Youhou ! Bradley, je suis à New York

Youhou ! Bradley, je suis à New York

Mardi 20 novembre 2012

La semaine dernière il m'est arrivé une proposition rocambolesque de dernière minute. Je suis allée à New York, une seule journée, pour couvrir la première du film Silver Linings Playbook qui prend l'affiche aujourd'hui avec Bradley Cooper, Jennifer Lawrence (absente cette journée-là), Robert De Niro et Chris Tucker. Silver linings playbook figure dans le top 5 de mes films préférés de l'année 2012. Il aura aussi été une grande surprise au Festival du film de Toronto (TIFF), car il y a gagné le coup de coeur du public. Snif, snif ! Ça sent les Oscars ! Une présence à Toronto sert souvent de rampe de lancement pour la course aux statuettes, particulièrement pour les films de l'écurie Weinstein (The Artist en 2011) qui est ce qu'on appelle une machine à "buzzzz" autour de leurs films phares. Je suis donc partie en catastrophe, à deux jours d'avis, avec le caméraman Alexandre Bélair avec qui j’ai travaillé pour la première fois.

Première étape : La conférence de presse

En sortant de l'avion, Alexandre et moi filons pour le centre-ville de New York afin d'assister à une conférence de presse où nous n'avons aucunement le droit de filmer (les caméras vidéo ne sont autorisées que pour le tapis rouge en soirée). Nous discutons avec le chauffeur de taxi des répercussions de Sandy. Il semble que ce soit encore le chaos, mais il n'en parait rien au premier coup d'oeil dans les rues de la grosse pomme...quelques troncs d'arbres sciés, mais sans plus.

77$ plus tard, nous débarquons au Loews Regency où se tient la conférence de presse et BANG ! Curieux hasard, je tombe face à face avec Bradley Cooper dans le hall d'entrée. "Bonjour Monsieur Cooper" dis-je en français. "Bonjour me répond-il gentiment." Je tends la main et je me présente avec la plus grande importance, Catherine Beauchamp.... de Montréal (yeah yeah yeah! ) et j'ajoute que je vais le croiser à nouveau sur le tapis rouge en soirée. Il me sourit, WOW il est charmant !

En entrant dans la salle, je me questionne: comment sera Robert De Niro ?

Pendant la conférence de presse, tous les acteurs parlent de leur expérience avec entrain à l'exception de De Niro qui a l'air de mortellement s'ennuyer Zzzzzzz ! Il ne sait jamais quoi répondre aux questions des journalistes. Il grogne en début de réponse. OUF!! J'ai presque peur, le tapis rouge ne sera pas de la tarte ce soir. Je doute que BOB (C'est ainsi que tout le monde le nomme publiquement) fera brin de causette dans le micro rose.

Fin de la conférence et branle-bas de combat ! Les journalistes demandent, comme des enfants d'école, de se faire prendre en photo en compagnie des stars du film avec leurs téléphones intelligents. Je saute de ma chaise Bradleyyyyyyyyy, une tite photo? Je regarde le résultat: Ouain... pas ma meilleure photo, mais bon on en a une ! Franchement Bradley, il a la classe.

Essayons maintenant De Niro ...tant qu'à y être, on ne sera pas venu pour rien. Alex va te placer à côté de lui. 3,2,1 CHEEEEEEESE ! Hahaha ! Cette photo m'a fait rire toute la journée, on dirait un montage ! Je ne suis pas certaine que BOB ait vraiment compris ce qui se passait. 3 secondes plus tard, un gros gorille en cravate vient le chercher par le bras, il sort de la salle.

Deuxième partie :Le Tapis rouge

Débarquer sur un gros tapis rouge à l'américaine demande beaucoup de doigté, car il n'est aucunement garanti que l'accès aux stars vous sera donné. Il faut rester attentif, crier, user de stratégie... tous les coups sont permis. Il faut revenir avec du matériel à Montréal donc beaucooouuuuuup de pression.

Pendant l'après-midi, je cherche une façon de me démarquer de tous les journalistes sur le tapis rouge. Je sais très bien que nous serons une cinquantaine de médias et que nous serons situés en queue de peloton. Les grosses stars ne font jamais le tapis au complet par manque de temps (ils n'arrivent qu'à la toute dernière minute, fashionably late !) ma tête fait du millage" "Il doit bien y avoir une façon d'attirer Bradley et De Niro comme des mouches sur ma grosse moumoute rose. Pas le choix, je dois mettre toute la gomme aussitôt qu'ils passent devant moi. En marchant vers le Ziegfield Theater, où se tient la première. Alexandre me montre une réplique d'un Oscar dans la vitrine d'une boutique de souvenirs. B-I-N-G-O ! Je cours dans le magasin acheter le faux trophée et je lance: on va le donner à Bradley devant la caméra...il en mérite un justement. J'ai le sourire étampé sur le visage. En route vers le red carpet !

Pour les acteurs qui tiennent les seconds rôles, tout va bien ! Mais c'est lorsqu'arrive Robert De Niro que la tension monte légèrement d'un cran ! Une espèce de gros monsieur qui me semble assez important vient se planter devant moi pour prendre une photo. J'insiste pour que BOB m'adresse la parole ne serait-ce que 5 secondes, mais on me demande de me pousser. Deuxième essai, encore une fois... Mister De Niro, Can you answer please ?  J'ai l'air d’un pékinois qui quémande une miette de pain tellement je veux une réponse ....J'attrape au vol un fraguement de phrase mal articulé. Grrrrrr !

Dans un élan de découragement, je réussis à faire revenir vers moi David O'Russell, le réalisateur, qui se poussait tranquillement du tapis rouge. Je lui demande si Bradley mérite un Oscar... Pffff pfff pfff ! me fait-il. C'est comme lancer un mauvais sort, on ne parle pas de cela ici. Quoi ?? L'Oscar est au tapis rouge ce que Voldemort est à Harry Potter ? Malaise ! Je perds toute ma confiance et je n'ai qu'une envie, jeter le trophée par terre. Heureusement, Chris Tucker partage un autre avis... je crois que tu devrais lui donner. Il le mérite.

Je suis confuse, je fais quoi ?

Bradley arrive quelques secondes plus tard dans ma direction, le tapis rouge se vide, je sens qu'on manque de temps. L'attachée de presse demande aux quelques fatigantes comme moi de nous regrouper pour un scrum (Def de scrum: gros motton de journalistes qui parlent en même temps), où nous allons tous poser une unique question à tour de rôle. Ah non ! Ça ne se passera pas comme ça ! Je dis à L'attachée de presse que moi je parle le "Francaise" et que je veux parler à Bradley en "française". Elle me dit que nous n'avons pas le temps. J'insiste. Je ne la regarde même plus parce que si nos regards se croisent, je perds. Le coeur me lève, je suis ultra nerveuse...  Bradley se retourne je lui lance très fort " en Français pour Montréal, vous me reconnaissez ?" Oui répond-il !

Ouiiiiiiiiiiiiiiii, j'enfile mes 3-4 questions à la vitesse de l'éclair. J'ai l'Oscar dans mes mains. Ça va trop vite, je ne réfléchis plus. Je lui offre avec un cri du coeur, il semble un peu surpris, mais il reste gentil. Je lui sers la main. Il repart vers la sortie.

J'entre dans le taxi, nous sommes en retard pour attraper l'avion. Un immense élan de culpabilité s'empare de moi. Et si je lui avais jeté un mauvais sort ?

 

Découvrez mon entrevue (en français) avec Bradley Cooper:

 

 

Pour voir la bande-annonce de Silver Linings Playbook

 

 

Bon cinéma !