© Anouk Lessard
Jeudi 25 août 2011
Nico Archambault: alors il danse
Et il fait aussi une foule d'autres choses, Nico Archambault. L'interprète et chorégraphe devenu acteur, producteur et directeur artistique à la télé parle de la vie devant et derrière le rideau.
Oui. Il est beau. Il est sympa aussi. Et il s'exprime bien. Au point où on peut le citer dans le texte sans avoir à corriger la syntaxe ni à changer quelques mots, comme on le fait parfois, à l'avantage de l'interviewé. Au studio photo, ce midi-là, il règne une ambiance super pro. Le prétexte de la rencontre? Parler du premier rôle de Nico au cinéma dans Sur le rythme, de sa nouvelle émission à Radio-Canada, Ils dansent, et de sa présence sporadique en tant que juge à So You Think You Can Dance Canada (SYTYCD).
On demande à Nico d'esquisser des mouvements, au ralenti, pour que la lentille puisse bien les capter. Il essaie les vêtements, teste leur souplesse. Son propre iPhone branché sur le système de son fait résonner des mélodies que personne dans l'équipe ne reconnaît. Mais tout le monde prend des notes et se promet une petite séance de magasinage sur iTunes. Metronomy, Handsome Furs, Maximum Balloon... Peu à peu, le ballet s'organise: la styliste, la maquilleuse, le directeur de création, la photographe, les assistants, tout le monde évolue dans l'espace, dans le groove. Et Nico, lui, danse.
Entrer dans la lumière
«Ça m'allume, ça me fait triper. J'ai l'impression d'être proactif et stimulé», répond sans hésiter Archambault, non pas en parlant du présent shooting, mais lorsqu'on lui demande comment il trouve son nouveau rôle de producteur et de directeur artistique d'Ils dansent. Après avoir conseillé les scénaristes et imaginé les chorégraphies du long métrage Sur le rythme, le danseur se sent de plus en plus chez lui derrière le rideau et dans les réunions de production.

© Anouk Lessard
«À mes yeux, il y a plus de mérite à créer quelque chose qu'à l'interpréter», poursuit celui qui s'est fait connaître grâce à son passage triomphal à SYTYCD, en 2008, avant de préciser: «Il y a beaucoup de mérite dans l'interprétation. En tant que chorégraphe, créateur ou metteur en scène, tu as besoin d'interprètes, mais moi, c'est la création qui me motive.»
Pas de deux
Il en faut, de l'énergie, pour orchestrer une machine comme Ils dansent, entre autres parce que c'est un format inexploré mélangeant le documentaire et les variétés et s'intéressant à la danse au masculin, un sujet peu exploité. «En premier lieu, avant d'avoir l'idée d'en faire une émission, on voulait faire un programme d'entraînement spécialisé pour les gars, parce que ça n'existe pas. ... Et puis, on s'est dit que ce serait intéressant d'en faire un documentaire et, en même temps, on a été approchés par des gens de la télévision.»
Quand il dit «on», Nico parle bien sûr de lui et de son éternelle moitié, Wynn Holmes, qu'il a épousée il y a un peu plus d'un an. Avec elle, il a fondé la compagnie de danse Street Parade et bossé au sein du groupe Pin Up Saints en plus de signer les chorégraphies de GRUBB The Musical et celles du Blues d'la métropole, entre autres. Concernant l'amour et l'inspiration, le jeune marié ne tarit pas d'éloges sur sa douce. « Wynn est tellement créative. Elle connaît plein de choses. Elle a un oeil artistique incroyable. Elle est plus cool que cool. Elle connaît la mode, la musique. On a des intérêts communs mais une approche différente. On se complète et on se nourrit mutuellement. Et puis, il y a une espèce de petite compétition une saine compétition qui s'installe entre nous, à savoir qui va trouver la nouvelle chose, la chanson, l'idée...»
Mais, dis-nous franchement, Nico, est-ce vraiment l'idéal de travailler avec celle qu'on aime? «Oui, vraiment, ça se passe super bien.» (rires) Son regard bleu est perçant, insistant: «Si ça ne se passait pas bien, on ne le ferait pas. Notre priorité, c'est notre relation de couple donc, si elle en prenait un coup, on prendrait une pause, on développerait des projets séparément.»

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À l'entendre parler de ce qui l'unit à sa femme, on se dit que ce n'est pas demain la veille que le beau Nico Archambault aura besoin de prendre l'air: «C'est tellement vaste, mais tellement simple en même temps. On est faits pour être ensemble. Ça marche, à tous les niveaux. On s'inspire mutuellement, et c'est ma meilleure amie. Personne ne me connaît autant qu'elle, et personne n'est aussi honnête avec moi. Et vice versa. J'aime qu'elle ne soit pas fan. Elle m'apprécie, elle aime ce que je fais, elle me respecte, mais elle n'est jamais aveuglée.»
Question de style...
En effet, dur, dur de résister à ce danseur et à son style unique. D'ailleurs, d'où lui vient son inspiration quand il s'agit de mode? «Ça change tout le temps. Au gré du temps, de la musique que j'écoute, de la ville dans laquelle je me trouve, du moment, de la mode qui évolue, qui me donne le goût... et qui parfois ne me donne pas le goût. Je vois des shoots, je passe mon temps sur le Web, à lire des magazines, à voir des expositions, et ça me donne envie d'aller vers des vêtements aux coupes, et aux lignes que je trouve le fun ou originales. Et généralement, quand je commence à les voir sur les autres, ils ne me tentent plus. Je passe à autre chose.»
Suivre le rythme
Reprenons. Il est beau, Nico Archambault. Il est sympa. Il s'exprime bien. Et il déteste les faux-semblants. À 26 ans, il n'a aucune envie de se faire dire que ce qu'il fait est bien si ça ne l'est pas. Il veut évoluer, avancer, apprendre: «Les gants blancs m'énervent. On perd du temps. Je traite les gens comme j'aime être traité et j'aime ça quand c'est direct.»
De fait, au cours de la séance photo, il va très peu voir les clichés à l'écran, se concentre sur ses gestes et sur les indications de la photographe et du directeur de création. Pas besoin de le flatter dans le sens du poil pour qu'il fasse le beau, pour qu'il ait confiance. Il sait de toute manière qu'il est le seul à pouvoir initier le mouvement. Il bouge bien au son du rythme qu'il a choisi. Et nous, on le suit.
Action!
Dans Sur le rythme, Nico incarne Marc Painchaud, un beau bum qui bouge comme un dieu et qui fait sans surprise craquer la belle Delphine (Mylène St-Sauveur), une danseuse contemporaine dont les parents bafouent les projets artistiques. Derrière la caméra, c'est avec sa femme, Wynn, qu'Archambault a fait équipe pour sélectionner les 60 danseurs et chorégraphier toutes les scènes de danse, en plus de conseiller la scénariste, Caroline Héroux.
SON ACTU
Sur le rythme, de Charles-Olivier Michaud, sera en salle dès le 10 août.
Ils dansent sera sur les ondes de Radio-Canada à compter du mois de septembre.
Commentaires de nos lectrices
1 commentaire




Chalifoux
Vendredi 19 août 2011
J'ai, comme bien des Québécois vu Nico Archambault à SYTYCD et aimé ce danseur inspirant. Mais, je ne savais pas à quel point, cet excellent interprète était un vrai artiste !!! Les artistes sont "devants" ... ils voient et crééent un monde toujours différent. Sans eux, la vie serait bien morne et ennuyante. Par contre, je ne partage pas son point de vu sur le mérite de la création versus l'interprétation. Avoir une idée qui demeure à l'état d'idée, faute d'interprète .. à quoi bon ?!? Je pense que le partage des idées en art, pousse l'artiste à aller toujours plus loin dans son univers. En exposant son univers .. il sera copié et comme Nico l'exprime en parlant de mode,, dès que les autres s'emparent de son idée .. de sa vision ... l'artiste se désintéresse de ce monde pour aller encore plus loin, à encore et toujours créer, inventer un monde, une vision nouvelle. L'art est nécessaire à l'espèce humaine ... le beau enrichie notre âme. Mercissss aux créateurs, aux inspirés, à tous ceux qui nous font avancer et voir autrement.
France