© Brian Ypperciel
Mardi 2 août 2011
Pascale Picard: La belle envolée
Quatre ans après la sortie de Me, Myself and Us, le Pascale Picard Band est de retour dans les bacs avec A Letter to No One. Durant ce laps de temps, la chanteuse réservée des débuts s'est transformée en femme assumée, de chrysalide à papillon.
Notre rencontre a lieu le jour de la séance de photos, entre deux essayages. Pascale est enjouée, visiblement heureuse de se prêter au jeu de mannequin d'un jour. Elle répond à nos questions avec une franchise désarmante. Une spontanéité à laquelle on ne s'attendait pas, en fait. Parce que la Pascale Picard des débuts nous avait semblé plus réservée, comme si elle était sur ses gardes. Une réaction somme toute normale quand on pense à la rapidité avec laquelle le succès s'est présenté à elle. De toute évidence, les choses ont bien changé depuis, et pour le mieux.
FILLE DE FAMILLE
On dit que derrière chaque grand homme se trouve une femme. Dans le cas de la chanteuse et guitariste de 28 ans, il est plutôt question d'une famille: «J'ai deux frères; Sasha, 23 ans, et Raphaël, 21 ans. Sasha vient de s'installer pour un an à Shanghai. Il est allé y faire de l'exportation de vin de glace. Raphaël, pour sa part, étudie en génie logiciel à l'Université Laval, à Québec. C'est lui qui honore la famille du côté des études. C'est un gars très intelligent», souligne en riant l'aînée de la famille. «J'aime beaucoup mes frères», ajoute-t-elle, comme si ce n'était pas déjà une évidence.

© Brian Ypperciel
Pour la leader du Pascale Picard Band, qui a sillonné pendant trois ans les routes du Québec et de l'Europe grâce au succès de Me, Myself and Us, la famille représente le principal point d'ancrage. La chanteuse, qui ne cache pas son désir d'avoir des enfants, avoue qu'elle n'a pas l'occasion de voir son monde aussi souvent qu'elle le voudrait: «C'est très important pour moi d'être là pour eux. Même chose en ce qui concerne mes amis. Ils comptent autant à mes yeux que ma famille», dit-elle au sujet de sa gang de chums, qu'elle côtoie depuis l'âge de 13 ans. Avec eux, pas de faux-semblants: «Ils me connaissent depuis longtemps et ne me voient pas comme la chanteuse, note Pascale. Ce n'est pas comme quand tu sors un nouvel album et que tout le monde est gentil avec toi. Ma famille et mes amis me remettent à ma place quand c'est nécessaire», rigole-t-elle.
Aucune surprise, donc, quand elle confirme que la Vieille Capitale reste son port d'attache. «Je n'irais pas jusqu'à dire que j'ai la ville tatouée sur le coeur, mais c'est chez moi, c'est là que je retrouve une certaine stabilité», dit Pascale, avant d'ajouter: «Dans le fond, je suis un paradoxe sur deux pattes: d'un côté, j'ai besoin de stabilité et, de l'autre, j'essaye constamment de briser la routine. J'ai rêvé toute ma vie de faire de la musique et des voyages. Mais si je suis tout le temps partie, je m'ennuie de la maison et je suis tannée d'être constamment dans mes valises!»
Loin d'être blasée, elle précise: «Je suis hyper contente de ma situation. Quand je suis en tournée, j'ai besoin que les choses soient complètement différentes, que ça bouge, qu'il y ait plein de monde. Puis quand je reviens à la maison, j'ai besoin de décrocher, de prévoir des moments de calme, parce que je n'ai jamais de pause d'être Pascale Picard.» Pas que la chanteuse veuille se plaindre de sa notoriété.
Les gens qui la reconnaissent ne lui ont jamais manqué de respect, précise-t-elle. «N'empêche, je ne peux plus me permettre d'aller dans un bar et de grimper sur les tables. (rires) Pas que je le faisais avant, mais reste que je dois toujours faire attention, alors que je suis quelqu'un qui a l'habitude d'agir avant de réfléchir», explique-t-elle... avant de jurer qu'elle sait se tenir en public!
L'ÉCOLE DE LA VIE

© Brian Ypperciel
Treize ans. C'est à cet âge que Pascale a tenu pour la première fois une guitare dans ses mains. «Mon père m'a montré deux ou trois accords et le reste, je l'ai appris par moi-même.» Même si elle a toujours aimé la musique, il ne lui est jamais venu à l'esprit d'en faire un métier. En fait, c'est la musique qui s'est imposée à elle: «Après mes études en arts et lettres au cégep, je suis entrée à l'université en enseignement. Parallèlement à cela, j'ai eu toutes sortes d'emplois, mais c'est en travaillant dans des restaurants que j'ai commencé à jouer devant un public, seule avec ma guitare. Les concerts que je donnais m'ont permis de payer mes études».
La musique prenant de plus en plus de place dans sa vie, Pascale a dû faire un choix, et quitter en tout cas provisoirement les bancs de l'université. «J'avais enregistré un démo et je disais aux gens d'en faire des copies, car la musique est faite pour être partagée et je ne voulais pas les vendre», relate la musicienne. Encore aujourd'hui, malgré le succès de son groupe composé du bassiste Philippe Morissette, du guitariste Louis Fernandez et du batteur Marc Chartrain, elle ne considère pas sa passion comme une carrière, et se dit en pause de ses études universitaires en enseignement. «La perche qui m'a été tendue était trop belle pour que je ne la saisisse pas», ajoute-t-elle. Loin de nous l'idée de vouloir la contredire!
La tête dans les étoiles, les pieds sur terre
Avance rapide jusqu'en 2011, quelques semaines après l'arrivée en magasin d'A Letter to No One. La passion de Pascale pour la musique n'a pas fléchi d'un iota et le public est, encore une fois, au rendez-vous. Malgré tout, la jeune femme est consciente que tout pourrait s'arrêter demain: «C'est important pour moi de garder les pieds sur terre. Quand on s'emballe, la chute doit faire encore plus mal. C'est pourquoi je ne tiens rien pour acquis. J'essaie d'apprécier le moment présent. Je parle de musique mais, en réalité, ça s'applique à tout ce que je fais.»
Quatre années de scène, ça permet de bien se connaître en tant qu'artiste, tout en apprivoisant sa personnalité musicale. Quand on lui demande de définir le style musical de son groupe, la réponse ne se fait pas attendre: «Comme pour le premier disque, c'est un mélange de toutes nos influences.
Le fait que je joue de la guitare acoustique donne un côté plus folk aux chansons, mais elles ont également un petit côté rock et parfois même punk. Dans les textes, je parle surtout des relations interpersonnelles parce que c'est ce qui m'intéresse dans la vie. J'aime rencontrer les gens et connaître leur façon de penser.» Nul doute qu'elle aura l'occasion de faire le plein de nouvelles histoires au cours des prochains mois.
EN BREF
COMMENT QUALIFIES-TU TA VIE: JET-SET, TRAVAIL OU PLAISIR?
Un mélange de travail, de plaisir et de chance. Depuis mes débuts, je donne toujours le meilleur de moi-même en concert, car on ne sait jamais qui est dans la salle ni ce qui pourrait arriver. C'est exigeant, mais ça en vaut la peine, car la musique est une grande source de plaisir.
QUEL EST TON MEILLEUR SOUVENIR DE TOURNÉE?
Je n'ai pas de meilleur souvenir, parce qu'il y en a trop. De 2007 à 2010, c'est comme un bloc de bonheur. J'ai plein de beaux flashs, mais souvent, je ne pourrais pas dire où je me trouvais quand c'est arrivé.
POUR TE RELAXER, TU...
Je vais dans un spa. Ça me permet de décrocher, de m'arrêter.
TA DÉFINITION DE LA FÉMINITÉ?
Être bien dans son corps, accepter qu'on n'est pas tous faits dans le même moule.
À QUELLE QUESTION TU NE VEUX PLUS RÉPONDRE?
Pourquoi je chante en anglais!
SON ACTU
Le groupe entamera sa tournée du Québec le 3 août (à Péribonka), et ce, jusqu'au 10 mars 2012.
Pour connaître les meilleures adresses de la chanteuses, lisez le Carnet.
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