quelqu'un de bien intégré au groupe, capable de faire preuve d'humour tout en étant plutôt sérieux et engagé dans son travail. C'est un résident exemplaire, sauf que... un secret le ronge. Lequel? Impossible de le révéler, c'est le punch du 10e épisode!»

Et le secret pour éviter de souffrir d'un trauma collectif, quel est-il? «Éduquer davantage à bien manger et à faire de l'exercice. Bouger, pratiquer des sports, c'est le meilleur remède pour le corps et l'esprit. L'exercice est un antidépresseur naturel.» D'ailleurs, selon le comédien, le vaccin contre la plupart des maux de notre société serait avant tout d'apprendre «à mieux s'informer, à poser un regard critique sur les mensonges politiques et à prendre en charge sa santé».


Actu:

Cette année, Maxime LeFlaguais ne fait pas seulement partie de la distribution de Trauma: à l'automne, il partagera aussi la vedette et le rôle du héros du film Piché: entre ciel et terre avec son père. Alors que Maxime joue le pilote lorsqu'il est âgé d'une vingtaine d'années, Michel prend les commandes pour les années de maturité.



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Jean-François Pichette: des politiciens sans saveur!

L'acteur a passé les derniers mois entre le Nouveau-Brunswick, où il tourne Belle-Baie, et Montréal, où se trouve le plateau de Trauma. Et c'est sans compter son rôle dans le téléroman La promesse, diffusé à TVA. Mais si son horaire est chargé, il est loin d'être aussi contraignant que celui de Mathieu Darveau, le neurochirurgien qu'il incarne dans la série de Fabienne Larouche.

«Quand tu travailles en traumatologie, tu dois toujours avoir un téléavertisseur sur toi. Tu peux être appelé n'importe quand, pendant un souper, un week-end familial, et devoir tout lâcher pour aller opérer. Ça a une incidence sur ce que tu vis et sur ton humeur.» Jean-François Pichette dit comprendre la psychologie du chirurgien d'une toute nouvelle façon aujourd'hui... «J'ai toujours cru que si, les chi­rur­giens étaient si secs, voire cassants, avec les infirmières pendant une opération (du moins dans les émissions), c'était à cause de la pression. Celle, énorme, d'avoir le sort d'une personne entre leurs mains. Mais ce n'est pas vraiment ça. Ils sont "bêtes" parce qu'ils ont été dérangés dans leur travail, et que ça les fait suer à la longue.»

En revanche, ce qui énerve Jean-François et qui nous mènera à la catastrophe, à son avis, c'est l'absence de vision et de colonne des politiciens qui nous dirigent. «Les hommes qui se présentent sont tellement plates! Ce sont des gestionnaires de ville, de province, de pays. Est-ce que c'est la dimension administrative du gouvernement qui est trop lourde et qui fait que seuls des politiciens de carrière, sans véritables points de vue, se présentent et se font élire? Je ne sais pas. Mais si ça continue, on va frapper un mur.»


Actu:

En plus de suivre Jean-François Pichette dans La promesse, diffusé à TVA, on le verra ce printemps dans la série Belle-Baie, à Radio-Canada.



James Hyndman: où sont les patrons?

Le chirurgien qu'interprète James Hyndman dans Trauma semble souffrir de plusieurs troubles intérieurs. Mystérieux, le Dr Meilleur?

«Meilleur est un peu le crack du groupe de chirurgiens, le meilleur, quoi. Mais c'est aussi un être instable, imprévisible et arrogant. Il est très "compétitif" par rapport aux gens autour de lui, plein d'envie pour le bonheur des autres, et il maîtrise mal ses émotions. Il est capable du meilleur comme du pire: il aime son métier et le fait très bien et, en même temps, il peut être rattrapé par la dépression et des pulsions autodestructrices.» Pour le comédien, Meilleur est à la fois imbuvable et séduisant. «Pas au sens de sexy, mais au sens d'intéressant: on ne sait jamais où il s'en va; avec lui, le téléspectateur ne s'ennuie pas.»

Lorsqu'on lui demande ce dont nous devrions nous occuper d'urgence pour éviter un trauma, James Hyndman soupire: «Avez-vous deux heures devant vous? Il y a tellement de choses à dire.» Il pointe les affaires publiques et les scandales qui ont entouré les élections municipales de l'automne dernier: «Et avant la ville, il y a eu l'Îlot Voyageur de l'UQAM, le CHUM et autres copinages. On dirait qu'il n'y a pas de parents nulle part, seulement des enfants indisciplinés...»


Actu:

En ce moment, James Hyndman travaille à deux projets, l'un avec une metteure en scène de théâtre, l'autre avec une réalisatrice, sans savoir s'ils vont aboutir un jour. «Peu importe, c'est tellement stimulant de créer en toute liberté!»





Direction photo: Marianne Thornton, Photographe: Peter Morneau (Agence Metal Monkey), assistant photographe: Ludwig Ciupka, styliste: Isabelle Ethier, assistante styliste: Izabel Soucy, maquillage et coiffure: Manon Parisien, qui a utilisé les produits M.A.C.
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