Le premier magazine de mode au Québec

©Peter Morneau, stylisme: Isabelle Éthier
Veste de laine bouillie, pull et pantalon de coton (Robert Comstock), bracelet de cuir et de métal et lunettes (20 $ et 22 $, Le Château), bracelet de plastique et d'argent (Steelex, 29,99 $, La Baie).

par : Zoé Latraverse

Mardi 29 septembre 2009

Plus grand que nature

Ancien lanceur des Ligues majeures de baseball, Derek Aucoin est l'un des seuls Québécois à avoir intégré les rangs des Expos de Montréal. Aujourd'hui à la tête du plus grand centre de baseball de New York, il parcourt également le monde à titre de consultant. Du haut de ses 6 pi 8 po, il était la personne tout indiquée pour attirer l'attention sur les designers pour hommes, trop rares, du sur-mesure.

Numéro 66 C'est lorsque Derek assiste pour la première fois, à l'âge de sept ans, à un match au Stade olympique avec son père que s'opère le «coup de circuit» pour lui. «J'ai su tout de suite que c'était ce que je voulais faire dans la vie. Tout m'attirait: le gazon, la foule, l'ambiance du stade, le jeu...» Dès lors, le jeune sportif boisbriannais travaille sans relâche et gravit les échelons du baseball mineur.
Derek Aucoin est l'unique joueur québécois à avoir été engagé par les Expos de Montréal et à s'être développé avec eux durant les 36 ans d'existence de l'équipe. C'est en mai 96 qu'il fait son apparition dans l'uniforme des Expos et qu'il lance pour la première fois la balle au mythique Stade olympique. «C'est un des plus beaux moments de ma carrière. J'ai même reçu une ovation de plusieurs minutes. J'étais enfin rendu là.» En 98, il prend la décision de quitter les Expos afin de grossir les rangs des Mets de New York.

Baseball in the city
New York, c'est chez lui. Il y a fondé sa propre école, The Baseball Center, dans le très chic quartier du Upper West Side, à Manhattan. Son centre accueille des milliers d'élèves de tout âge. «Je règle les problèmes de centaines de parents: j'occupe leurs enfants en les faisant bouger. Ainsi, ils ne flânent pas dans les rues.» Derek a de toute évidence une facilité déconcertante à acquérir la confiance des enfants; même les cas les plus complexes ne le rebutent pas puisqu'il enseigne personnellement aux enfants atteints d'autisme.
En 10 ans, il a bâti un petit empire au royaume du baseball et est devenu un homme d'affaires prospère, une sommité dans l'univers du sport: CNN et Fox font appel à son expertise, Spike Lee lui fait confiance pour s'assurer de la véracité des scènes de baseball dans sa prochaine télésérie, et on s'en remet à lui sur des plateaux de cinéma pour entraîner des acteurs à avoir les réflexes qu'ont les vrais joueurs de baseball. Bref, quand on dit «baseball» à New York, on pense «Derek Aucoin»! En juin dernier, on lui a rendu un bel hommage en donnant son nom à un des terrains de baseball du parc Charbonneau, à Boisbriand, où il a fait ses premières armes. «Pour moi, c'était surréel. Je me revoyais à cinq ans, frappant mon premier coup de circuit sur ce même terrain... J'étais très ému.»

Mode sur trois prises
Inutile de préciser que Derek a un rapport un peu ardu avec la mode. Vu sa stature, il lui est impossible de magasiner comme un simple mortel. «Pour les gars comme moi, il n'y a pas grand-chose. Évidemment, je pourrais aller dans les boutiques spécialisées, mais le choix est vraiment limité. J'apprécie beaucoup le tissu, la coupe, les créations... Je ne suis pas super créatif, mais je suis ouvert au monde de la mode.»


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©Peter Morneau

LE DESIGNER: Domenico de chez Giovanni
Montréalais d'origine italienne, Domenico est tombé dans le métier de tailleur comme Obélix dans la potion magique. Son père a fondé Giovanni en 1965, et Domenico a fièrement repris le flambeau. Il habille les joueurs des 28 équipes de la Ligue nationale de hockey ainsi que ceux d'une quinzaine d'équipes de baseball.
Sa vision de la mode: «J'ai une vision très classique; il faut toujours que mon habit puisse durer longtemps.»
Sa collection automne-hiver 09-10: «Je n'ai pas de collection; je me considère comme un tailleur et non comme un stylicien. Par contre, j'habille mon client de la chemise à la cravate!» Derek Aucoin et lui: «Derek est un ami depuis cinq ans. Donc, ça n'a pas été difficile... Pour lui, j'ai ciblé des habits plus fashion.»
Sa spécialité: «Le complet et le manteau d'hiver.»
Complet trois pièces noir et chemise noire (Giovanni).


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©Peter Morneau

LE DESIGNER: Cluc Couture
Cluc est un des créateurs les plus audacieux de la métropole. Il a fait ses débuts dans la confection de costumes de théâtre, de danse et d'opéra. Fort de son succès, il a ouvert son atelier-boutique et a participé à plusieurs semaines de la mode de Montréal.
Sa vision de la mode: «J'aime la beauté dans tout ce qui m'entoure, et la mode permet à l'être humain de faire un effort en ce sens.»
Sa collection automne-hiver 09-10: «Elle comprend beaucoup d'origami, des plis décalés sur le côté et des formes classiques aux influences japonaises.»
Derek Aucoin et lui: «On s'est rencontrés pour qu'il sélectionne des pièces de ma collection, comme un vrai client! Évidemment, c'était un défi, car il est hors norme, mais je suis habitué au sur-mesure.»
Sa spécialité: «D'après mon associé, ce serait le manteau. Moi, je pense que c'est le pantalon et la chemise!»
Manteau noir en nylon multipoche et t-shirt blanc (Cluc Couture).



4Aucoin.jpg

©Peter Morneau

LE DESIGNER: Robert Comstock
C'est un couturier américain qui oeuvre dans l'univers du design depuis plus de 30 ans. Voyageur et grand aventurier, il part constamment à la recherche de nouvelles techniques élaborées par certaines tribus afin d'intégrer le tout dans son travail.
Sa vision de la mode: «C'est important pour moi de créer quelque chose que je pourrais porter moi-même. J'aime les pièces classiques qu'on peut remettre année après année.»
Sa collection automne-hiver 09-10: «Je reviens d'un voyage en Mongolie et je me suis inspiré de ses tricots. J'aime l'art local.»
Derek Aucoin et lui: «Derek représente le type idéal pour ma gamme de vêtements. Il est actif et aime avoir du style sans trop en mettre.»
Sa spécialité: «Les blousons de cuir, sans contredit.»
Veste de cuir et pull de tricot et de denim (Robert Comstock).
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